Paralu en redres­se­ment judi­ciaire

Placée en redressement judiciaire le 5 juillet, Paralu, la filiale du groupe Coralu, spécialisée dans les façades, menuiseries et garde-corps compte trouver un repreneur rapidement pour préserver son outil industriel et ses effectifs. Les candidats ont jusqu’au 12 septembre pour déposer leurs offres. Le Tribunal de commerce de Lyon a procédé à 4 RJ et 4 sauvegardes sur les différentes sociétés du groupe.

Depuis sa reprise voici 25 ans par la famille Courau et plus spécia­le­ment Jean-Marc Courau, ancien cadre diri­geant chez Potain, la société Paralu, spécia­li­sée dans la fabri­ca­tion de façades, menui­se­ries, garde-corps multi­ma­té­riaux, a connu une profonde trans­for­ma­tion et grandi au rythme de plusieurs acqui­si­tions logées au sein du holding Coralu. Le groupe Coralu-Paralu est monté à plus de 800 sala­riés et plus de 110 millions d’eu­ros de chiffre d’af­faires avant la crise sani­taire. Paralu s’est doté d’un site indus­triel flam­bant neuf à Chas­sa­gny qui abrite aussi le siège du groupe.

Arrivé voici 18 mois à la tête du groupe, à la demande et en rempla­ce­ment de son oncle Jean-Marc Courau, Gildas Courau (ex comman­dant de sous-marin nucléaire passé ensuite par le groupe Bour­bon) a jugé prudent de deman­der la mise en redres­se­ment judi­ciaire de Paralu, dans un contexte compliqué en raison de l’en­chaî­ne­ment de vents contraires.

Redé­mar­rer un nouveau cycle

« La trans­for­ma­tion de Paralu se pour­suit. Cepen­dant, après le Covid, nous avons dû faire face aux hausses matières et aux diffi­cul­tés d’ap­pro­vi­sion­ne­ment. Sur les menui­se­ries exté­rieures, nous cumu­lons la hausse des métaux, le verre éner­gi­vore, les joints très liés au pétrole. Toutes les matières qui composent nos fenêtres sont expo­sées », explique Gildas Courau, président de Coralu. Et de pour­suivre : « Nous dispo­sons d’une superbe usine à Chas­sa­gny et de savoir-faire complets. Nous nous plaçons dans une logique de recherche d’un repre­neur dans le cadre d’un redres­se­ment judi­ciaire en anti­ci­pant le plus possible. Chez Paralu, l’ac­ti­vité fabri­ca­tion de menui­se­rie et garde-corps est en progres­sion de + 48% avec une progres­sion de la marge. En revanche, nous arrê­tons l’ac­ti­vité chan­tiers. Comme nous manquons de moyens pour finir la trans­for­ma­tion enga­gée qui néces­site d’avoir un peu plus de « carbu­rant », nous pensons qu’un repre­neur appor­tera ces moyens. Nous avons agi suffi­sam­ment tôt, l’en­tre­prise n’est pas sinis­trée. Il s’agit de construire l’ave­nir et de redé­mar­rer un nouveau cycle, en préser­vant l’ou­til indus­triel et les emplois ».

Dans les 3 prin­ci­paux faça­diers français

En redres­se­ment judi­ciaire depuis le 5 juillet, Paralu béné­fi­cie d’une période d’ob­ser­va­tion de 6 mois. Les repre­neurs ont jusqu’au 12 septembre pour se faire connaître. Quatre enti­tés sont concer­nées par le redres­se­ment : Paralu, Paralu Diffu­sion, Blunt­zer et Body­guard (de petite taille). Paralu emploie une centaine de personnes pour 20 millions d’eu­ros de chiffre d’af­faires envi­ron. Les admi­nis­tra­teurs judi­ciaires sont AJ Parte­naires (Maitres Didier Lapierre et Ludi­vine Sapin) et la Selarl FHB (Maître Gaël Coutu­rier).

Quatre autres société du groupe –Coralu (le holding), Rinaldi Struc­tal, MDM et la SCI Les Varennes– sont placées, quant à elles, en sauve­garde, pour mieux être proté­gées (NDLR : l’op­tion sauve­garde signi­fie qu’elles ne sont pas en cessa­tion de paie­ment). Présent en France et en Grande-Bretagne, Coralu s’ap­puie sur 3 usines (en plus de celle de Chas­sa­gny) basées dans le Nord, au Mans et dans les Vosges. Le groupe Coralu emploie 550 personnes pour un chiffre d’af­faires de 90 à 95 millions d’eu­ros. « La société Rinaldi est posi­tion­née parmi les 3 faça­diers français les plus renom­més, son exper­tise est recon­nue, et notre carnet de commande couvre près de 2 ans d’ac­ti­vité », pour­suit Gildas Courau, confiant dans la péren­nité du groupe. Du côté du tribu­nal de commerce de Lyon, il ne semble pas faire de doute, non plus, que le groupe fami­lial devrait sortir par le haut de cette situa­tion.

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