Réac­tions-Prési­den­tielle 2022 : soula­ge­ment et légis­la­tives en ligne de mire

Soulagement dans le camp du vainqueur et des partis de gauche. Une autre bataille commence que tous abordent l’arme au pied : les législatives des 12 et 19 juin. Les appels à l’union à gauche se multiplient, tout comme à l’extrême droite. Tandis que les élus sortants veulent redonner une majorité au président réélu.

« Il faut entendre ce que disent les citoyens, réagit Fouzyia Bouzerda, respon­sable du MoDem à Lyon et ex-prési­dente du Sytral. Il faut que tout le monde se sente repré­senté à l’As­sem­blée natio­nale, c’est indis­pen­sable. Je suis favo­rable à la propor­tion­nelle inté­grale ou, au moins, une bonne dose de propor­tion­nelle. Urgence insti­tu­tion­nelle, urgence clima­tique, urgence sociale aussi. Il que les citoyens puissent se dire que voter, ça sert à quelque chose ». Dans le camp du vainqueur, David Kimel­feld, l’an­cien président de la Métro­pole de Lyon, se dit « soulagé que l’ex­trême droite ait été battue. Je salue ceux qui ont voté pour Emma­nuel Macron au 2nd tour après avoir voté à gauche au 1er tour. Ils attendent une plus grande atten­tion sur le social et l’éco­lo­gie. Moi-même, je m’ins­cris dans l’idée d’un grand rassem­ble­ment le plus large possible de progres­sistes et je soutien­drai des candi­dats qui incarnent une sensi­bi­lité social-démo­crate ». A Lyon, il soutien­dra acti­ve­ment Thomas Rudi­goz et Anne Brugnera, les deux dépu­tés LREM sortants.

Inter­ro­ga­tions autour de l’an­nonce de Taha Bouafs

Soula­ge­ment à gauche aussi de ce résul­tat, tant chez Bruno Bernard, président EELV de la Métro­pole de Lyon, que chez Grégory Doucet, le maire écolo­giste de Lyon. Ce dernier se réjouit que les insti­tu­tions soient sauve­gar­dées mais constate la très forte progres­sion de l’ex­trême droite. « La promesse de la conte­nir n’a pas été tenue, ajoute Grégory Doucet. Il n’y a donc pas de raison de se réjouir. Rendez-vous est pris pour le 3ème tour. A nous de construire autre chose dans l’al­liance des mouve­ments de l’éco­lo­gie et de la gauche sur la base du leader­ship de Jean-Luc Mélen­chon ». Et d’en appe­ler à un « rassem­ble­ment pluriel pour impo­ser une coha­bi­ta­tion au président Macron ». Même tona­lité du côté de Bruno Bernard (en photo avec Yannick Jadot) qui attend des actes concrets du président de la répu­blique réélu, « pour la prise en compte de l’ur­gence écolo­gique, tant sur la réno­va­tion éner­gé­tique que sur la décar­bo­na­tion de l’in­dus­trie, entre autres ».

Sur l’union des gauches, l’an­nonce d’une possible inves­ti­ture LFI dans la 14ème circons­crip­tion (Vénis­sieux) pour Taha Bouafs, le jour­na­liste-mili­tant franco algé­rien pour le moins clivant, voire sulfu­reux pour certains, crée un certain malaise. « Le leader­ship de Jean-Luc Mélen­chon n’est pas contes­table, mais il ne peut pas parler d’union et balan­cer des inves­ti­tures alors qu’au­cun accord n’est encore signé », rétorque un notable de gauche. Renaud Payre, vice-président à la Métro­pole, un temps soutien de la candi­da­ture Taubira, se dit soulagé égale­ment que « les Français résistent à la forte pous­sée de l’ex­trême droite. Ce quinquen­nat a trop lassé les Français. Mais l’aver­tis­se­ment vaut aussi pour la gauche. Il faut main­te­nant un accord et la plus large union à gauche autour d’un vrai pacte. Il faut savoir dépas­ser les mésen­tentes pour propo­ser un vrai chan­ge­ment de société ».

Hubert Julien-Lafer­rière, député écolo­giste sortant (élu en 2017 sous l’étiquette LREM) « salue la mobi­li­sa­tion des Français qui ont dit non à l’ex­trême droite. Le président sortant obtient un score en trompe l’œil. Le pays est plus frac­turé qu’il y a 5 ans. Il faut savoir regar­der ces frac­tures et se montrer à la hauteur ». Le parle­men­taire écolo­giste en appelle aussi au rassem­ble­ment pour les légis­la­tives de juin, y compris en asso­ciant le PS. « Il n’y a pas que le résul­tat du 1er tour de la prési­den­tielle qui compte ».

Bloc contre bloc

Rassem­ble­ment à l’ex­trême droite aussi. Pour Michèle Morel du RN, « ce serait intel­li­gent et normal. Les mili­tants d’Eric Zemmour nous ont proposé leurs services durant l’entre-deux-tours. Entre souve­rai­nistes, on doit trou­ver un accord, sans ambi­guïté », estime l’élue régio­nale RN qui devrait concou­rir dans la 6e circons­crip­tion à Villeur­banne. Eric Pellet, soutien d’Eric Zemmour, résume ce 2nd tour de la prési­den­tielle à un « TSM : Tout sauf Macron face à un Tout sauf Marine. La frac­ture n’est pas prête de se réduire. Il devrait y avoir un rendez-vous entre Marine Le Pen et Eric Zemmour dans les 48 heures qui viennent pour bâtir un bloc patrio­tique face au bloc de l’Union popu­laire. Cela peut se faire en 8 jours ». A côté, le coor­di­na­teur de la campagne d’Eric Zemmour à Lyon prévient que Reconquête peut lancer, du jour au lende­main, 577 candi­dats pour les légis­la­tives. Les légis­la­tives, c’est bien vers le rendez-vous de juin que toutes les éner­gies sont d’ores et déjà tendues. « Une autre bataille commence dès main­te­nant », insiste Cédric Van Styven­dael, le maire PS de Villeur­banne qui en appelle à l’union. Une union qui ne sera pas simple à réali­ser à gauche dans sa ville : les candi­dats LFI et PS sont dans les star­ting blocks. L’un d’eux devra-t-il se reti­rer ? Anne Brugnera, dépu­tée LREM de la 4e circons­crip­tion du Rhône (3e et 6e arron­dis­se­ments) avoue que « la fête sera de courte durée. On est content du score d’Em­ma­nuel Macron. Main­te­nant, on enchaine avec les légis­la­tives et on sait que le prochain quinquen­nat sera encore plus diffi­cile ».

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