Le déci­deur du mois :
Fabrice Faure, sans faire de bruit

Allergique aux mondanités et peu friand de l’exposition médiatique, l’atypique Fabrice Faure fait grossir en toute discrétion son groupe d’intérim LIP, qui devrait réaliser autour de 415 millions d’euros de chiffre d’affaires cette année.

Pour être tout à fait honnête, Fabrice Faure est éreinté et il ne rêve que d’une chose ces jours-ci : « Partir deux mois en vacances. » Mais ce n’est pas le moment et les balades en mer à bord de son voilier atten­dront. Il doit d’abord digé­rer les trois rachats succes­sifs bouclés en l’es­pace de six mois par son floris­sant réseau d’agences de travail tempo­raire LIP. Des acqui­si­tions qui viennent gonfler de plus de 160 millions d’eu­ros le chiffre d’af­faires de son groupe, fondé en 2005, dont les projec­tions affichent 415 millions d’eu­ros d’ac­ti­vité cette année.

La dernière opéra­tion s’est soldée par le rachat de l’en­tre­prise pari­sienne Mantrans (80 millions d’eu­ros de chiffre d’af­faires par an, 100 colla­bo­ra­teurs), spécia­li­sée dans l’in­té­rim pour les secteurs du trans­port et de la logis­tique. « Vrai­ment une super belle boîte. Avec le diri­geant de Mantrans, on est des oppo­sés : il est tout maigre, il ne boit pas… mais on s’est tout de suite bien enten­dus sur la vision du métier », raconte Fabrice Faure. Qui est en train de construire une véri­table success-story sans faire de bruit. Non pas que le diri­geant de 44 ans cultive l’art de la discré­tion, mais c’est juste qu’il ne raffole pas de la visi­bi­lité média­tique et déteste par-dessus tout les soirées pince-fesses entre patrons. « Cela ne m’in­té­resse pas, je ne suis pas à l’ai­se… Du coup, je ne fréquente pas d’autres chefs d’en­tre­prise », rapporte-t-il.

Patron atypique

Fabrice Faure n’aime pas « quand on rentre les gens dans des cases », mais s’il le fallait, on le clas­se­rait dans la caté­go­rie des patrons atypiques. De ceux qui gardent toujours un discours brut. Auto­di­dacte sans autre diplôme que le bac, fâché avec l’école et encore plus avec l’idée d’avoir un patron au-dessus de lui, Fabrice Faure est un entre­pre­neur par la force des choses. Et sa réus­site actuelle ne lui fait, dit-il, pas tour­ner la tête. « En fait, que l’on soit 5 ou 600 colla­bo­ra­teurs dans la boutique, c’est quasi­ment la même chose au quoti­dien. Il y a toujours des tas de problèmes à régler et des moments de rigo­lade. »

Le groupe LIP est désor­mais dans le top 15 des acteurs de l’in­té­rim en France, Fabrice Faure a le cap des 500 millions d’eu­ros de chiffre d’af­faires dans le viseur. Et ce n’est pas son seul objec­tif. Écri­vain pendant son temps libre, il vient de boucler l’écri­ture de La prin­cesse des sables, « un roman d’amour et d’aven­ture » dont il attend les retours de plusieurs maisons d’édi­tion. « En cumulé, je n’ai pas vendu plus de 50 exem­plaires de mes deux premiers livres. Mais mon astro­logue m’a dit que ça marchera pour moi quand j’au­rai 46 ans et demi. Donc j’y crois », s’amuse-t-il.

BIO EXPRESS

1975 : Nais­sance à Tassin-la-Demi-Lune

Juillet 2005 : Ouver­ture d’une première agence à Lyon

2015 : Le groupe LIP atteint 100 millions d’eu­ros de chiffre d’af­faires

2020 : Rachat de la société d’in­té­rim Mantrans

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