La Vie Claire : quatre prési­dents en seize mois

Brigitte Brunel-Marmone, Frédéric Guyot, Guillaume Despierres et, depuis lundi, Christelle Le Hir, l’ancienne dirigeante de la branche épicerie de Grand Frais. Depuis décembre 2020, La Vie Claire aura vu passer quatre présidents. Régis Pelen, propriétaire de l’enseigne de magasins bio, n’est pas satisfait des résultats 2021 en recul.

La valse des prési­dents conti­nue chez La Vie Claire qui change, une fois encore, de président de direc­toire. Autant dire qu’en l’es­pace de 16 mois, ce ne sont pas moins de quatre patrons opéra­tion­nels qui auront dirigé l’en­seigne de maga­sins bio. Après plus de vingt ans de bons et loyaux services, Brigitte Brunel-Marmone, tire sa révé­rence fin décembre 2020, restant toute­fois au Conseil de surveillance de La Vie Claire, présidé par son action­naire prin­ci­pal, Régis Pelen. Aux manettes les premiers jours de janvier 2021, Frédé­ric Guyot (ex diri­geant d’In Vivo, regrou­pe­ment de Gamm Vert, Delbard et Jardi­land), arrivé en septembre 2020 dans l’en­tre­prise, ne tien­dra qu’un semestre comme président du direc­toire avant d’être remer­cié juste avant le 14 juillet.

Douze ans chez Grand Frais

 Son succes­seur, Guillaume Despierres, jusqu’a­lors direc­teur des opéra­tions est mis sur la touche, à son tour, le mois dernier, au bout de 9 mois de prési­dence du direc­toire par un Régis Pelen visi­ble­ment inquiet de résul­tats en recul de l’en­tre­prise en 2021 et d’un manque de réac­ti­vité de son équipe de direc­tion face à la baisse du marché des produits bio. Une situa­tion suffi­sam­ment critique aux yeux du proprié­taire de La Vie Claire pour justi­fier d’un nouveau chan­ge­ment. Sur ces nomi­na­tions succes­sives, Régis Pelen se contente de décla­rer : « Cela fait partie de la vie des entre­prises. Nous condui­sons cette réor­ga­ni­sa­tion sans bruit. C’est tout le secteur bio qui est compliqué en ce moment ». Régis Pelen est allé cher­cher la patronne de la branche épice­rie de Grand Frais, Chris­telle Le Hir (photo), pour redres­ser la barre. A 46 ans et diplô­mée de l’Ed­hec busi­ness school, la nouvelle prési­dente du direc­toire de La Vie Claire, qui a pris ses fonc­tions lundi, est passée par Monde­lez Inter­na­tio­nal et le bras­seur Anheu­ser – Busch Inbev, avant de passer 12 ans chez Grand Frais, de 2009 à 2021. Plus d’une décen­nie au cours de laquelle, l’épi­ce­rie de Grand Frais a vu son chiffre d’af­faires être multi­plié par six à 500 millions d’eu­ros avec 1 500 sala­riés, tandis que le nombre des maga­sins passait de 85 à 250. Le chiffre d’af­faires de La Vie Claire a chuté d’un peu plus de 7% l’an dernier, selon Régis Pelen, à 355 millions d’eu­ros, après avoir bondi de 16% en 2020 à 385 millions d’eu­ros. Guillaume Despierres conti­nue de mener à bien le chan­tier de la mise en place de l’en­tre­pôt logis­tique de La Vie Claire à Grigny, mais ne fait plus partie des effec­tifs de l’en­tre­prise.

Forte pres­sion

Déte­nue par la famille Pelen depuis une ving­taine d’an­nées à 82% (16% pour la direc­tion et les colla­bo­ra­teurs et 2% pour le Fonds de dota­tion La Vie Claire Eric Pelen), La Vie Claire a été reprise par Distri­borg en 1996, alors contrôlé par Régis Pelen. Lorsque ce dernier cède Distri­borg à Wessa­nen en 2000, il garde avec sa famille la haute main sur La Vie Claire qu’il relance et redé­ploye autour d’un binôme consti­tué de Brigitte Brunel-Marmone et Benoît Soury. Régis Pelen se sépare Benoît Soury en 2018, que l’on retrouve chez Carre­four quelques mois plus tard. Alexandre Bompard confie alors à Benoît Soury la respon­sa­bi­lité du bio pour l’en­semble du groupe avec plusieurs acqui­si­tions à la clé. Fin 2020, c’est Brigitte Brunel-Marmone qui part à la retraite. Après Frédé­ric Guyot puis Guillaume Despierres, c’est donc Chris­telle Le Hir qui est appe­lée à la barre de La Vie Claire. Réus­sira-t-elle là où ses deux prédé­ces­seurs immé­diats n’ont pas obtenu les résul­tats escomp­tés par Régis Pelen. Réponse dans quelques mois.

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