Trot­ti­nettes élec­triques : avec Dott et Tier, la fin du désordre

Pour répondre au développement massif des trottinettes électriques à Lyon, la mairie a lancé en janvier dernier un appel à projets pour proposer un droit exclusif à deux entreprises d’opérer dans la ville à partir du 1er septembre. Les deux sociétés européennes Dott et Tier ont été retenues et déploieront dès mardi, et pour deux ans, une flotte de 2000 trottinettes chacune.

La fin du désordre. Neuf mois après le lance­ment de l’ap­pel à projets trot­ti­nettes par la Ville de Lyon, les deux opéra­teurs rete­nus, Dott et Tier, s’ap­prêtent à dispo­ser leurs engins aux quatre coins de la ville. Choi­sis par le nouvel exécu­tif muni­ci­pal début juillet, parmi treize opéra­teurs candi­dats, les deux lauréats ont été « sélec­tion­nés pour leur ambi­tion écolo­gique et l’équi­libre des services propo­sés », indique-t-on du côté de la mairie. À partir de mardi et pour deux ans, Dott et Tier, béné­fi­cie­ront donc du droit exclu­sif d’opé­rer à Lyon. 

Deux implan­ta­tions diffé­rentes

« Cette nouvelle vient récom­pen­ser l’énorme travail réalisé par notre équipe depuis notre arri­vée à Lyon. Nous sommes très heureux d’ob­te­nir la recon­nais­sance de la mairie avec laquelle on a travaillé pendant tout ce temps », se féli­cite Manon Pagniez, respon­sable des opéra­tions chez Dott Lyon. L’opé­ra­teur de micro­mo­bi­lité franco-néer­lan­dais (implanté dans 5 pays et 14 villes) est présent à Lyon depuis avril 2019 et emploie 35 personnes, à temps plein sur son pôle lyon­nais (65% de CDI). « Dès le premier jour, on a inter­na­lisé nos équipes. Nous avons à Lyon une équipe mana­gé­riale qui gère le terrain, nos propres chauf­feurs, méca­ni­ciens et des entre­pôts de 2000m2 à Villeur­banne où l’on gère l’in­té­gra­lité de la main­te­nance et de la recharge », pour­suit la respon­sable lyon­naise. 

De son côté, Tier effec­tue son grand retour entre Rhône et Saône. Quatrième opéra­teur à s’ins­tal­ler à Lyon en février 2019, la start-up alle­mande (présente dans 9 pays et 70 villes) a fina­le­ment choisi de quit­ter la ville six mois plus tard. « Il y avait clai­re­ment une satu­ra­tion du marché à ce moment-là, avec de mauvais compor­te­ments des opéra­teurs qui ont donné une image néga­tive de la micro­mo­bi­lité, justi­fie Sylvain Martin, direc­teur régio­nal chez Tier. On ne voulait pas être mêlés à cela, alors on a préféré se reti­rer et reve­nir lorsqu’il y aurait un éclair­cis­se­ment de l’offre avec cet appel à projets qu’on savait arri­ver dans les mois à venir. »

Manon Pagniez (Dott Lyon) et Sylvain Martin (Direc­teur régio­nal Tier)

Respect envi­ron­ne­men­tal

Les deux socié­tés, égale­ment rete­nues avec Lime dans l’ap­pel à projets pari­sien, font du respect des ques­tions envi­ron­ne­men­tales l’une de leurs prio­ri­tés. « À Lyon, nous avons été les premiers à passer sur des batte­ries amovibles, qui réduisent énor­mé­ment les flux logis­tiques, les premiers à utili­ser des éner­gies renou­ve­lables pour nos opéra­tions de recharge, et les premiers à utili­ser des véhi­cules élec­triques pour toute notre logis­tique », détaille Manon Pagniez. Les mêmes efforts sont four­nis par Tier qui se reven­dique être « le seul opéra­teur de micro­mo­bi­lité 100% clima­tique­ment neutre ». « Tout ce qu’on n’ar­rive pas encore à réduire, on le compense. En 2020, pour l’en­semble de l’en­tre­prise, on a planté l’équi­valent de 25 000 terrains de foot­ball d’arbres pour compen­ser notre impact », précise Sylvain Martin.

