Smash, le WeTrans­fer lyon­nais veut se démarquer

La start-up lyonnaise Smash, cofondée par Rémi et Romaric Gouedard-Comte, vient de décrocher deux jolis contrats avec le mythique club de football anglais Manchester United et la CCI Lyon-Métropole. De quoi nourrir de belles perspectives pour la jeune pousse, qui fait partie des rares entreprises à profiter de la crise sanitaire.

Le concept

Smash est souvent présenté comme le WeTrans­fer lyon­nais. C’est à la fois vrai et très réduc­teur. Vrai, car la start-up d’une dizaine de colla­bo­ra­teurs, instal­lée dans l’in­cu­ba­teur H7 de la Confluence, propose un service gratuit de trans­fert de fichiers volu­mi­neux. Mais la compa­rai­son est très réduc­trice, car Smash, qui s’adresse avant tout aux utili­sa­teurs dans un cadre profes­sion­nel, a déve­loppé plusieurs fonc­tion­na­li­tés asso­ciées dans une formule payante par abon­ne­ment : options de contrôle des envois pour la sécu­rité, outils de tracking (nombre de télé­char­ge­ments, d’ou­ver­tures, par qui, quand…) pour le marke­ting, ou encore possi­bi­lité de person­na­li­sa­tion du design de la page de télé­char­ge­ment ou de diffu­sion de conte­nus promo­tion­nels (vidéo par exemple) pendant le temps de télé­char­ge­ment des fichiers. 

Pourquoi ça va carton­ner

Lancé en 2017 et dispo­nible en six langues, Smash reven­dique plus d’un million d’uti­li­sa­teurs par mois dans le monde (dont 70 % à l’in­ter­na­tio­nal) pour sa version gratuite. « Pour se faire connaître des utili­sa­teurs, notre stra­té­gie est de propo­ser la meilleure offre gratuite du marché. Et cela fonc­tionne : en moyenne, quand un utili­sa­teur de Smash envoie des fichiers à cinq desti­na­taires, l’un d’eux utili­sera ensuite notre service, et ainsi de suite… », dévoile Roma­ric Goue­dard-Comte qui compte ensuite atti­rer ces utili­sa­teurs vers la version payante pour géné­rer des reve­nus. La start-up reven­dique déjà 10 000 abon­nés, dont quelques belles réfé­rences à l’image d’Univer­sal, de Sodexo, des Mairies de Paris et de Marseille ou encore derniè­re­ment du club de Manches­ter United« Notre ambi­tion est de deve­nir un des prin­ci­paux acteurs du trans­fert de fichiers au niveau mondial », annonce Roma­ric Goue­dard-Comte

L’actu

Smash fait partie des (rares) entre­prises à profi­ter de la crise sani­taire. La géné­ra­li­sa­tion du travail à distance se traduit sans surprise par une infla­tion de l’en­voi de fichiers entre collègues ou vers l’ex­terne. « Nous consta­tons une explo­sion des usages depuis le début du premier confi­ne­ment. Notre acti­vité croît tous les jours et nous battons tous les mois nos records. C’était encore le cas en octobre, avec plus de 1,1 million d’uti­li­sa­teurs », rapporte le diri­geant, alors que les projec­tions des analystes tablent sur un double­ment du marché du partage de fichiers au cours des cinq prochaines années. Des pers­pec­tives allé­chantes, rendues possibles par la digi­ta­li­sa­tion crois­sante des entre­prises ainsi que la géné­ra­li­sa­tion de la fibre, en atten­dant l’ar­ri­vée de la 5G. 

Le finan­ce­ment

Smash a bouclé, en septembre 2019, une levée de fonds de 1,5 million d’eu­ros auprès de busi­ness angel et d’un family office avec l’objec­tif d’étof­fer ses équipes et d’in­ten­si­fier le déve­lop­pe­ment tech­no­lo­gique de sa solu­tion. Mais, face à l’es­sor du marché, la start-up réflé­chit d’ores et déjà à une nouvelle levée de fonds d’un montant « beau­coup plus impor­tant » pour pour­suivre son déploie­ment à l’in­ter­na­tio­nal. 

Le fonda­teur 

Roma­ric Goue­dard-Comte a eu l’idée de créer Smash alors qu’il travaillait au sein de l’agence Havas Digi­tal. Il s’est asso­cié, dans cette aven­ture entre­pre­neu­riale, à son frère Rémi, diplômé d’une école de commerce, et à son père qui a conseillé des start-up pour le compte d’un cabi­net-conseil en stra­té­gie. 

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