Julien Lopizzo sur plusieurs fronts

Il est à la fois investisseur, entrepreneur et philanthrope. Julien Lopizzo, qui revendique sa discrétion, passe généralement sous les écrans radars. Mais entre sa holding qui multiplie les investissements, sa nouvelle start-up spécialisée dans l’intelligence économique et son fonds de dotation dédié à l’enfance, le quadra sort du bois.

Le nom de ce discret Lyon­nais est apparu, il y a quelques mois, dans le clas­se­ment des busi­ness angels les plus actifs de France dressé par le site Angelsquare. Avec quatre millions d’eu­ros inves­tis dans dix start-up en 2021 par sa holding d’in­ves­tis­se­ment 777 Corp, Julien Lopizzo se place au 9e rang d’un palma­rès dominé par le fonda­teur de Smart­box Pierre-édouard Stérin, Xavier Niel ou encore Bruno Rous­set. « L’an­née dernière a été un peu excep­tion­nelle puisque j’in­ves­tis géné­ra­le­ment dans deux ou trois nouvelles entre­prises par an  », précise Julien Lopizzo, inves­tis­seur mino­ri­taire « mais actif » à la tête d’un porte­feuille de 17 parti­ci­pa­tions, parmi lesquelles les Lyon­nais Gaming Campus (école de jeux vidéo et cyber­sé­cu­rité) ou encore Afyren (chimie verte).

Une acti­vité de busi­ness angel qu’il struc­ture véri­ta­ble­ment depuis 2018 et la cession à Crédit Agri­cole Assu­rances de sa dernière start-up dans l’e-santé, Opti­san­tis. Déve­lop­peur infor­ma­tique de forma­tion, Julien Lopizzo avait aupa­ra­vant parti­cipé, depuis le début des années 2000, à la créa­tion de plusieurs entre­prises dans l’uni­vers du micro­paie­ment, du mini­tel et de l’édi­tion de conte­nus. « Je n’ai pas choisi de deve­nir entre­pre­neur, c’est l’en­tre­pre­neu­riat qui m’a choisi. C’est le destin », sourit celui qui a cofondé sa première entre­prise dès la fin de ses études.

Nouvelle voca­tion

Alors la quaran­taine tout juste passée, le serial entre­pre­neur ne se voyait pas endos­ser à plein temps le costume d’in­ves­tis­seur profes­sion­nel. « Et je me suis trouvé une nouvelle voca­tion dans l’in­tel­li­gence écono­mique », indique Julien Lopizzo, qui porte, en plus de ses inves­tis­se­ments, le déve­lop­pe­ment de Semkel, une entre­prise basée à Oullins, spécia­li­sée dans la cyber­sé­cu­rité, mais aussi dans le rensei­gne­ment d’af­faires et les inves­ti­ga­tions. Ses missions : véri­fi­ca­tion d’an­té­cé­dents, due dili­gence d’ho­no­ra­bi­lité et de répu­ta­tion, analyse de la tactique finan­cière, établis­se­ment du profil d’un diri­geant d’en­tre­prise, veille stra­té­gique…

Des infor­ma­tions – «  récu­pé­rées léga­le­ment  » – utiles, par exemple, pour un acqué­reur dans le cadre d’une opéra­tion de crois­sance externe ou pour des inves­tis­seurs lors d’une prise de parti­ci­pa­tion. «  La mission de Semkel est double. Nous aidons nos clients à faire face aux risques cyber et à renfor­cer leur convic­tion pour ne pas se trom­per lors de déci­sions stra­té­giques », résume Julien Lopizzo, qui s’est adjoint les services d’un ancien gendarme du rensei­gne­ment dans l’équipe de Semkel. Et, paral­lè­le­ment, Julien Lopizzo vient égale­ment de lancer il y a quelques mois Inte­lekto, un média en ligne dédié à l’in­tel­li­gence écono­mique, la cyber­sé­cu­rité et la souve­rai­neté, dont le modèle écono­mique reste encore à affi­ner.

Être utile

Inves­tis­seur et entre­pre­neur, il porte aussi la casquette de philan­thrope avec la créa­tion du fonds de dota­tion 777 Chil­dren, dédié au soutien de projets asso­cia­tifs desti­nés à l’en­fance. « Depuis son lance­ment en 2019, nous avons apporté près de 295 000 euros pour soute­nir 29 projets (portés par les HCL, l’En­tre­prise des Possi­bles…) qui ont profité à plus de 1500 enfants et familles », détaille Julien Lopizzo, dont l’en­semble des divi­dendes et des plus-values réali­sés en tant que busi­ness angel est désor­mais alloué à 777 Chil­dren.

« Ce fonds de dota­tion m’ap­porte véri­ta­ble­ment du sens. Je ne suis pas là juste pour engran­ger des reve­nus, mais pour être utile », explique cet «  ancien pauvre », poussé dans cette démarche par son ami, l’en­tre­pre­neur anti­con­for­miste Jean-Baptiste Descroix-Vernier, qui a fait fortune dans le web avant de consa­crer son temps à des projets huma­ni­taires. Ensemble, ils ont notam­ment financé l’ins­tal­la­tion de 11 mobile homes dans un petit village de l’Ain pour venir en aide à des sans-abris. Au regard de tous les projets qu’il porte de front, Julien Lopizzo dit « ne jamais s’en­nuyer  ». On s’en serait douté.

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