La Banque de France prévoit un rebond en 2021 en Auvergne-Rhône-Alpes

Après une chute d’activité historique en 2020 (-9,8% pour l’industrie et -13,2% pour les services), la Banque de France anticipe un rebond de 5,8% dans l’industrie et de 8,5% dans les services en 2021 dans la région. Importante reprise attendue des investissements industriels : + 24%.

Première satis­fac­tion pour le direc­teur régio­nal de la Banque de France, Chris­tian Jacques Berret (photo) : 4 200 entre­prises et établis­se­ments de la région ont répondu à sa tradi­tion­nelle enquête de janvier, sur le bilan de l’an­née écou­lée et les pers­pec­tives de celle en cours. « Nous avons reçu autant de réponses que d’ha­bi­tude », explique le patron régio­nal de la Banque de France. Premier constat sans surprise sur la photo­gra­phie de 2020 : une réces­sion histo­rique depuis 1945. Au niveau natio­nal, le PIB a chuté de 8,3% (-7,3% pour la zone euro et –3,5% dans le monde entier). 

En Auvergne-Rhône-Alpes, les chiffres d’af­faires dans l’in­dus­trie ont baissé de 9,8%, avec des secteurs encore plus touchés que d’autres tels que l’au­to­mo­bile et par voie de consé­quence le décol­le­tage et le caou­tchouc. Fort recul des perfor­mances à l’ex­port : – 13%. Situa­tion très compliquée aussi dans les services marchands qui s’ef­fondrent – 13,2% avec même un – 29,6% pour l’hé­ber­ge­ment-restau­ra­tion. Situa­tion diffi­cile aussi pour le trans­port-entre­po­sage (- 7,1%) et l’in­gé­nie­rie tech­nique (- 8,3%). En revanche, situa­tion quasi­ment stable pour les métiers de l’in­for­ma­tique (-0,3%). Le secteur de la construc­tion n’échappe pas à la règle géné­rale (-7,9%), les travaux publics étant un peu plus affec­tés (-8,4%) que le bâti­ment (-7,7%).

14 milliards € de PGE en Auvergne-Rhône-Alpes

Au total, 75% des entre­prises ont enre­gis­tré une baisse d’ac­ti­vité en 2020 et les inves­tis­se­ments ont forte­ment dimi­nué (- 16% dans l’in­dus­trie). Consé­quence logique, les renta­bi­li­tés d’ex­ploi­ta­tion se sont dégra­dées. Mais les mesures gouver­ne­men­tales ont bien joué leur rôle d’amor­tis­seur, qu’il s’agisse du chômage partiel (les effec­tifs n’ont que peu baissé, hormis dans l’in­té­rim) ou des PGE (prêts garan­tis par l’Etat). En Auvergne-Rhône-Alpes, à la veille de Noël, 14 milliards € de PGE avaient été distri­bués auprès de 82 500 entre­prises, soit 11% du montant total des PGE dans l’Hexa­gone.

Pour 2021, Chris­tian Jacques Berret, au regard des réponses des entre­prises, parle d’un « redres­se­ment net mais encore insuf­fi­sant ». Dans la région, l’ac­ti­vité des entre­prises indus­trielles devrait rebon­dir de 5,8% avec une accé­lé­ra­tion des débou­chés à l’ex­port + 6,6%. Bonne orien­ta­tion notam­ment pour la métal­lur­gie (+ 6,9%) et le caou­tchouc-plas­tique (+ 8,3%). Progres­sion égale­ment pour le maté­riel de trans­port (+ 7,3%) et les machines et équi­pe­ments (+ 6,5%). Joli rebond, par ailleurs, pour les services (+ 8,5%) avec une incon­nue pour l’hé­ber­ge­ment-restau­ra­tion suivant la date de réou­ver­ture effec­tive des établis­se­ments. Dans l’in­for­ma­tique, un bonus de 8% est même attendu. Pour la construc­tion, la crois­sance espé­rée est de 4,6%. Elle béné­fi­ciera plus au bâti­ment (+ 5%) qu’aux travaux publics (+ 3%). Du côté des effec­tifs, plutôt épar­gnés (à part l’in­té­rim) en 2020, pas de hausse signi­fi­ca­tive atten­due en 2021. En revanche, un joli dégel des inves­tis­se­ments s’an­nonce dans l’in­dus­trie avec une reprise atten­due de 24%.

« Ce qui compte, c’est la confiance et la capa­cité de rebond, explique Chris­tian Jacques Berret. Nous croyons au rebond. Il faut inves­tir dans des secteurs d’ave­nir. Et pour inves­tir, il faut la confiance ». Et de conclure : « Peut-être que cette crise fera un peu moins de dégats que ce qu’on aurait pu craindre. Il faut parier sur l’ave­nir ».

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