Port du masque en entre­prise : Blue­li­nea parmi les bons élèves à Lyon

Le port du masque est obligatoire en entreprise depuis le 1er septembre. La nouvelle consigne ministérielle, prochainement soumise à « des contrôles », dixit le porte-parole du gouvernement Gabrel Attal, est déjà appliquée dans plusieurs sociétés du tissu économique lyonnais comme Bluelinea. Explications avec Laurent Levasseur, pdg de la structure aux 100 salariés.

La règle est en vigueur depuis le 1er septembre dernier. Le port du masque est désor­mais obli­ga­toire en entre­prise dans les espaces parta­gés comme les salles de réunion, couloirs ou open spaces. La mesure, annon­cée au coeur de l’été par la ministre du Travail, Élisa­beth Borne, vise à éviter « une deuxième vague » de conta­mi­na­tion tout en assu­rant la « reprise écono­mique » atten­due pour la rentrée. Les entre­prises ont donc dû s’adap­ter pour respec­ter les nouvelles consignes minis­té­rielles. 

Le masque au bureau depuis mai

Dans l’ag­glo­mé­ra­tion lyon­naise, plusieurs socié­tés avaient anti­cipé le renfor­ce­ment de ces mesures sani­taires. C’est notam­ment le cas du spécia­liste de la person­na­li­sa­tion des cartes bancaires CPS Tech­no­lo­gies, basé à Craponne, qui impose le port du masque obli­ga­toire à ses sala­riés depuis la mi-août. Il en va de même chez Rexia, société de conseil et ingé­nie­rie indus­trielle, implan­tée à Vénis­sieux. L’en­tre­prise diri­gée par Matthieu Lafon­taine a ainsi reçu la visite du porte-parole du gouver­ne­ment Gabriel Attal le 21 août dernier, venu obser­ver comment se dérou­lait l’ap­pli­ca­tion du port du masque en entre­prise. 

Dans les bureaux lyon­nais de Blue­li­nea, les sala­riés portent le masque depuis le mois de mai. « Notre entre­prise n’est compo­sée que d’open spaces. Alors on a fait le choix, dès que cela était possible d’équi­per tous nos sala­riés d’un masque, témoigne Laurent Levas­seur, fonda­teur de la société spécia­li­sée dans l’ac­com­pa­gne­ment des personnes âgées ou en situa­tion de handi­cap à leur domi­cile ou en établis­se­ment. À chaque fois qu’un sala­rié se levait de son bureau, pour aller en pause ou aux sani­taires, il mettait son masque. Une fois assis à son poste, comme au restau­rant, il pouvait le reti­rer ». Et la mesure semble avoir porté ses fruits : « en quatre mois, nous n’avons pas eu noté un seul cas de conta­mi­na­tion dans l’en­tre­prise. »

Mais le renfor­ce­ment de ces mesures sani­taires en entre­prise peut parfois poser problème. « On avait tous envie de faire une rentrée libé­rée, en se tour­nant vers l’ave­nir et à la place on fait une rentrée masquée, c’est diffi­cile pour les sala­riés », pour­suit Laurent Levas­seur, dont les équipes, implan­tées à Lyon depuis plus de 20 ans, et Cham­pagne-au-Mont-d’Or, veillent sur plus de 6000 personnes âgées dans le bassin lyon­nais. 

Budget masques : 50 000 euros par an

Le chef d’en­tre­prise (6,3 millions d’eu­ros de chiffre d’af­faires en 2019) a donc mis l’ac­cent sur la péda­go­gie : « Quand vous expliquez aux sala­riés que durant les mois d’été, un quart des clus­ters ont été iden­ti­fiés en entre­prise, alors que la plupart des gens étaient en télé­tra­vail ou en vacances, ça en dit long sur les enjeux de la rentrée. Il y a une vraie prise de conscience à ce niveau là. D’au­tant que lorsque vous portez un masque, vous ne vous proté­gez pas seule­ment vous-mêmes, mais aussi vos collègues, leurs familles, compagnes et compa­gnons, parents, grands-parents… »

L’en­tre­prise s’est donc consti­tué un impor­tant stock de masques « les plus adap­tés possibles pour ne pas frei­ner la commu­ni­ca­tion télé­pho­nique et les échanges entre sala­riés ». « Niveau budget, l’achat de ces masques sur un an pour nos 100 colla­bo­ra­teurs repré­sente à peu près 50 000 euros. Sachant qu’on a doublé cette somme parce qu’on a aussi décidé d’équi­per les familles. On a voulu que la protec­tion soit globale, à chaque fois qu’on donne un masque au sein de l’en­tre­prise, on en donne un pour la famille du sala­rié. C’est beau­coup d’argent mais pour nous c’était impor­tant », justi­fie Laurent Levas­seur. 

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