Le Match : Orapi / Paredes, les poids lourds de la propreté

À la fois producteurs et fournisseurs de produits d’hygiène et de nettoyage, les groupes lyonnais Orapi et Paredes ont enregistré une forte progression de leur activité avec la crise du Covid. Deux leaders du secteur, aux stratégies divergentes.
Guy Chifflot (à gauche) et François Thuilleur (à droite)

Guy Chif­flot, l’his­to­rique (fonda­teur d’Orapi)

Patron auto­di­dacte, Guy Chif­flot a fondé Orapi en 1968. Depuis le début des années 2000 et l’in­tro­duc­tion de la société en bourse, il multi­plie les acqui­si­tions en France et à l’in­ter­na­tio­nal. Le groupe (1 200 sala­riés, 240 millions d’eu­ros de chiffre d’af­faires) fabrique et distri­bue des produits d’hy­giène (nettoyage, désin­fec­tion) ou d’en­tre­tien de machines. 

François Thuilleur, le nouveau (direc­teur géné­ral de Paredes depuis 2017)

Premier direc­teur géné­ral à ne pas être issu de la famille Paredes (650 colla­bo­ra­teurs, 190 millions d’eu­ros de chiffre d’af­faires) depuis la créa­tion du groupe en 1942, François Thuilleur a été nommé avec l’objec­tif de réveiller « une belle endor­mie ». Implanté à Genas, Paredes est notam­ment l’in­ven­teur du papier essuie-mains prédé­coupé. 

Les réper­cus­sions de la crise

Le groupe a connu un début d’an­née en « fort recul » en raison d’une stra­té­gique de recen­trage, opérée depuis mi-2019, sur ses acti­vi­tés « à plus haute valeur ajou­tée ». Orapi a ensuite d’abord été impacté par la crise avec une décrois­sance des ventes à desti­na­tion de l’in­dus­trie et de l’hô­tel­le­rie-restau­ra­tion. « Une baisse large­ment compen­sée ensuite par les commandes addi­tion­nelles de produits d’hy­giène et de désin­fec­tion », rapporte Guy Chif­flot

La stra­té­gie

Le groupe a enre­gis­tré de nombreux nouveaux clients ces dernières semaines, prin­ci­pa­le­ment pour des masques et des gels… soit des produits qui n’étaient pas parti­cu­liè­re­ment stra­té­giques aux yeux du diri­geant avant la crise du Covid. « Mais la demande va se pour­suivre, donc on s’adapte en propo­sant, par exemple, un kit de réou­ver­ture de maga­sins », expose Guy Chif­flot, qui entend complé­ter rapi­de­ment sa gamme anti­vi­rus. 

L’actu

En atten­dant le redé­mar­rage de l’ac­ti­vité dans l’in­dus­trie et les cafés-hôtels-restau­rants, le groupe s’est tempo­rai­re­ment concen­tré sur les gels hydro­al­coo­liques et les désin­fec­tants, dont la produc­tion a été multi­pliée par dix. « La demande a été telle­ment forte que l’on a même eu des diffi­cul­tés à enre­gis­trer toutes les commandes. Nous avons fait au mieux ».

Les réper­cus­sions de la crise 

Four­nis­seur en masques, gants, blouses et autre char­lottes du secteur hospi­ta­lier ou encore de groupes indus­triels (Boiron, Danone…), Paredes a connu une véri­table flam­bée de son acti­vité avec la crise sani­taire, avec une crois­sance de l’ordre de 50 % de son chiffre d’af­faires. Et encore, l’en­tre­prise n’a pas pu répondre à l’en­semble des demandes. « En mars et avril, nous avons enre­gis­tré deux fois plus de commandes qu’en période normale  », rapporte François Thuilleur

La stra­té­gie

Le groupe s’est récem­ment désin­vesti de plusieurs marchés (cafés-restau­rants, indus­trie lourde, BTP…) pour se recen­trer sur ses secteurs consi­dé­rés comme stra­té­giques : santé, collec­ti­vi­tés, entre­prises de propreté et indus­trie phar­ma­ceu­tique et agroa­li­men­taire. « On ne se bat pas sur les prix, nous ne serons jamais les moins chers. Notre stra­té­gie est basée sur le made in France et la dispo­ni­bi­lité des produits », avance le direc­teur géné­ral. 

L’actu

S’il s’ap­pro­vi­sionne auprès de distri­bu­teurs (pour les masques, le gel hydro­al­coo­lique…), Paredes est égale­ment fabri­cant de produits ouatés (papier toilette, essuie-mains…). Pour augmen­ter la capa­cité indus­trielle de 1 000 à 1 800 tonnes par an, François Thuilleur vient de lancer un inves­tis­se­ment de 2,6 millions d’eu­ros dans l’ou­til de produc­tion.

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