SEB : Stanis­las de Gramont aux manettes le 1er juillet 2022

Comme prévu, SEB va dissocier les fonctions de président et de directeur général du groupe. Le 1er juillet prochain, Thierry de La Tour d’Artaise restera président, tandis que Stanislas de Gramont prendra la direction générale du groupe qu’il a rejoint en 2018, après avoir fait l’essentiel de sa carrière chez Danone.

C’est une page de l’his­toire du groupe SEB qui va se tour­ner au début de l’été, lorsque Thierry de La Tour d’Ar­taise quit­tera offi­ciel­le­ment la direc­tion géné­rale de leader mondial du petit équi­pe­ment domes­tique. A 67 ans, dont 28 passés dans le groupe fami­lial (sa femme est une descen­dante de la famille fonda­trice, les Lescure), l’ac­tuel PDG ne gardera plus que la fonc­tion de président, lais­sant à l’ac­tuel direc­teur géné­ral délé­gué, Stanis­las de Gramont (photo), la direc­tion opéra­tion­nelle du groupe, en tant que direc­teur géné­ral. Pour la première fois dans l’his­toire du groupe, ce ne sera plus un membre de la famille proprié­taire du groupe qui sera aux manettes.

Une évolu­tion de la gouver­nance dont le prin­cipe avait été acté voici plusieurs années et que Thierry de La Tour d’Ar­taise avait confirmé dans le Grand Entre­tien qu’il avait accordé à Lyon Déci­deurs début septembre 2021. Restait à savoir quand cette disso­cia­tion des fonc­tions devien­drait effec­tive. « Avant la fin de mon mandat en 2024 », indiquait alors le PDG de Seb. Ce sera donc le 1er juillet prochain. Une passa­tion de témoin longue­ment et mure­ment réflé­chie. Imagi­née un temps par certains obser­va­teurs avec Bertrand Neusch­wan­der, le prédé­ces­seur de Stanis­las de Gramont, elle s’ef­fec­tuera donc avec ce dernier. Arrivé dans le groupe en 2018, diplômé de l’ESSEC, Stanis­las de Gramont a effec­tué l’es­sen­tiel de sa carrière au sein du groupe Danone de 1992 à 2014 avec plusieurs fonc­tions de direc­tion géné­rale en France et à l’in­ter­na­tio­nal, notam­ment de Danone Produits Frais. Avant Danone, il avait commencé chez Pernod-Ricard Oran­gina, retrou­vant la marque à la petite bouteille ronde de 2014 à 2018. Au sein du groupe SEB, Stanis­las de Gramont est en charge des fonc­tions commer­ciales et marke­ting, mais aussi du digi­tal, sur lequel le groupe lyon­nais s’est beau­coup déve­loppé ces dernières années.

Acti­vité multi­pliée par 4 en 22 ans

Même s’il ne quitte pas SEB, c’est une étape impor­tante pour Thierry de La Tour d’Ar­taise que de lais­ser la direc­tion opéra­tion­nelle d’un groupe qui a connu un déve­lop­pe­ment impres­sion­nant sous son règne. Arrivé en 1994, via la direc­tion de Calor avant de rejoindre l’état major du groupe et de deve­nir PDG en 2000 à la suite de Jacques Gairard, l’an­cien audi­teur puis patron de la filiale croi­sières (Paquet) du groupe Char­geurs, aura complè­te­ment méta­mor­phosé le groupe fami­lia. Le groupe a conservé une dizaine de sites de produc­tion en France où il emploie plus de 6 000 sala­riés (sur 35 000 dans le monde) dont la majo­rité se trouve en Bour­gogne (son berceau histo­rique) et en Auvergne-Rhône-Alpes (Ecully pour son siège mondial, Rumilly et Pont-Évêque). En 22 ans, SEB a vu son chiffre d’af­faires être plus que multi­plié par 4, fran­chis­sant les 8 milliards d’eu­ros fin 2021, tandis que le résul­tat opéra­tion­nel était multi­plié par 6. Sous sa houlette, SEB a procédé à une ving­taine d’ac­qui­si­tions dont Mouli­nex en 2001, Supor en Chine et WMF en Alle­magne, plus récem­ment, dans les machines à café profes­sion­nelles. « J’ai encore beau­coup d’idées pour l’ave­nir et beau­coup de choses à faire pour le Groupe », décla­rait début septembre celui qui est surnommé « TTA » en interne. Nul doute qu’il restera un président actif aux côtés de Stanis­las de Gramont à partir du 1er juillet prochain.

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