Régio­nales : Laurent Wauquiez haut la main

Avec 55% des voix, Laurent Wauquiez laisse la candidate de gauche loin derrière à 33,6%, tandis que le RN vit son score divisé par deux à 11,1% par rapport à 2015. Le tout avec tout juste 33,3% de votants. Une abstention record.
Photo Susie Waroude

Le président sortant LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes savoure son succès. Deux ans après le cinglant camou­flet des euro­péennes où la liste LR n’at­tei­gnait pas les 9%, Laurent Wauquiez vient de prendre une revanche écla­tante après deux ans de traver­sée du désert et de repli sur ces terres d’Au­vergne-Rhône-Alpes. Au-delà de sa facile réélec­tion, c’est l’am­pleur de sa victoire qui lui tient à cœur, et notam­ment les 2 points de plus qu’il réalise par rapport au président des Hauts-de-France. Car tout le monde a bien compris que, désor­mais, le match entre Laurent Wauquiez et Xavier Bertrand pour la prochaine élec­tion prési­den­tielle est lancé.

Rencontre Wauquiez-Barnier

Alors que Xavier Bertrand a lancé sa campagne dès mars dernier en pleine crise sani­taire, Laurent Wauquiez dit qu’il se donne encore quelques semaines pour réflé­chir et prendre sa déci­sion. Une chose est sûre : il n’est pas ques­tion pour lui de se rallier au président des Hauts-de-France, lui qui a claqué la porte de LR avec perte et fracas quand Laurent Wauquiez en était le président. Le président d’Au­vergne-Rhône-Alpes sait que sa cote de popu­la­rité reste élevée chez les mili­tants du parti. Et, si d’aven­ture, il devait, in fine, se rallier à un autre panache que le sien, nul doute que ce serait plutôt vers Michel Barnier qu’il se tour­ne­rait. La rencontre de fin de campagne entre les deux hommes à la veille du 1er tour n’est pas passée inaperçue.

Quant à ses adver­saires du 2e tour dans la région, ils n’ont pas amélioré leur score du 1er tour. L’éco­lo­giste Fabienne Grébert, qui emme­nait une liste fusion­née avec l’ap­port des listes PS-PRG de Najat Vallaud-Belka­cem et PCF-LFI de Cécile Cukier­man, plafonne à 33,5%, soit l’ad­di­tion des 3 listes de gauche et de celle de LO. Pour le RN, Andréa Kota­rac recule d’un point à 11,1%, soit un score divisé par deux par rapport aux précé­dentes régio­nales de 2015. Avec 136 élus, Laurent Wauquiez dispo­sera d’une très large majo­rité, renfor­cée par rapport à la manda­ture sortante. La gauche comp­tera 51 sièges et le RN, 17.

Les trois listes perdent des voix en 6 ans

Bien sûr, l’abs­ten­tion record reste l’en­sei­gne­ment majeur de ce scru­tin. Comme aux muni­ci­pales de l’an dernier, les deux tiers des élec­teurs ont boudé les urnes. Dans certaines communes (Vaulx-en-Velin entre autres), l’abs­ten­tion dépasse les 80%. Chez les jeunes, elle approche de 90%. Phéno­mène plus qu’inquié­tant et sur lequel la classe poli­tique n’a pas vrai­ment de réponse, scru­tin après scru­tin.

Si l’on analyse les résul­tats de dimanche soir en nombre de voix et non plus en pour­cen­tage, on s’aperçoit que Laurent Wauquiez est réélu triom­pha­le­ment avec 961 000 voix soit 240 000 voix de moins qu’en 2015. La gauche avec 586 000 voix a perdu la moitié de ses suffrages en 6 ans. Et les 195 000 voix du RN ont été divi­sées par plus que 3 par rapport au précé­dent scru­tin régio­nal. Raison de plus pour ne pas écha­fau­der ce que sera la prochaine prési­den­tielle dans moins de dix mois main­te­nant. Même avec une parti­ci­pa­tion affai­blie, elle sera, a minima, deux fois supé­rieure à celle de dimanche dernier. Diffi­cile, donc, de prendre comme réfé­rence ce scru­tin régio­nal.

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