Sophie Desor­mière : Une pilote pour faire accé­lé­rer Navya

À la tête de Navya depuis janvier, Sophie Desormière est la quatrième patronne de l’entreprise lyonnaise en huit ans. Auréolée d’une solide expérience industrielle et internationale, elle affiche de grandes ambitions pour le constructeur de navettes autonomes. À la clé, une importante levée de fonds à venir.

Être la quatrième personne à prendre les manettes de Navya en huit ans à peine ne lui fait pas peur. Elle a suffi­sam­ment bour­lin­gué, 30 ans dans l’in­dus­trie (Valéo et Solvay) et dans la banque (France et Tuni­sie), mais aussi dans un fonds d’in­ves­tis­se­ment tourné sur les mobi­li­tés, pour ne pas s’inquié­ter de la valse des patrons à la tête du construc­teur lyon­nais de navettes auto­nomes. « C’est une pépite tech­no­lo­gique française autour d’une très belle idée, explique Sophie Desor­mière. Comme souvent dans les start-up, il y a eu un fonda­teur très orienté sur l’in­no­va­tion. Après, il y a une deuxième séquence de ferti­li­sa­tion qui précède la phase d’in­dus­tria­li­sa­tion avec d’autres diri­geants. Navya a fait sa mue. Main­te­nant, c’est l’ac­cé­lé­ra­tion, la crois­sance. »

Et de par son expé­rience des grands groupes et de diffé­rentes fonc­tions, Sophie Desor­mière consi­dère juste­ment être armée pour accom­pa­gner les déve­lop­pe­ments à venir de l’en­tre­prise lyon­naise, elle-même filiale de Valéo et Kéolis. La feuille de route de Navya est promet­teuse.
« Avec 200 navettes dans 25 pays, nous devons encore élar­gir notre base expé­ri­men­tale, précise Sophie Desor­mière. Cela nous permet de récu­pé­rer des données. Et d’ap­por­ter une solu­tion pour la ville de demain en répon­dant à une demande de trans­port auto­nome, partagé, connecté, propre. » La patronne de Navya détaille tous les débou­chés pour les navettes « Auto­nom Shut­tle » et les systèmes « Auto­nom tract » pour le trans­port de biens à l’échelle mondiale : centres logis­tiques, aéro­ports, grands sites indus­triels, ports, campus univer­si­taires, hôpi­taux… Des navettes qui vont encore évoluer et qui fonc­tion­ne­ront demain par super­vi­sion sans opéra­teur de sécu­rité à bord.

Autour de 100 millions d’eu­ros à lever


Bien sûr, « une accé­lé­ra­tion, ça se finance », ajoute Sophie Desor­mière qui travaille aussi d’ar­rache-pied à une impor­tante levée de fonds, sans doute de l’ordre d’une centaine de millions d’eu­ros, même si elle ne donne aucun montant. Là encore, son expé­rience profes­sion­nelle précé­dente de trois ans dans un fonds d’in­ves­tis­se­ment sur les mobi­li­tés (très orienté sur l’hy­dro­gène) sera utile. Les subsides de France 2030 devraient être solli­ci­tés. D’au­tant que le nouveau secré­taire géné­ral pour l’in­ves­tis­se­ment, Bruno Bonnell, connaît bien l’his­toire de Navya, fondée par son ami Chris­tophe Sapet, avec qui il a créé Info­grames, voici 39 ans. « À Vénis­sieux, une équipe de 12 opéra­teurs construit une navette de A à Z. Nous sommes face à des chal­lenges majeurs et nous avons la chance d’avoir une équipe de talents avec des quali­tés énormes et un niveau d’ex­per­tise impres­sion­nant », pour­suit Sophie Desor­mière.

Première société à avoir mis en service des solu­tions de mobi­lité auto­nome dès 2015, Navya emploie 300 colla­bo­ra­teurs en France (Lyon, Villeur­banne et Paris), dans le Michi­gan et à Singa­pour. Plus que jamais, Navya se fixe pour objec­tif de deve­nir un réfé­rent des systèmes de mobi­lité auto­nome pour le trans­port de passa­gers et de biens. En passion­née d’équi­ta­tion et de saut d’obs­tacles, Sophie Desor­mière rappelle qu’elle a bien repéré le parcours avant de se lancer dans la compé­ti­tion des navettes auto­nomes. Elle se prépare à fran­chir les obstacles. Un à un. Et le plus vite possible.
Jean-Pierre Vacher

Remonter