Chris­tiane Cons­tant (PS) : « Il faut regar­der notre réalité en face »

La 1e secrétaire fédérale du PS dans le Rhône revient sur la situation critique du parti à Lyon et fustige les candidats dissidents à l’alliance formée avec Jean-Luc Mélenchon. Elle entend désormais s’appuyer sur cette union de la gauche, attendue depuis longtemps, pour enfin sortir la tête de l’eau.

Avec le score déri­soire d’Anne Hidalgo à la prési­den­tielle, cette alliance avec Jean-Luc Mélen­chon jugée contre-nature par beau­coup et ces multiples candi­da­tures dissi­dentes, est-ce compliqué d’être la 1e secré­taire fédé­ral du PS dans le Rhône aujourd’­hui ?

Chris­tiane Cons­tant : Je suis enga­gée au PS depuis des années et j’ai connu beau­coup d’autres périodes diffi­ciles, notam­ment lorsque des socia­listes ont quitté le navire par dizaines pour rejoindre LREM. En compa­rai­son, cette période aujourd’­hui n’est pas si compliquée puisqu’on se retrouve dans le camp qui nous corres­pond. Je crois avant tout que les dissi­dents ne sont pas oppo­sés à cette alliance, puisque c’est la même qu’à la Métro­pole, à Lyon ou à Villeur­banne, mais qu’ils sont surtout oppo­sés à la person­na­lité de Jean-Luc Mélen­chon, qui a eu effec­ti­ve­ment des posi­tions que les socia­listes n’ont pas du tout partagé par le passé. Ces dissi­dents nous accusent de soumis­sion mais c’est une erreur profonde. Nous avons apporté nos points de vue dans cet accord pour les légis­la­tives au terme de longues négo­cia­tions pendant plusieurs jours et nuits.

Vous employez des mots très durs à l’égard de ces dissi­dents, indiquant notam­ment qu’ils sont « indignes d’être des élus de la Répu­blique ». Cela ne va-t-il pas accen­tuer davan­tage la cassure ?

Ces personnes ne respectent pas la démo­cra­tie interne du PS puisque nous avons voté en faveur de cette alliance. Donc s’ils ne respectent déjà pas la démo­cra­tie d’un parti, ils ne peuvent pas s’ins­crire dans la démo­cra­tie d’un pays. Les mots sont durs mais il faut parfois dire les choses dure­ment pour que la poli­tique retrouve ses lettres de noblesse. Ils nous reprochent d’avoir rejoint Jean-Luc Mélen­chon et l’ex­trême gauche, mais c’est faux. Nous sommes deve­nus des parte­naires à part entière de la gauche unie. Et puis on ne peut pas nier le fait que Jean-Luc Mélen­chon a fait 22% au premier tour, et nous 1,75%. Ce serait être aveugle que de s’ima­gi­ner être les meilleurs et se permettre de partir seuls à la bataille.

Donc le PS ne peut plus vivre sur son seul nom ici dans le Rhône ?

Si nous voulons sauver le PS, notre seule solu­tion c’est de reve­nir vrai­ment à gauche. C’est dans cette union de la gauche que nous pour­rons être fiers d’être socia­listes. On aura peut-être moins d’adhé­rents, mais nous nous recons­trui­rons et on remon­tera. Les prises de posi­tion seront claires, au sein d’un groupe de dépu­tés à l’As­sem­blée natio­nale qui aurait disparu si nous étions restés seuls dans notre coin, en se pensant hégé­mo­niques, avec les meilleures valeurs du monde. Il faut arrê­ter de se berner, et regar­der notre réalité en face.

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