Hélène Geof­froy : « Refaire du PS une force centrale de la gauche »

La maire de Vaulx-en-Velin, ancienne secrétaire d’Etat à la Ville entre 2016 et 2017, affronte Olivier Faure pour prendre la tête du PS lors du prochain congrès du parti les 18 et 19 septembre prochain à Villeurbanne. Avec un objectif clair : remettre le PS au centre du jeu.

Dans quel état d’es­prit vous trou­vez-vous à l’ap­proche de l’élec­tion du premier secré­taire du PS à Villeur­banne ?

Nous sommes, avec l’équipe qui m’ac­com­pagne sur cette campagne, dans un état d’es­prit très posi­tif. J’ai entamé cet été un tour de France pour aller à la rencontre des mili­tants et des diffé­rentes fédé­ra­tions. C’est une très belle occa­sion de débattre qui s’ouvre avec ce congrès, un débat dont on a été privé depuis long­temps au sein du parti.

Pourquoi avoir choisi d’af­fron­ter le premier secré­taire sortant Olivier Faure, en poste depuis trois ans. Que lui repro­chez-vous ?

C’est un débat sur le fond qu’on engage. Mon projet est en oppo­si­tion forte contre la stra­té­gie d’ef­fa­ce­ment que porte le premier secré­taire et la direc­tion natio­nale actuelle. Aux élec­tions euro­péennes en 2019, nous avions préféré avoir une tête de liste qui n’était pas socia­liste (Raphaël Glucks­mann, ndlr). Ces derniers mois, Olivier Faure a passé toute la période de prépa­ra­tion des régio­nales et dépar­te­men­tales à discu­ter avec les appa­reils des autres familles poli­tiques, notam­ment les écolo­gistes. Comme si nous avions peur d’être nous-mêmes, de dire qui nous sommes. C’est là-dessus que nous sommes en désac­cord, je porte au contraire un vrai projet d’af­fir­ma­tion pour le parti.

« Depuis trois ans, nous n’avons aucune idée nouvelle ou pers­pec­tive »

Vous comp­tez donc remettre le PS au centre du jeu poli­tique ?

Pour beau­coup d’ob­ser­va­teurs, le PS s’ins­crit désor­mais dans le passé de notre histoire poli­tique. Mais je mesure au contact de celles et ceux qui sont mili­tants, enga­gés, qu’il y a toujours cette envie, cette convic­tion d’être utile. Nous sommes un parti qui a voca­tion à gérer, aussi bien à l’échelle locale qu’à l’échelle natio­nale. À nous de l’as­su­mer. Nous devons refaire du PS une force centrale de la gauche. C’est ce que j’ex­pose aux mili­tants et ce projet rencontre une très grande adhé­sion. Ce congrès permet­tra de défi­nir une ligne, une orien­ta­tion pour le parti. Et celles-ci nous donne­ront une pers­pec­tive pour reve­nir devant les Français. L’objec­tif, ce n’est pas d’exis­ter pour nous-mêmes, mais de porter un projet pour tout le pays. 

Que manque-t-il aujourd’­hui au parti pour reve­nir au pouvoir ?

Lorsque nous avions perdu les légis­la­tives de 1993, de nombreuses conven­tions avaient été orga­ni­sées pour faire un état géné­ral de la situa­tion et retra­vailler sur l’ap­pa­reil idéo­lo­gique du parti. Tout cela nous avait permis d’être de nouveau aux respon­sa­bi­li­tés en 1997 parce que nous avions quelque chose à propo­ser. Or, depuis trois ans, nous n’avons aucune idée nouvelle ou pers­pec­tive. Je veux donc remettre le parti au travail, redon­ner la parole aux mili­tants. L’objec­tif de ce congrès, c’est de savoir comment on remet le parti en route et comment on le réins­crit à terme comme une force centrale de la gauche. Il faut d’abord dire qui nous sommes pour comprendre sur quels points nous nous retrou­vons avec d’autres forces de gauche et pouvoir ensuite réali­ser cette union de la gauche qu’O­li­vier Faure met au préa­lable de tout. Mais tout cela se fait par étape.

« Anne Hidalgo ne doit pas être un enjeu du congrès »

Vous dénon­ciez derniè­re­ment des « manoeuvres dila­toires » d’Oli­vier Faure, qui tente selon vous de lier l’ave­nir du parti et la dési­gna­tion d’Anne Hidalgo comme candi­date socia­liste pour la prési­den­tiel­le…

Je pense qu’O­li­vier Faure essaie d’ins­tru­men­ta­li­ser la candi­da­ture d’Anne Hidalgo. Je l’ai déjà dit, c’est une bonne candi­date, mais le sujet aujourd’­hui, c’est celui du congrès. Le sujet de la prési­den­tielle et de la candi­da­ture arri­vera plus tard. Anne Hidalgo ne doit pas être un enjeu du congrès. Il faut d’abord réflé­chir à l’ave­nir du parti, nous posi­tion­ner sur les ques­tions d’éco­lo­gie, d’édu­ca­tion, de sécu­rité, d’éco­no­mie, de démo­cra­tie… En liant sa candi­da­ture à la dési­gna­tion d’Anne Hidalgo pour la prési­den­tielle, Olivier Faure tente une manoeuvre dila­toire pour ne pas répondre sur son bilan.

On vous a vu en juillet dernier à Villeur­banne lors du grand rassem­ble­ment socia­liste autour d’Anne Hidalgo. Quelle est votre posi­tion pour 2022 ?

Ce que j’af­firme depuis que j’ai déposé mon texte pour prendre la direc­tion du parti, c’est qu’il y aura un (ou une) candi­dat(e) socia­liste à la prési­den­tielle. Et ce candi­dat sera dési­gné par les mili­tants, non pas par je ne sais quel obscur comité des sages. Si je suis premier secré­taire, je mettrais tout en oeuvre pour dési­gner ce candi­dat dans les meilleures condi­tions possibles. Anne Hidalgo est une bonne candi­date, mais il faut diffé­ren­cier les temps. Il nous faut d’abord dire qui nous sommes et ce que nous voulons pour le PS. Le temps de la prési­den­tielle arri­vera après, c’est pour cela que je ne veux pas que les sujets soient confon­dus entre la prési­den­tielle et le congrès.

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