Philippe Eyraud, heureux vendeur de Mixel

Patron depuis 32 ans de Mixel, Philippe Eyraud cède le concepteur d'agitateurs industriels à un poids lourd du secteur, l'allemand GMM Pfaudler. Double satisfaction : la PME industrielle basée à Dardilly devrait passer un « nouveau cap » avec ce nouvel actionnaire, tandis que lui pourra se consacrer à sa grande passion de restaurer des voitures de collection.

Philippe Eyraud s’était dit, voilà quelques temps, que 60 ans serait un bel âge pour faire autre chose. Et il a tenu parole à lui même : La PME indus­trielle basée à Dardilly Mixel (80 colla­bo­ra­teurs, 15 millions d’eu­ros de chiffre d’af­faires, deux usines à Lyon et en Chine) qu’il dirige depuis 1990, spécia­li­sée dans les agita­teurs indus­triels – des machines utili­sées par la chimie, la phar­ma­cie, l’agroa­li­men­taire, le trai­te­ment de l’eau… – va être rache­tée par le géant du secteur, le groupe alle­mand GMM Pfaud­ler (1800 sala­riés, 320 millions d’eu­ros de chiffre d’af­faires).

« 60 ans, c’est une date sympa pour bascu­ler dans une nouvelle vie. Cela fait 32 ans que je suis derrière ce bureau, j’ai peut-être fait le tour. Et puis c’est bien de vendre lorsqu’on est au zénith. L’en­tre­prise est en pleine crois­sance, et nous avons achevé l’an­née 2022 avec une prise de commandes record de 20 millions d’eu­ros », commente Philippe Eyraud, « super heureux » du deal qui devrait être fina­lisé au cours du premier semestre. Parce qu’il va désor­mais pouvoir s’adon­ner autant qu’il veut à sa grande passion (la restau­ra­tion de voitures de collec­tion dans son garage de La Tour-de-Salva­gny, voir Lyon Déci­deurs #7), mais surtout parce qu’il estime avoir trouvé le repre­neur idéal pour Mixel.

Un tuilage de quelques mois avant de passer la main

« Les banques m’in­ci­taient à trou­ver un fonds d’in­ves­tis­se­ment parce que l’offre finan­cière aurait pu être supé­rieure, mais cela ne m’in­té­res­sait pas. Je voulais un indus­triel parce que je cher­chais un porte-avion pour faire décol­ler Mixel. Je n’ai donc pas cédé au plus offrant, mais au mieux offrant », affirme Philippe Eyraud. Et la signa­ture avec GMM Pfaud­ler, qui détient 15 sites de fabri­ca­tion dans le monde, est le fruit de plusieurs flirts. « J’étais solli­cité depuis plusieurs années, notam­ment par GMM Pfaud­ler qui m’avait appro­ché deux fois par le passé lorsque je n’étais pas encore vendeur », rapporte le diri­geant.

L’in­sis­tance s’ex­plique par plusieurs raisons : Déjà, le rachat de Mixel consti­tue la première opéra­tion en France du groupe alle­mand actuel­le­ment en pleine phase phase de déve­lop­pe­ment en Europe. « Et surtout, nous sommes très perfor­mants dans notre métier, notre marque est connue à l’in­ter­na­tio­nal avec 60% de l’ac­ti­vité réali­sée à l’ex­port… GMM Pfaud­ler va garder donc conser­ver le nom de Mixel et même capi­ta­li­ser sur notre noto­riété », souligne Philippe Eyraud qui estime égale­ment que Mixel « va béné­fi­cier de la puis­sance de feu extra­or­di­naire » de son nouvel action­naire. Philippe Eyraud a prévu de rester quelques mois en poste, le temps de faire le tuilage avec son succes­seur dont le nom devrait être offi­cia­lisé dans les prochains jours. Seul indice : il s’agit d’une « femme, lyon­naise, avec une grande expé­rience dans l’in­dus­trie ».

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