Elec­tions régio­nales : neuf listes en Auvergne-Rhône-Alpes

Comme en 2015, neuf listes se présentent aux suffrages des électeurs en Auvergne-Rhône-Alpes les 20 et 27 juin prochain, dont quatre à gauche et à l’extrême gauche. Le président LR sortant, Laurent Wauquiez fait figure de favori. Bruno Bonnell défend les couleurs de la majorité présidentielle et Andréa Kotarac celles du RN. Deux listes complètent le tableau.

Plus jeunes collec­ti­vi­tés terri­to­riales élues au suffrage univer­sel direct, les régions vont connaître leur septième rendez-vous élec­to­ral depuis 1986, les 20 et 27 juin prochains. Un scru­tin décalé de trois mois pour cause de crise sani­taire. Nouvelle région, née de la fusion de l’Au­vergne et de Rhône-Alpes, notre région n’a connu que deux manda­tures à gauche de 2004 à 2015, les trois premières (1986, 1992 et 1998) étant aux mains de la droite et du centre (Valéry Giscard d’Es­taing en Auvergne ; Charles Bérau­dier, Charles Millon puis Anne-Marie Compa­rini en Rhône-Alpes) avant le raz-de-marée PS de 2004 et 2010.

49% de votants au 1er tour en 2015

En décembre 2015, au lende­main des atten­tats terro­ristes du 13 novembre, Laurent Wauquiez s’était imposé au 2nd tour dans une trian­gu­laire avec 40,6% des voix devant le président socia­liste sortant Jean-Jack Quey­ranne 36,8% et Chris­tophe Boudot, FN, 22,5%. Au premier tour, la parti­ci­pa­tion était tombée juste sous les 50%, remon­tant à 57,6% le dimanche suivant.

Cette fois-ci, comme en 2015, neuf listes se présentent aux suffrages des élec­teurs. Laurent Wauquiez, président LR sortant d’Au­vergne-Rhône-Alpes fait figure de favori. Tous les sondages le donnent gagnant. Délesté de la prési­dence de LR depuis la décon­fi­ture des Répu­bli­cains aux Euro­péennes de mai 2019 (la liste de François-Xavier Bellamy n’avait rassem­blé que 8,8% des voix), Laurent Wauquiez s’est replié sur ses terres régio­nales, contraint et forcé, depuis deux ans. Et la crise sani­taire lui a permis de multi­plier les initia­tives aux quatre coins de la région depuis une quin­zaine de mois. S’il devait être faci­le­ment réélu fin juin, à la tête de sa liste « la Région avec toutes ses forces », nul doute qu’il fera entendre sa voix chez LR dans le choix du candi­dat pour la prési­den­tiel­le…

Combat fémi­nin à gauche

L’épou­van­tail Wauquiez n’a pas pour autant réussi à fédé­rer les gauches qui se présentent en ordre dispersé avec pas moins de quatre listes. Encou­ra­gés par leurs résul­tats des dernières muni­ci­pales à Lyon, Grenoble, Annecy (entre autres), les Verts ont posé leurs condi­tions à une union avec le PS. Tant et si bien, qu’ils se présentent sous leurs propres couleurs. A Fabienne Grébert -EELV-, la tête de liste « L’éco­lo­gie, c’est possible » et à Najat Vallaud-Belka­cem, celle du PS-PRG et du PCF de l’Al­lier pour « L’al­ter­na­tive en Auvergne-Rhône-Alpes ». L’an­cienne ministre de François Hollande fait son retour en poli­tique après 4 ans de retrait poli­tique suite à sa défaite à Villeur­banne face à Bruno Bonnell. Najat Vallaud-Belka­cem renoue avec la région, elle qui fut la benja­mine du Conseil régio­nal Rhône-Alpes en 2004.

Le PCF et LFI se présentent ensemble sous le drapeau de Cécile Cukier­man, l’élue ligé­rienne, comme en 2015 avec une liste « Ensemble pour notre région ». Chan­tal Gomez défend, une nouvelle fois les couleurs de LO pour « faire entendre le camp des travailleurs ». Donné en deuxième place dans les sondages derrière Laurent Wauquiez, le RN de Marine Le Pen se présente sous le visage de l’an­cien conseiller régio­nal LFI, Andréa Kota­rac, passé avec armes et bagages de l’ex­trême gauche à l’ex­trême droite en 2019. La troi­sième place est attri­bué, pour l’ins­tant, dans les sondages à la liste de la majo­rité prési­den­tielle conduite par le marcheur histo­rique Bruno Bonnell qui a déjà réussi le tour de force de faire taire les divi­sions de son camp après la béré­zina des dernières muni­ci­pales. Pas de ministres sur ces listes, beau­coup de jeunes et de nouveaux venus en poli­tique. Le député LREM renoue avec la promesse initiale du parti prési­den­tiel. Sans grand espoir de gagner. S’il devance les listes de gauche, il sera déjà satis­fait.

Anti-masques et liste commu­nau­ta­riste

A noter encore, la présence de deux listes icono­clastes. La natu­ro­pathe lyon­naise, Shella Gill présente « Union essen­tielle » pour « remettre la démo­cra­tie au centre de la cité ». Derrière cette procla­ma­tion, plusieurs proches du mouve­ment anti masques pas très éloi­gnés des thèses complo­tis­tes… Quant à Farid Omeir, déjà candi­dat l’an dernier dans la Métro­pole de Lyon, avec l’Union des démo­crates musul­mans français -UDMF- il proclame vouloir « agir pour ne plus subir ». Diffi­cile, même s’il s’en défend, de ne pas voir dans cette liste une démarche commu­nau­ta­riste.

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