Homéo­pa­thie : Boiron joue la carte des probio­tiques

A l’approche de la fin des négociations autour de son plan social, Boiron annonce une diversification dans les probiotiques, des compléments alimentaires qui améliorent le confort digestif, dans le cadre d’un partenariat avec la société italienne Probiotical. Et lance deux nouveaux médicaments homéopathiques contre les maux de gorge et les coliques du nourrisson.

Fin d’exer­cice 2020 chargé et périlleux pour Valé­rie Lorentz-Poin­sot, direc­trice géné­rale de Boiron avec la pour­suite de son combat pour faire annu­ler le dérem­bour­se­ment complet de l’ho­méo­pa­thie au 1er janvier 2021. Le résul­tat du recours engagé auprès du Conseil d’Etat est attendu en novembre. Dans le même temps, les négo­cia­tions sur le plan social annoncé en mars dernier devraient se termi­ner le 14 octobre. Avec, à la clé, 646 suppres­sions de postes d’un côté (ferme­ture d’un site de produc­tion et d’une douzaine de centres de distri­bu­tion) et 134 créa­tions par ailleurs. La tension sociale est palpable à Messimy au siège du groupe. La direc­tion parle de « discus­sions denses ».

C’est dans ce contexte diffi­cile que le leader mondial de l’ho­méo­pa­thie vient d’an­non­cer une première diver­si­fi­ca­tion en dehors de son cœur de métier, à savoir la commer­cia­li­sa­tion d’une gamme complète de probio­tiques, des complé­men­taires alimen­taires amélio­rant le confort diges­tif, fabriqués par Probio­ti­cal, une entre­prise fami­liale italienne. 

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Dispo­nible en novembre en phar­ma­cies

La gamme distri­buée par Boiron, sous le nom d’Osmo­bio­tic Flora, sera dispo­nible fin novembre en phar­ma­cies. Elle se décli­nera en trois réfé­rences -bébés, enfants et adultes- avec des effets atten­dus contre les problèmes de consti­pa­tion, ballon­ne­ments ou les diar­rhées infec­tieuses des enfants. Les probio­tiques rete­nus par Boiron se carac­té­risent par trois critères majeurs. Ils affichent des proprié­tés théra­peu­tiques vali­dées scien­ti­fique­ment sur le micro­biote intes­ti­nal. Les souches sont microen­cap­su­lées grâce à un procédé breveté qui assure un taux de survie dans l’in­tes­tin de 90% (contre 10 à 25% en moyenne pour les autres probio­tiques). Enfin, ces complé­ments alimen­taires sont certi­fiés sans aller­gène alimen­taire, sans gluten et sans lactose.

Cette première diver­si­fi­ca­tion permet à Boiron de rester fidèle à sa philo­so­phie de « soigner sans nuire » et de s’ou­vrir à un marché mondial en crois­sance et d’une taille esti­mée à 6,6 milliards de dollars, dont 229 millions € en France. A court terme, Osmo­bio­tic Flora devrait être dispo­nible dans un tiers des offi­cines dans l’Hexa­gone puis, d’ici à la fin de l’an­née 2020, dans cinq autres pays euro­péens (Italie, Espagne, Belgique, Hongrie et Slovaquie).

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–16,5% en France et +20,8% à l’in­ter­na­tio­nal

Pas d’objec­tifs chif­frés dans l’im­mé­diat pour cette diver­si­fi­ca­tion : « nous nous posi­tion­nons avec notre singu­la­rité et avec un plan de marche raison­nable », précise la direc­tion. Prix public de cette gamme de probio­tiques : 13,95 € pour les adultes (12 jours), 11,95 € pour les enfants et 12,95 € pour les bébés.

Par ailleurs, Boiron annonce avoir décro­ché de nouvelles AMM (auto­ri­sa­tion de mise sur le marché) et lance deux nouveaux médi­ca­ments homéo­pa­thiques : Bocéal contre les maux de gorge et Cocyn­tal pour soula­ger les coliques du nour­ris­son.

Au premier semestre  2020, l’en­tre­prise diri­gée par Valé­rie Lorentz-Poin­sot, affi­chait une perte nette d’un peu moins de 1 million € sur un chiffre d’af­faires de 253,6 millions en repli de 1,2% au 30 juin dernier, mais avec une situa­tion très contras­tée entre la France (- 16,5%) et l’in­ter­na­tio­nal (+ 20,8%). Une provi­sion de 55 millions € a été passée concer­nant le plan social à venir dans les comptes au 30 juin 2020.

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