April veut deve­nir la plus grosse assur­tech en Europe

Recentrée sur son cœur de métier, l’entreprise lyonnaise joue la digitalisation à tous les niveaux et reprend l’offensive sur l’assurance emprunteur avec April Reprise. Après avoir recruté 130 personnes depuis septembre, elle renoue aussi avec la croissance externe dans la tech. Depuis début 2021, elle affiche une croissance de 9%.
Eric Maumy Eric Maumy © DR

« Les acteurs non digi­taux n’ont pas d’ave­nir ». Eric Maumy, direc­teur géné­ral d’April, arrivé en septembre 2019 après le rachat par CVC Capi­tal Part­ners de l’en­tre­prise créée trente ans plus tôt par Bruno Rous­set, a fait de la digi­ta­li­sa­tion de l’en­tre­prise à marche forcée la domi­nante de son plan stra­té­gique.

Et ce, en même temps, qu’il enga­geait la trans­for­ma­tion en profon­deur d’April, la recen­trant sur ses cœurs de métiers et reven­dant 14 enti­tés, dont des compa­gnies d’as­su­rance (Axeria Prévoyance, Axeria IARD). Une stra­té­gie payante puisque, dès 2020, sur son nouveau péri­mètre réduit, April affiche une crois­sance de 6% à 516 millions € avec 2 300 sala­riés.

Sur les cinq marchés stra­té­giques du groupe prévoyance santé des parti­cu­liers ; santé prévoyance pour les TPE, TNS et profes­sion­nels ; assu­rance des emprun­teurs ; niches dommages (plai­sance, profes­sion­nels de l’im­mo­bi­lier, deux roues) ;  inter­na­tio­nal santé, April accé­lère sur la conquête de nouveaux clients et la satis­fac­tion client. « L’am­bi­tion est d’at­teindre le niveau des meilleurs en termes d’ex­pé­rience client, précise Eric Maumy. Cela se mesure autour du NPS (Net promo­ter score) : il est passé de 7 à 17 points l’an dernier. Et nous visons un NPS de 30 points en 2023 ».

40 millions € inves­tis

Quant à la digi­ta­li­sa­tion, elle se traduit, entre autres, par la créa­tion d’un hub dédié April X et des inves­tis­se­ments à hauteur de 40 millions € dans les systèmes d’in­for­ma­tion. Après s’être occupé du front et du back office, April entend bien exploi­ter à fond la data.

Eric Maumy s’est inspiré de ce qu’il a vu en Asie : une trans­for­ma­tion complète en jouant la carte de la data. « L’am­bi­tion d’April, c’est d’être la plus grosse assur­tech en Europe », précise son direc­teur géné­ral. D’où les recru­te­ments très ciblés enga­gés depuis septembre : 130 en tout, dont 40 en cours à Lyon et 80 dans toute la France. « On a vrai­ment changé le visage et le profil de l’en­tre­prise. Avec une crois­sance orga­nique soute­nue, on revient dans le match. Sur le premier quadri­mestre de 2021, on affiche une crois­sance de 9%. Le pari de la trans­for­ma­tion est gagné », ajoute Eric Maumy. Une stra­té­gie full online avec l’obli­ga­tion de « penser digi­tal partout », avec, entre autres, une carte de tiers payant déma­té­ria­li­sée et la possi­bi­lité de « tout gérer sur une appli­ca­tion, dès cet été ».

Leader du cour­tage gros­siste avec un réseau de 15 000 cour­tiers parte­naires, April peau­fine donc son image d’ac­teur digi­tal, omni­ca­nal et agile. Avec la volonté aussi de retrou­ver l’es­prit de conquête notam­ment sur le marché de l’as­su­rance emprun­teur qui fut la vache à lait d’April dans les années 90 et 2000.

Conso­li­da­teur

Chal­len­gée depuis quelques années par de nouveaux inter­ve­nants, dont Utwin, un pure player créé par Patrick Petitjean, ancien direc­teur géné­ral d’April, l’en­tre­prise lyon­naise annonce la créa­tion d’April Reprise. A savoir un service dédié aux assu­rances de substi­tu­tion Hamon-Bourquin.

Son objec­tif est de simpli­fier la rési­lia­tion et le chan­ge­ment d’as­su­rance de prêt immo­bi­lier pour les assu­rés (avec une écono­mie signi­fi­ca­tive à la clé) et les cour­tiers qui les accom­pagnent. « April Reprise faci­lite le trai­te­ment des dossiers et se substi­tue au client dans les démarches à entre­prendre auprès des banques, explique April dans un commu­niqué. Grâce à des outils adap­tés, les équipes d’April Reprise proposent un accom­pa­gne­ment fort et péda­go­gique par télé­phone ou chat, avec un suivi en ligne ».

Enfin, April songe égale­ment à nouveau à la crois­sance externe, non pas dans un objec­tif de course au chiffre d’af­faires mais pour « des opéra­tions struc­tu­rantes dans la tech (NDLR : elle a déjà reprise Eloa et Compa­ra­dise fin 2020) ou dans certains pays. Nous étions dans 41 pays, nous sommes reve­nus à 16 implan­ta­tions. Nous pour­rions procé­der à des acqui­si­tions géogra­phiques ciblées ou à des diver­si­fi­ca­tions, mais sans se disper­ser et toujours avec des cour­tiers distri­bu­teurs. Nous avons la capa­cité à être un conso­li­da­teur », conclut Eric Maumy.

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