Réac­tions – Prési­den­tielle: la gauche appelle à faire barrage à Marine Le Pen

Soulagement chez les soutiens du Président sortant. Les élus de gauche attendent des gestes d’Emmanuel Macron après les appels de leurs candidats à voter pour ce dernier. Chez LR, l’appel de Valérie Pécresse ne fait pas l’unanimité. Le RN croit en la victoire de Marine Le Pen.

Les prin­ci­paux respon­sables poli­tiques sont passés, comme le veut la tradi­tion, à la préfec­ture dans la soirée. Côté écolo­gistes, le président de la Métro­pole Bruno Bernard (photo) a clai­re­ment indiqué : « sans convic­tion mais sans hési­ta­tion, je vote­rai Emma­nuel Macron. Nous espé­rions beau­coup plus pour Yannick Jadot. Nous tire­rons tous les ensei­gne­ments dans les jours qui viennent. Nous n’étions pas suffi­sam­ment prêts pour une campagne prési­den­tielle. Nous devons réflé­chir à la suite, notam­ment à des alliances pour les élec­tions légis­la­tives sur le modèle de ce que nous avons construit aux muni­ci­pales et métro­po­li­taines ». Un coup de griffe, au passage, aux insti­tuts de sondages qui « se sont une fois de plus trom­pés ». Même tona­lité pour Grégory Doucet, le maire de Lyon, qui ne se contente pas d’an­non­cer qu’il votera Emma­nuel Macron, mais attend du Président de la répu­blique sortant, « des gestes forts sur la réforme des retraites qu’il a annoncé ou sur la ques­tion écolo­gique où son bilan est très déce­vant. A Lyon, notre majo­rité obtient un bon résul­tat par rapport à Emma­nuel Macron ».

Des maires PS appellent à une refon­da­tion de la gauche

Aucune hési­ta­tion, non plus du côté de Cédric Van Styven­dael, le maire PS de Villeur­banne, pour le vote du 2nd tour, mais surtout la volonté de « refon­der la gauche. Il est hors de ques­tion, qu’à nouveau en 2027, pour la 3e fois de suite, nous ne soyons pas au 2nd tour. Nous avions une gauche épar­pillée façon puzzle. On voit le résul­tat. Dès ce soir, avec plusieurs maires de grandes villes de France, nous appe­lons à une refon­da­tion de la gauche ».

Côté Eric Zemmour, l’avo­cat Eric Pellet (ancien RPR de l’époque Michel Noir) ne cache pas sa décep­tion. « Bien sûr, nous sommes déçus. Mais faire ce que nous avons fait en quelques mois, ce n’est déjà pas si mal, même si avec l’af­fluence dans nos meetings, nous espé­rions beau­coup mieux ». Peu de soutiens de Marine Le Pen en préfec­ture, hier soir, hormis Michèle Morel, histo­rique du FN, passée un temps chez Bruno Mégret avant de reve­nir au RN. Elle se dit persua­dée que « la victoire est possible. Notre car aux couleurs de Marine va conti­nuer de sillon­ner le pays et la région lyon­naise ».

Les repré­sen­tants locaux de Jean-Luc Mélen­chon ne sont pas légion en préfec­ture. Ils scrutent atten­ti­ve­ment les excel­lents scores du candi­dat de l’Union popu­laire à Lyon et dans la Métro­pole, en tête dans la plupart des communes de l’Est lyon­nais (+ de 50% à Vaulx-en-Velin, 37,8% à Villeur­banne et 29% à Décines, entre autres). De quoi regret­ter d’échouer si près de la quali­fi­ca­tion pour le 2nd tour.

Dans le camp macro­nien, les dépu­tés LREM (Thomas Rudi­goz, Anne Brugnera) et MoDem (Cyrille Isaac-Sibille) ne cachent pas leur soula­ge­ment, tout en préci­sant que rien n’est fait. « Rien n’est joué, déclare Véro­nique Trillet-Lenoir, dépu­tée euro­péenne. Mais nous nous réjouis­sons que le Président de la Répu­blique soit en tête. Son bilan a été reconnu. La vision euro­péenne d’Em­ma­nuel Macron doit faire la diffé­rence le 24 avril prochain. Lors du dernier vote du parle­ment euro­péen, les dépu­tés RN n’ont même pas eu le courage de venir en séance quand nous avons voté les sanc­tions contre la Russie ». Pour Anne Brugnera, il va « falloir beau­coup expliquer et convaincre durant l’entre-deux-tours. Tout n’a pas été suffi­sam­ment exposé. Mais nous avons encore des projets sur lesquels nous avons plan­ché, en réserve ». Cyrille Isaac-Sibille est persuadé qu’ « Emma­nuel Macron va encore nous surprendre dans les prochains jours dans ses initia­tives pour rassem­bler ».

Pour ce qui est de LR, Alexandre Vincen­det, plus qu’en déli­ca­tesse avec Laurent Wauquiez et son parti, a prévenu : « On ne tran­sige pas sur la ques­tion du 2nd tour. Tout ce que repré­sente Marie Le Pen est à l’op­posé de mon enga­ge­ment poli­tique depuis toujours. J’at­tends de LR une posi­tion sans équi­voque, appe­lant à voter pour Emma­nuel Macron dès ce lundi. Faute de quoi, je ne me recon­naî­trai plus dans ce parti ». Une façon de prépa­rer son atter­ris­sage en douceur dans une nouvelle majo­rité prési­den­tielle dans l’hy­po­thèse d’une réélec­tion du Président sortant ? Sans aucun doute, même si les macro­nistes lyon­nais de la 1ère heure sont plus que réser­vés quant à un tel recy­clage.

Béatrice de Montille, élue LR du 3e arron­dis­se­ment et candi­date LR dans la 3e circons­crip­tion du Rhône, de son côté, ne sait pas encore ce qu’elle votera le 24 avril : « Lais­sez-moi le temps de réflé­chir ».

« Rassem­bler l’en­semble de nos conci­toyens »

Enfin, l’an­cien maire et président de la Métro­pole de Lyon, Gérard Collomb a trans­mis sa réac­tion sur le coup de 21 h 45. Très discret tout au long de cette campagne, lui qui fut de la garde rappro­chée d’Em­ma­nuel Macron dans la conquête de 2017, il prend, presque pour la 1ère fois la parole en 2022, seule­ment au soir du 1er tour. Un commu­niqué de 8 lignes pour expliquer que « les résul­tats de ce soir devraient permettre au président de la Répu­blique de l’em­por­ter au second tour. Mais la quali­fi­ca­tion de Marine Le Pen et le score impor­tant réalisé par Jean-Luc Mélen­chon soulignent combien sont impor­tantes les frac­tures qui parcourent la société française. Au cours des deux prochaines semaines, pour l’em­por­ter et l’em­por­ter nette­ment, il faudra savoir redon­ner à nos conci­toyens cette espé­rance qu’a­vaient susci­tée dans le pays la candi­da­ture et la victoire d’Em­ma­nuel Macron. Il faudra, pour rele­ver les défis qui sont ceux de notre société, que soit affir­mée une volonté de rassem­bler l’en­semble de nos conci­toyens »

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