Les deux entre­prises, aux modèles assez simi­laires, ont d’ailleurs récem­ment signé un accord sur des règles sociales et envi­ron­ne­men­tales à respec­ter pour garan­tir la péren­nité de ce nouveau secteur indus­triel. « Nous sommes très heureux d’avoir été choi­sis avec Dott, on s’en­tend très bien », souligne-t-on chez Tier. Cette nouvelle concur­rence saine, permet aux respon­sables des deux start-up de peau­fi­ner leur stra­té­gie lyon­naise. « Notre meilleur atout, c’est notre équipe qui connaît très bien la ville et ses points clés, note Manon Pagniez. On a beau­coup d’avance sur ce domaine et cette expé­rience devrait nous aider dans les premiers mois. » Pour rattra­per son retard, Tier mise sur un recru­te­ment malin dans la consti­tu­tion de son pôle lyon­nais. « Nous sommes en discus­sion avec les opéra­teurs sortants (Lime, Bird, Voi,…) pour essayer de sauve­gar­der des emplois qu’ils avaient créés sur site, témoigne Sylvain Martin. Et de la même manière, on discute avec eux de la reprise de leurs entre­pôts à Villeur­banne ou Vénis­sieux. »

Station­ne­ment dédié dans les prochains mois

Plusieurs formules d’abon­ne­ments ou packs, « pour diffé­ren­cier l’uti­li­sa­teur régu­lier du touriste occa­sion­nel  » sont déjà mises en place ou devraient être prochai­ne­ment lancées par les deux opéra­teurs. Des discus­sions avec le Sytral et plusieurs muni­ci­pa­li­tés de l’ag­glo­mé­ra­tion sont en cours des deux côtés pour « avoir la couver­ture géogra­phique la plus impor­tante possible et offrir ainsi un service un service de mobi­li­tés pour tous ». 

Reste encore à gérer l’épi­neuse ques­tion du station­ne­ment des engins pour les deux jeunes start-up. La Ville de Lyon a récem­ment annoncé qu’elle pren­drait « des arrê­tés pour aména­ger, avec la Métro­pole, du station­ne­ment dédié pour les trot­ti­nettes. » Ces empla­ce­ments réser­vés seront majo­ri­tai­re­ment situés en amont des passages piétons. « Les services de la ville de Lyon et les deux entre­prises rete­nues travaille­ront de concert pour rete­nir les zones de station­ne­ment idéales, en lien avec les mairies d’ar­ron­dis­se­ment et permettre le début des travaux », complète-t-on du côté de la muni­ci­pa­lité. De quoi mettre un terme aux trot­ti­nettes dissé­mi­nées partout dans la ville.

Une initia­tive saluée par les deux opéra­teurs choi­sis à Lyon. « Avec tous les opéra­teurs présents à Lyon, on comp­tait entre 8000 et 9000 véhi­cules dans la ville en 2019. Il n’y en aura désor­mais plus que 4000. Il y aura donc moins de désordre, donc moins de plainte et un meilleur service avec les empla­ce­ments de station­ne­ment », se réjouit-on chez Dott Lyon.

Entre 20 000 et 25 000 trajets quoti­diens

Avec la baisse consi­dé­rable du nombre de trot­ti­nettes en libre-service dans l’ag­glo­mé­ra­tion lyon­naise, l’en­tre­prise franco-néer­lan­daise s’at­tend à un certain regain d’ac­ti­vité. « On espère passer de 5 à 8,9 ou 10 courses par jour par trot­ti­nette », avance Manon Pagniez. De quoi réali­ser entre 16 000 et 20 000 trajets quoti­diens sur le terri­toire. La société ne préfère commu­niquer aucune esti­ma­tion sur le chiffre d’af­faires prévu à Lyon sur les deux prochaines années et planche, en paral­lèle, sur le lance­ment de son vélo élec­trique, prévu courant 2021, qui pour­rait « poten­tiel­le­ment arri­ver à Lyon selon l’avan­cée des discus­sions avec la Mairie ». 

Les objec­tifs sont légè­re­ment moins ambi­tieux du côté des concur­rents. Sylvain Martin : « Ce qu’on cherche avant tout, c’est la renta­bi­lité. On aime­rait que nos véhi­cules soient utili­sés plus de 3 fois par jour en moyenne (plus de 6000 trajets quoti­diens) mais ça peut être mieux. » Pas d’es­ti­ma­tion commu­niquée là non plus sur le chiffre d’af­faires des deux années à venir : « On n’a pas opéré à Lyon depuis plusieurs mois donc il nous manque plusieurs données comme la durée moyenne d’un trajet. » Après avoir été retenu à Lyon et Grenoble, Tier entend renfon­cer son ancrage régio­nal à Annecy, Saint-Etienne ou encore Valence pour « faire d’Au­vergne-Rhône-Alpes un pôle très fort dans notre déve­lop­pe­ment. » La première étape de ce plan commence ce 1er septembre.

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