BTP : La FFB appelle à l’aide face à la pénu­rie de maté­riaux

Réunie en congrès national à Lyon, la puissante FFB s’inquiète de la pénurie des matériaux jusqu’à la fin de l’année. Un paradoxe, alors le secteur recrute 15 000 personnes par an dans la Région et que le nombre d’apprentis a progressé de 8% l’an dernier. 30% des chantiers pourraient fermer cet été.

Ils sont heureux de se retrou­ver dans l’Am­phi­théâtre de la Cité Inter­na­tio­nale pour la première fois depuis plus d’un an. La grande messe de la puis­sante Fédé­ra­tion française du bâti­ment -FFB- s’est réunie, en fin de semaine dernière, dans une jauge de 500 à 800 personnes pour la resti­tu­tion des états géné­raux de la construc­tion.
L’oc­ca­sion de dialo­guer aussi avec Grégory Doucet, le maire de Lyon, alors que le gouver­ne­ment a décidé de mettre en place une commis­sion prési­dée par le maire PS de Dijon, François Rebsa­men, afin d’iden­ti­fier et de déter­mi­ner les freins à la relance des permis de construire.
Mais si un vent d’op­ti­misme souffle dans le pays depuis quelques semaines avec la levée éche­lon­née des mesures de confi­ne­ment, les profes­sion­nels du bâti­ment qui n’ont pas cessé d’être en première ligne depuis plus d’un an, ne cachent pas leurs inquié­tudes.

Loge­ment neuf en panne

Et ce surtout, en raison du choc des maté­riaux. « Il y a de vraies pénu­ries dans certains cas et des prix qui flambent, souligne Samuel Minot, président de BTP Rhône et Métro­pole de Lyon. On sait que cela ne sera pas résolu avant la fin de l’an­née. Sur les péna­li­tés de retard, Bruno Le Maire, le ministre de l’Eco­no­mie, a fait un petit effort, pas suffi­sant. S’ajoute à cela la pénu­rie de loge­ments à Lyon, par exemple, avec un PLUH, déjà en cours de révi­sion. Le loge­ment neuf est en panne. C’est la double peine ».

Dans le même temps, le secteur affiche des besoins de main d’œuvre élevés. A l’échelle d’Au­vergne-Rhône-Alpes, la filière qui pèse 18 milliards d’eu­ros de chiffre d’af­faires avec 140 000 sala­riés, a recruté 15 000 personnes en 2020. « Nous avons du travail, des carnets de commandes bien remplis, constate Philippe Lansard, président régio­nal de la FFB. Rien que pour le renou­vel­le­ment de la pyra­mide des âges, nous avons 4 700 postes à pour­voir par an. L’an dernier, nous avons recruté 7 200 appren­tis, soit une hausse de 8%. Et nous avons du mal à pour­voir les postes. C’est un problème de quali­fi­ca­tion. On travaille beau­coup avec Pôle Emploi sur les deman­deurs d’em­ploi ».

Coup de pouce pour garder la produc­tion

Pour Olivier Salle­ron, président natio­nal de la FFB, qui a pris la suite de l’Isé­rois Jacques Chanut, voici un an, « le bâti­ment va très bien. Nous avons fait ce qu’il fallait. Nous avons fait preuve d’une rési­lience très forte. Dans cette région, la 1ère après l’Ile-de-France, le travail en équipe a payé : c’est l’hu­main avant tout ». Sauf que les diffi­cul­tés du moment pour­raient pertur­ber ces belles pers­pec­tives. « 30% des chan­tiers pour­raient fermer cet été si on n’ar­rive pas à surmon­ter nos problèmes, ajoute Olivier Salle­ron. Nous avons embau­ché 48 000 sala­riés depuis un an en France. Va-t-on annu­ler ces recru­te­ments ? On risque de mettre un genou à terre. Il faut pallier cette crise, pouvoir faire appel au chômage partiel, comme au cœur de la crise sani­taire. Nous ne sommes pas des fainéants, ni des mangeurs de subven­tion. On sait juste que le pic de la pénu­rie, c’est pour la fin de l’an­née, pas avant. Donc, on a besoin d’un coup de pouce pour garder toute la produc­tion  ».

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