Boeh­rin­ger Ingel­heim : un nouvel inves­tis­se­ment de 100 millions d’eu­ros à Jonage

Boehringer Ingelheim a présenté vendredi un investissement supplémentaire de 100 millions d’euros dans sa future usine biotechnologique de vaccins vétérinaires de Jonage. Une annonce officialisée lors de la visite d’Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l'Industrie, sur le chantier du site industriel de l’Est lyonnais.

Le groupe alle­mand Boeh­rin­ger Ingel­heim, leader mondial de la santé publique vété­ri­naire, va injec­ter 100 millions d’eu­ros supplé­men­taires dans son futur centre de produc­tion de vaccins vété­ri­naires à Jonage. L’en­tre­prise avait annoncé en juillet 2018 un inves­tis­se­ment initial de 200 millions d’eu­ros pour implan­ter son nouveau site au coeur de l’éco­sys­tème lyon­nais des vaccins et sciences de la vie. 

« Avec ce nouvel inves­tis­se­ment signi­fi­ca­tif, nous pour­rons anti­ci­per encore plus effi­ca­ce­ment les futures épidé­mies, en déve­lop­pant notam­ment des tech­niques combi­nant intel­li­gence humaine et intel­li­gence arti­fi­cielle, précise Erick Lelouche, président de Boeh­rin­ger Ingel­heim France. Il sera possible d’ana­ly­ser les évolu­tions des risques sani­taires en s’ap­puyant sur un réseau mondial de surveillance des mala­dies émer­gentes. »

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600 millions de doses par an

Le futur site de Jonage, dont la mise en service est program­mée pour début 2023, augmen­tera signi­fi­ca­ti­ve­ment les capa­ci­tés de produc­tion de vaccins contre certaines mala­dies animales haute­ment conta­gieuses comme la fièvre aphteuse et la fièvre catar­rhale ovine. « L’in­ves­tis­se­ment addi­tion­nel de 100 millions d’eu­ros vise à adap­ter les futures lignes de produc­tion à d’autres mala­dies, notam­ment pour des vaccins porcins et aviaires », prolonge Erick Lelouche. Au total, 600 millions de doses de vaccins seront produites chaque année sur le site où travaille­ront chaque jour une centaine de colla­bo­ra­teurs.

« Cet inves­tis­se­ment marquant permet­tra de renfor­cer les capa­ci­tés françaises de biopro­duc­tion et de réponse aux mala­dies infec­tieuses en santé animale. Cela s’ins­crit parfai­te­ment dans les prio­ri­tés du gouver­ne­ment en matière d’in­dus­trie de santé, confesse la ministre Agnès Pannier-Runa­cher. Il est temps de recons­truire cette indus­trie de santé. La France est tombée à la quatrième ou cinquième place des fabri­cants euro­péens de produits de santé, il est néces­saire de retrou­ver notre puis­sance perdue en matière sani­taire. »

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Parte­na­riat avec l’Al­le­magne

Avec ce nouveau site de 15 000 m2 sur 4 hectares, le groupe alle­mand, présent à Gerland et Saint-Priest en R&D et sur le plan indus­triel, renforce sa présence dans l’ag­glo­mé­ra­tion lyon­naise. « Ces inves­tis­se­ments sont le fruit du parte­na­riat fruc­tueux avec l’Al­le­magne sur les ques­tions de santé. Nous avons de nombreux points communs avec nos parte­naires euro­péens et il est fonda­men­tal de faire masse, d’avoir cette vision euro­péenne dans cette compé­ti­tion mondiale », souligne Agnès Pannier-Runa­cher. 

La ministre et le président de Boeh­rin­ger Ingel­heim France ont rappelé par ailleurs leurs efforts pour tendre vers l’ap­proche « One Health » qui lie santé humaine et animale. Erick Lelouche avait notam­ment parti­cipé en février dernier à une réunion avec Emma­nuel Macron quant à la capa­cité d’une usine de produc­­tion de vaccins vété­­ri­­naires à fabriquer des vaccins humains en sous-trai­tance. Une hypo­thèse fina­le­ment aban­don­née, en raison d’obs­tacles indus­triels et régle­men­taires trop impor­tants.

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