Régio­nales : Laurent Wauquiez écrase le match

Dans un premier tour marqué par un record historique d’abstention (67,4%), Laurent Wauquiez surclasse tous ses adversaires. A 43,8%, il devance de près de 30 points l’écologiste Fabienne Grébert arrivée deuxième avec 14,4%. Retour perdant pour la socialiste Najat Vallaud-Belkacem. Le RN chute à 12,3% et Bruno Bonnell n’atteint pas 10%.

En décembre 2015, on parlait déjà de record d’abs­ten­tion puisqu’à peine 49% des inscrits avaient voté au 1er tour des régio­nales dans cette nouvelle région Auvergne-Rhône-Alpes. On n’avait encore rien vu puisqu’­hier, moins d’un élec­teur sur trois a accom­pli son devoir élec­to­ral. Encore moins qu’aux muni­ci­pales de l’an dernier dans la région lyon­naise. Chez les plus jeunes, le taux d’abs­ten­tion s’ap­proche même de 90%. Dans certaines communes en proie à une forte préca­rité, l’ab­sen­tion atteint les 80%.

Dans ce contexte parti­cu­lier, Laurent Wauquiez, président LR sortant a écrasé le match avec un reten­tis­sant 43,8%, soit 12 points de plus qu’en 2015. A gauche, c’est EELV qui remporte la primaire face au PS avec Fabienne Grébert qui finit 2e du scru­tin avec 14,4% des voix soit deux fois plus que le score réalisé par son parti en 2015 (6,9%). Autant dire que c’est un retour perdant pour la socia­liste Najat Vallaud-Belka­cem. Le score du PS a été divisé par deux en 5 ans à 11,4%, chemin inverse de celui des écolo­gistes. Quant à la séna­trice PCF, Cécile Cukier­man, qui condui­sait une liste PCF-LFI, elle retrouve son score de 2015 à 5,5%. Ces trois listes de gauche ont annoncé leur fusion, dès ce lundi en début d’après-midi… comme en 2015. Sauf que, cette fois-ci, l’ad­di­tion des trois plafonne autour de 31% contre 36% cinq ans aupa­ra­vant.

La boude­rie du clan Collomb

Les deux autres grands perdants sont la RN et LREM. Comme pour le PS, le score de l’ex­trême droite est divisé par deux à 12,3% (25,5% pour Chris­tophe Boudot en 2015). Quant à LREM et la majo­rité prési­den­tielle dont c’était la 1ère appa­ri­tion à un scru­tin régio­nal, ès qualité, l’échec est cuisant. Bruno Bonnell (9,87%) loupe d’un peu plus de 2 000 voix la barre des 10% qui lui aurait permis de se main­te­nir au 2nd tour. Malgré la venue de nombreux ministres, jusqu’au 1er d’entre eux, jeudi dernier, la mayon­naise n’a pas pris, pas plus que le pari du renou­veau dans les candi­dats.

En refu­sant de prendre des proches de Gérard Collomb sur sa liste, Bruno Bonnell a peut-être payé très cher la boude­rie des fidèles de l’an­cien maire de Lyon. LREM entraîne dans sa chute les quelques conseillers régio­naux MoDem élus avec Laurent Wauquiez en 2015. Déci­dé­ment, l’onde de choc des muni­ci­pales et des métro­po­li­taines se fait encore sentir sur la macro­nie qui enchaîne sur un deuxième échec, même si le score de Bruno Bonnell est plus élevé dans la Métro­pole que sa moyenne régio­nale.

C’est donc, à nouveau, une trian­gu­laire qui sera propo­sée aux élec­teurs d’Au­vergne-Rhône-Alpes pour ce 2nd tour des régio­nales avec un grand favori, Laurent Wauquiez pour la droite LR, face à Fabienne Grébert et la gauche enfin réunie, tandis qu’Andréa Kota­rac pour le RN assu­rera son retour dans l’hé­mi­cycle, cette fois-ci à l’ex­trême droite de l’échiquier. Y aura-t-il un sursaut de la parti­ci­pa­tion dimanche prochain ? Il faut l’es­pé­rer, mais rien n’est certain. En l’ab­sence de risque RN et faute de pouvoir voter pour leur liste, nombre d’élec­teurs de la majo­rité prési­den­tielle pour­raient être tentés par l’abs­ten­tion, à leur tour.

Match Bertrand-Wauquiez avec Barnier en arbitre ?

Quant à Laurent Wauquiez, auteur avec Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France, du meilleur score à droite, il aura son mot à dire dans la dési­gna­tion du candi­dat LR pour la prochaine prési­den­tielle. On sait combien les prési­dents d’Au­vergne-Rhône-Alpes et des Hauts-de-France se détestent cordia­le­ment.

Le 1er n’a pas pardonné au 2nd d’avoir quitté les rangs de LR alors qu’il en était le président. Nul doute qu’il fera tout pour qu’il ne devienne pas le candi­dat soutenu par LR. Le soutien apporté par Michel Barnier à Laurent Wauquiez en fin de semaine dernière, n’a rien d’anec­do­tique de ce point de vue. Surtout quand on se souvient de l’amer­tume de Michel Barnier vis-à-vis d’un Nico­las Sarkozy ayant préféré donner l’in­ves­ti­ture des régio­nales au Maire du Puy plutôt qu’à lui-même en 2015. Entre temps, le Monsieur Brexit de l’Union euro­péenne s’est occupé pendant 5 ans… Il revient dans la poli­tique natio­nale et ne cache pas ses ambi­tions prési­den­tielles. S’il n’est pas en capa­cité de concou­rir en 2022, Laurent Wauquiez préfé­rera, à tout le moins, soute­nir Michel Barnier que Xavier Bertrand. Après avoir assuré brillam­ment la réélec­tion de ses barons régio­naux, la droite va plon­ger, à nouveau, dans l’épi­neux problème de la dési­gna­tion de son candi­dat à la prési­den­tielle.

Remonter