Kem One se sépare de Frédé­ric Chal­min

Six mois après son rachat par le fonds américain Apollo, Kem One se sépare de Frédéric Chalmin, son directeur général. Aux côtés d’Alain de Krassny, il a été l’homme du redressement du 2ème producteur européen de PVC. C’est le président du conseil d’administration, Laurent Lenoir, qui assure pour l’instant l’intérim, en attendant l’arrivée d’un nouveau directeur général.

Six mois tout juste après le rachat de Kem One par les fonds Apollo, le direc­teur géné­ral, Frédé­ric Chal­min (photo) tire sa révé­rence pour lais­ser la place, tempo­rai­re­ment, au président du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion, Laurent Lenoir, dans l’at­tente du recru­te­ment d’un nouveau direc­teur géné­ral. Offi­ciel­le­ment, tout se passe en bonne intel­li­gence.

Frédé­ric Chal­min est « remer­cié pour ses contri­bu­tions essen­tielles tout au long de son mandat, notam­ment en menant à bien le redres­se­ment de Kem One et en assu­rant le posi­tion­ne­ment de la société pour sa crois­sance future », lit-on dans un commu­niqué publié sur le site inter­net de Kem One. Lequel pour­suit toute­fois en préci­sant qu’« un chan­ge­ment de direc­tion permet­tra à la société d’ac­cé­lé­rer sa crois­sance ».

Et d’ajou­ter que « le conseil d’ad­mi­nis­tra­tion s’en­gage à trou­ver un diri­geant qui incar­nera les valeurs de Kem One et contri­buera à sa crois­sance durable ». En clair, les nouveaux action­naires ont décidé de confier les manettes de Kem One à un homme qu’ils auront choisi.

Climat social tendu début 2022

Autant dire que les décla­ra­tions de l’au­tomne dernier semblent bien loin­taines. Samuel Fein­stein, asso­cié chez Apollo, parlait alors de « soute­nir l’équipe talen­tueuse de Kem One dans cette nouvelle phase de crois­sance ». Le main­tien du mana­ge­ment en place était confirmé.

Le 17 décembre, à la fina­li­sa­tion du rachat de Kem One par Apollo, Samuel Fein­stein se disait « impa­tient de travailler avec l’équipe de direc­tion et les colla­bo­ra­teurs ». Frédé­ric Chal­min, de son côté, parlait d’une « nouvelle phase de déve­lop­pe­ment grâce à la puis­sance finan­cière d’Apollo que j’aborde avec enthou­siasme ».

Un semestre plus tard, presque jour pour jour, Frédé­ric Chal­min est donc prié de se reti­rer. Il paie sans doute un climat social compliqué fin janvier/début février dans plusieurs sites du groupe, avec des grèves à la clé dans 4 usines du groupe (dont celle de Saint-Fons), qui n’a pas forcé­ment été du gout des action­naires améri­cains.

En cause la hausse des salaires, jugée insuf­fi­sante par les syndi­cats (+ 4% d’aug­men­ta­tion globale propo­sée par la direc­tion dans le cadre de la NAO -négo­cia­tion annuelle obli­ga­toire-, ainsi que le verse­ment d’une prime d’in­té­res­se­ment et une parti­ci­pa­tion aux béné­fices). Frédé­ric Chal­min avait suggéré aux nouveaux action­naires une NAO « géné­reuse » pour établir une bonne rela­tion de confiance. Les action­naires consi­dé­raient avoir fait un geste signi­fi­ca­tif. Pas assez, selon les syndi­cats.

Au final, la grève a laissé des traces. On rappel­lera, par ailleurs, qu’Alain de Krassny avait, de son côté, pris l’en­ga­ge­ment de rever­ser aux sala­riés 10% de la plus-value de cession (de l’ordre de 700 millions d’eu­ros), soit 27 000 € nets par sala­rié présent depuis 2014. Pris en tenaille entre le nouvel action­naire et le person­nel dont il était proche pour avoir relancé avec lui Kem One après son dépôt de bilan en 2013, Frédé­ric Chal­min a donc été le premier fusible à sauter.

Exer­cice 2021 record

Pas ques­tion pour autant pour Frédé­ric Chal­min de jeter de l’huile sur le feu. « Ce fut un privi­lège de diri­ger Kem One au cours des huit dernières années et de servir aux côtés de colla­bo­ra­teurs aussi talen­tueux », déclare-t-il dans le commu­niqué offi­ciel annonçant un chan­ge­ment de gouver­nance de l’en­tre­prise. Et de conclure : « Kem One s’est déve­lop­pée jusqu’à deve­nir un leader indus­triel dans le secteur viny­lique et est bien posi­tion­née tant sur le plan stra­té­gique qu’o­pé­ra­tion­nel pour amor­cer sa prochaine étape de crois­sance ».

Côté syndi­cats, on ne cache pas une véri­table inquié­tude pour l’ave­nir. Et ce dans un contexte écono­mique diffi­cile. L’exer­cice record de 2021 (1,3 milliard d’eu­ros de chiffre d’af­faires et 190 millions d’eu­ros de béné­fice de source syndi­cale pour 1 400 personnes répar­ties sur 8 sites indus­triels en France et Espagne) ne sera vrai­sem­bla­ble­ment pas réédité en 2022. Deuxième produc­teur euro­péen de PVC, Kem One dont le siège social est lyon­nais, travaille pour les secteurs de la construc­tion, de l’em­bal­lage, diverses appli­ca­tions indus­trielles et en matière de soude caus­tique.

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