Santé : Sanofi Genzyme inves­tit 15 millions d’eu­ros à Gerland

Bonne nouvelle pour Lyon : la filiale du géant de la pharmacie, spécialisée dans les maladies rares, investit 15 millions d’euros dans son site de Gerland pour fabriquer à horizon 2021 des lots cliniques de produits de thérapie génique, actuellement en développement à Boston.

Après l’an­nonce des inves­tis­se­ments de juin dernier (plus de 600 millions d’eu­ros dans ses sites de vaccins), Sanofi a rendu public un nouveau projet d’in­ves­tis­se­ment concer­nant, cette fois-ci, sa filiale Genzyme, à hauteur de 15 millions d’eu­ros. Le site de Gerland (320 personnes) a été choisi pour produire des lots cliniques de produits de théra­pie génique actuel­le­ment en déve­lop­pe­ment à Boston. Autre­ment dit, il va deve­nir la première plate­forme mondiale Sanofi de produc­tion de vecteurs viraux dans le cadre du déve­lop­pe­ment des capa­ci­tés de biopro­duc­tion de Sanofi et des théra­pies inno­vantes sur lesquelles le groupe concentre sa R&D. 

« Grâce à ce nouvel inves­tis­se­ment à Lyon, Sanofi entend affir­mer son virage biotech­no­lo­gique amorcé depuis plusieurs années et conso­li­der son leader­ship en biopro­duc­tion, depuis la France », précise le groupe. « Notre site de Gerland, qui a fêté ses 10 ans en 2018, est un exemple réussi du déve­lop­pe­ment de nos capa­ci­tés de biopro­duc­tion en France, pays dans lequel nous avons investi 1,5 milliard d’eu­ros sur nos sites indus­triels au cours des cinq dernières années, dont 1 milliard dans les biotech­no­lo­gies », explique Philippe Luscan, vice-président exécu­tif de Sanofi.

Les premiers lots cliniques fabriqués sur le site de Gerland porte­ront sur des produits de théra­pie génique visant à trai­ter certaines mala­dies rares d’ordre neuro­lo­gique ou bien liées à des défi­ciences enzy­ma­tiques. La théra­pie génique consiste à intro­duire des gènes dans les cellules d’un indi­vidu, en utili­sant un vecteur qui va permettre de trans­fé­rer des gènes d’in­té­rêt théra­peu­tique direc­te­ment aux cellules cibles et ainsi de trai­ter une mala­die de manière ciblée. Cette nouvelle classe de produits théra­peu­tiques est très promet­teuse pour le trai­te­ment de mala­dies telles que le cancer et les mala­dies géné­tiques et permet à certains patients de béné­fi­cier d’une théra­pie person­na­li­sée.

Philippe Luscan, vice-président exécu­tif de Sanofi

Une pépite

Genzyme, qui a été rache­tée (20 milliards de dollars) par Sanofi en 2011, est consi­dé­rée comme une véri­table pépite pour le géant mondial de la phar­ma­cie. L’ac­ti­vité histo­rique du site de Sanofi Genzyme Lyon concerne la produc­tion d’un sérum anti-lympho­cy­taire (SAL) utilisé depuis plus de 35 ans pour la préven­tion et le trai­te­ment de rejet dans la greffe d’or­ganes et de moelle osseuse chez les patients trans­plan­tés.  Le site dispose égale­ment depuis 2016 d’une plate­forme pour la produc­tion de vecteurs viraux, dédiés à l’im­mu­no­thé­ra­pie et la théra­pie génique. Elle permet aujourd’­hui la fabri­ca­tion de lots d’es­sais, prémices aux lots cliniques et indus­triels dédiés aux théra­pies d’ave­nir.

Avec 5 500 colla­bo­ra­teurs, Sanofi reven­dique le rang de 1er employeur privé de la Métro­pole de Lyon avec cinq sites (R&D, produc­tion, tertiaire) dédiés à la santé humaine. Le groupe phar­ma­ceu­tique, héri­tier d’an­ciennes enti­tés de l’Insti­tut Mérieux et de Rhône Poulenc/Aven­tis, s’ap­puie sur trois acti­vi­tés majeures : les vaccins avec Sanofi Pasteur (siège à Gerland, plus grand site au monde de produc­tion et de R&D à Marcy-l’Etoile, site de biopro­duc­tion à Neuville-sur-Saône), la méde­cine de spécia­li­tés avec Sanofi Genzyme à Gerland (site spécia­lisé en immu­no­lo­gie et théra­pie génique) ainsi que des fonc­tions support de Sanofi (Campus situé au cœur du Biodis­trict Lyon Gerland, le second pôle tertiaire français de Sanofi). 

Sanofi consi­dère qu’il béné­fi­cie à Lyon d’un « écosys­tème d’ex­cep­tion dans les sciences du vivant et de condi­tions propices à l’in­no­va­tion », avec la possi­bi­lité de « mobi­li­ser des cher­cheurs, mais aussi des méde­cins, des start-ups afin de co-construire les solu­tions de santé de demain ». Sanofi emploie plus de 100 000 colla­bo­ra­teurs dans 100 pays.

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