LE MENSUEL DES POUVOIRS LYONNAIS

Kem One se sépare de Frédéric Chalmin

Publié le 23 juin 2022

Six mois après son rachat par le fonds américain Apollo, Kem One se sépare de Frédéric Chalmin, son directeur général. Aux côtés d’Alain de Krassny, il a été l’homme du redressement du 2ème producteur européen de PVC. C’est le président du conseil d’administration, Laurent Lenoir, qui assure pour l’instant l’intérim, en attendant l’arrivée d’un nouveau directeur général.

Six mois tout juste après le rachat de Kem One par les fonds Apollo, le directeur général, Frédéric Chalmin (photo) tire sa révérence pour laisser la place, temporairement, au président du conseil d’administration, Laurent Lenoir, dans l’attente du recrutement d’un nouveau directeur général. Officiellement, tout se passe en bonne intelligence.

Frédéric Chalmin est « remercié pour ses contributions essentielles tout au long de son mandat, notamment en menant à bien le redressement de Kem One et en assurant le positionnement de la société pour sa croissance future », lit-on dans un communiqué publié sur le site internet de Kem One. Lequel poursuit toutefois en précisant qu’«un changement de direction permettra à la société d’accélérer sa croissance ».

Et d’ajouter que « le conseil d’administration s’engage à trouver un dirigeant qui incarnera les valeurs de Kem One et contribuera à sa croissance durable ». En clair, les nouveaux actionnaires ont décidé de confier les manettes de Kem One à un homme qu’ils auront choisi.

Climat social tendu début 2022

Autant dire que les déclarations de l’automne dernier semblent bien lointaines. Samuel Feinstein, associé chez Apollo, parlait alors de « soutenir l’équipe talentueuse de Kem One dans cette nouvelle phase de croissance ». Le maintien du management en place était confirmé.

Le 17 décembre, à la finalisation du rachat de Kem One par Apollo, Samuel Feinstein se disait « impatient de travailler avec l’équipe de direction et les collaborateurs ». Frédéric Chalmin, de son côté, parlait d’une « nouvelle phase de développement grâce à la puissance financière d’Apollo que j’aborde avec enthousiasme ».

Un semestre plus tard, presque jour pour jour, Frédéric Chalmin est donc prié de se retirer. Il paie sans doute un climat social compliqué fin janvier/début février dans plusieurs sites du groupe, avec des grèves à la clé dans 4 usines du groupe (dont celle de Saint-Fons), qui n’a pas forcément été du gout des actionnaires américains.

En cause la hausse des salaires, jugée insuffisante par les syndicats (+ 4% d’augmentation globale proposée par la direction dans le cadre de la NAO -négociation annuelle obligatoire-, ainsi que le versement d’une prime d’intéressement et une participation aux bénéfices). Frédéric Chalmin avait suggéré aux nouveaux actionnaires une NAO « généreuse » pour établir une bonne relation de confiance. Les actionnaires considéraient avoir fait un geste significatif. Pas assez, selon les syndicats.

Au final, la grève a laissé des traces. On rappellera, par ailleurs, qu’Alain de Krassny avait, de son côté, pris l’engagement de reverser aux salariés 10% de la plus-value de cession (de l’ordre de 700 millions d’euros), soit 27 000 € nets par salarié présent depuis 2014. Pris en tenaille entre le nouvel actionnaire et le personnel dont il était proche pour avoir relancé avec lui Kem One après son dépôt de bilan en 2013, Frédéric Chalmin a donc été le premier fusible à sauter.

Exercice 2021 record

Pas question pour autant pour Frédéric Chalmin de jeter de l’huile sur le feu. « Ce fut un privilège de diriger Kem One au cours des huit dernières années et de servir aux côtés de collaborateurs aussi talentueux », déclare-t-il dans le communiqué officiel annonçant un changement de gouvernance de l’entreprise. Et de conclure : « Kem One s’est développée jusqu’à devenir un leader industriel dans le secteur vinylique et est bien positionnée tant sur le plan stratégique qu’opérationnel pour amorcer sa prochaine étape de croissance ».

Côté syndicats, on ne cache pas une véritable inquiétude pour l’avenir. Et ce dans un contexte économique difficile. L’exercice record de 2021 (1,3 milliard d’euros de chiffre d’affaires et 190 millions d’euros de bénéfice de source syndicale pour 1 400 personnes réparties sur 8 sites industriels en France et Espagne) ne sera vraisemblablement pas réédité en 2022. Deuxième producteur européen de PVC, Kem One dont le siège social est lyonnais, travaille pour les secteurs de la construction, de l’emballage, diverses applications industrielles et en matière de soude caustique.

dans la même catégorie
Articles les plus lus
Consent choices