Vinci Airports : « Lyon-Saint Exupéry est le leader écolo­gique des aéro­ports français »

Nicolas Notebaert, le président de Vinci Airports, a présenté hier son plan pour que les aéroports de Lyon compensent 100% de leurs émissions résiduelles de carbone dès 2026. A la clé, le reboisement de 3,6 hectares dans le Beaujolais avec un partenariat englobant l’ONF et le département du Rhône.

« Nous voulons être exem­plaires sur notre péri­mètre et que Lyon-Saint Exupéry soit le leader écolo­gique des aéro­ports français ». Nico­las Note­baert, président de Vinci Airports, résume en quelques mots l’am­bi­tion de son groupe opéra­teur de 45 aéro­ports dans 12 pays, dont ceux de Lyon (Saint-Éxupéry et Bron). Une ambi­tion qu’il a détaillée, ce jeudi à Saint-Éxupéry, en expliquant que la plate­forme aéro­por­tuaire lyon­naise sera « le premier aéro­port d’avia­tion commer­ciale français zéro émis­sion nette dès 2026 ». Soit quatre ans plus tôt que l’en­ga­ge­ment pris par Vinci Airports pour tous ses aéro­ports français. Les mesures déjà enga­gées à tous les niveaux de l’aé­ro­port lyon­nais ont déjà permis de réduire les rejets de CO2, de 8 000 à 3 800 tonnes entre 2018 et 2020 et sans doute autour de 2 200 tonnes en 2023. Restera autour de 500 tonnes d’émis­sions rési­duelles à l’échéance de 2026.

Un puits fores­tier pour 500 tonnes de CO2

Et pour « annu­ler » ces émis­sions, Vinci Airports a mis en place une stra­té­gie de déve­lop­pe­ment fores­tier en parte­na­riat avec l’Of­fice natio­nal des forêts(ONF) et le dépar­te­ment du Rhône qui consiste à restau­rer, reboi­ser et gérer une parcelle de 3,6 hectares dans le Beaujo­lais, dans la forêt dépar­te­men­tale de la Canti­nière. Entre 4 000 et 4 500 arbres seront plan­tés dans les cinq prochaines années, donnant nais­sance au premier puits fores­tier qui séques­trera plus de 500 tonnes de Co2 sur la période de crois­sance des plants. La certi­fi­ca­tion Label Bas Carbone est visée.

D’autres projets simi­laires sont envi­sa­gés dans le cadre d’une conven­tion de cinq ans avec le dépar­te­ment du Rhône. Les compa­gnies aériennes qui le souhaitent pour­ront aussi s’as­so­cier à ce programme de puits fores­tiers ainsi que les entre­prises et les parti­cu­liers utili­sa­teurs de vols inter­na­tio­naux.

Démarche volon­ta­riste

En fait, ces puits fores­tiers ne sont que l’abou­tis­se­ment d’une démarche très volon­ta­riste de Vinci Airports sur la décar­bo­na­tion de l’avia­tion. Comme en témoigne le parc photo­vol­taïque de 14 hectares mis en place par l’aé­ro­port lyon­nais pour produire de l’éner­gie verte et son impli­ca­tion sur l’hy­dro­gène, voire l’ex­pé­ri­men­ta­tion à Cler­mont-Ferrand de biocar­bu­rants durables. Bornes de recharge élec­trique, flotte de véhi­cules propres, réduc­tion par deux de la consom­ma­tion d’eau par passa­ger par rapport à 2018, passage au zéro pesti­cide, mise en place de LEDs pour l’en­semble de l’éclai­rage, opti­mi­sa­tion du temps de roulage des avions, valo­ri­sa­tion des déchets, rien n’est laissé au hasard. Sans oublier les inci­ta­tions en direc­tion des compa­gnies aériennes, sous forme de bonus/malus sur les rede­vances pour qu’elles privi­lé­gient des appa­reils plus économes lorsqu’elles renou­vellent leur flotte. A Lyon, la commis­sion qui fixe le montant des rede­vances se réunit mi-juin, la nouvelle tari­fi­ca­tion pour­rait s’ap­pliquer d’ici à la fin de l’an­née. La modu­la­tion pour­rait jouer sur une four­chette comprise entre 5 et 10%.

80 desti­na­tions depuis Lyon cet été

« Nous avons une ambi­tion très forte pour le terri­toire, ajoute Nico­las Note­baert. Avec notre réseau à la fois profon­dé­ment terri­to­rial et très inter­na­tio­nal, nous avons un impact tangible et immé­diat pour contri­buer à la décar­bo­na­tion de la mobi­lité partout où nous opérons ». Inter­rogé sur le redé­mar­rage du trafic aérien, le patron de Vinci Airports constate qu’à Lyon « nous passons de 35 desti­na­tions desser­vis l’été 2020 à 80 cet été contre 120 à 130 en 2019. Cela repré­sente un beau programme, avec notam­ment la relance d’Emi­rates le 9 juillet au départ de Lyon ». Pour retrou­ver le trafic de 2019, il faudra toute­fois attendre plusieurs années.

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