Le parcours : Claire Saddy (Les Premières), enfin en paix

Très impliquée dans l’entrepreneuriat féminin, la dirigeante de Tipi Formation et fondatrice de l’incubateur Les Premières veut prouver, à travers son parcours, que « rien n’est impossible ». Elle s’apprête notamment à publier un livre très personnel où elle évoquera les blessures du passé.

Repé­rée par Marlène Schiappa 

Depuis quelques semaines, elle est partout. Dans tous les médias. Avec son « Mani­feste pour l’en­tre­pre­neu­riat fémi­nin », Claire Saddy a vite été repé­rée par Marlène Schiappa, alors secré­taire d’État char­gée de l’Éga­lité, entre les femmes et les hommes, qui lui a demandé de parti­ci­per au groupe de travail sur l’en­tre­pre­neu­riat fémi­nin et de parti­ci­per au jury qui remet­tra des trophées à de jeunes entre­pre­neures. Auprès de Bercy, elle plaide aussi pour des mesures fortes : « Il faut que le crédit d’im­pôt pour les inves­tis­se­ments à desti­na­tion d’en­tre­prises diri­gées par des femmes soit multi­plié par deux. » Car l’heure est grave pour les cheffes d’en­tre­prises. Avec des entre­prises sous-capi­ta­li­sées, parce que les banques prêtent moins aux femmes qu’aux hommes, elles vont payer un lourd tribut à la crise écono­mique qui suit la crise sani­taire. D’où la mobi­li­sa­tion géné­rale décré­tée par Claire Saddy, créa­trice de sa propre entre­prise de forma­tion en 2008, Tipi, puis de l’in­cu­ba­teur Les Premières Auvergne-Rhône-Alpes qui accom­pagne des projets d’en­tre­preu­neu­riat fémi­nin. 

Oser se montrer vulné­rable

Adop­tée à quatre mois par une famille de mili­taires démé­na­geant tous les deux ans, Claire Saddy a planté sa tente à Lyon en 1986 pour n’en plus repar­tir, en dehors d’al­lers-retours fréquents à Paris. Des RH, du commer­cial dans moult secteurs, avant de voler de ses propres ailes dans la forma­tion, Claire Saddy a publié son premier livre en janvier dernier : Pour une conduite de projet créa­tive et respon­sable : penser diffé­rem­ment, inter­agir autre­ment. Mais c’est un autre livre très person­nel qu’elle prépare pour l’an­née prochaine. « J’évoque­rai les grandes étapes de ma vie : mon adop­tion, les violences physiques de mon ex-mari, le fils que j’ai élevé toute seule », explique Claire Saddy. Pas éton­nant, dans ces condi­tions, qu’elle martèle que « rien n’est impos­sible  ». Il faut oser se montrer vulné­rable, faire preuve d’hu­mi­lité. Les trois « hum » comme humi­lité, huma­nisme, humour, c’est un bon programme ! Du partage, de l’écoute, de l’em­pa­thie et « le monde peut être plus doux qu’on pense », déclare celle qui se dit aujourd’­hui « en paix avec elle-même ». 

À la croi­sée des chemins

Enga­gée dans ses projets person­nels, Claire Saddy a aussi parti­cipé à la créa­tion du REF (Réseau écono­mique fémi­nin), de Supplé­ment Dame à Lyon, ainsi que d’une struc­ture en région pari­sienne. Et ce n’est pas tout : depuis 2014, elle est égale­ment adjointe à l’Éco­no­mie et à l’Éga­lité femmes-hommes dans le 7e arron­dis­se­ment. « J’ai toujours eu une passion pour la vie publique », explique celle qui a lancé, en 2019, l’ap­pel de 11 diri­geantes en faveur de David Kimel­feld. Elle orga­nise des groupes de travail pour le candi­dat à la Métro­pole et sent qu’elle est à la croi­sée des chemins : « Soit je bascu­lais dans le tout poli­tique, soit je m’im­pliquais encore plus dans l’en­tre­pre­neu­riat en étant aussi confé­ren­cière. » Elle opte pour cette deuxième voie. Celle qui a connu une « rencontre déclic » avec le DRH de Rank Xerox a envie d’être « le déclic pour d’autres ». Ce qu’elle fera en prévoyant de s’en­ga­ger sur les ques­tions de soli­da­rité. « Il faut aider. La réus­site et la force doivent être au service des faibles, et la richesse au service des pauvres. » 

BIO EXPRESS

28 août 1970 : Nais­sance à Neuilly-sur-Seine

2008 : Elle fonde Tipi Forma­tion

2010 : Créa­tion des Pion­nières, rebap­ti­sées Les Premières

2020 : Elle initie un Mani­feste pour l’en­tre­pre­neu­riat fémi­nin

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