François-Noël Buffet : « L’in­té­rêt d’Oul­lins dans cette fusion est inexis­tant »

Le sénateur et conseiller métropolitain François-Nöel Buffet, resté vingt ans dans le fauteuil de maire d’Oullins, fustige l’annonce de la fusion entre Oullins et Pierre-Bénite, annoncée mi-février par Clotilde Pouzergue et Jérôme Moroge, les maires des deux communes.
François-Noël Buffet François-Noël Buffet © Marie-Ève Brouet

Quel regard portez-vous sur l’an­nonce de la fusion entre Oullins et Pierre-Bénite ?

François-Noël Buffet : Je l’ai appris quatre jours avant par Jérôme Moroge, le maire de Pierre-Bénite, sans jamais avoir été consulté ni asso­cié à cette déci­sion. Il m’a dit que cela s’était décidé récem­ment, semble-t-il courant décembre. J’ai donc voulu évoquer le sujet avec Clotilde Pouzergue, la maire d’Oul­lins, mais elle a annulé mon rendez-vous au dernier moment.

En termes de méthode, je trouve que c’est catas­tro­phique. Ça l’est à l’égard des Oulli­nois, qui n’ont pas été consul­tés, à l’égard de ses collègues élus, et à l’égard de celui qui a filé sa place en 2017. Elle a été élue en 2020 sur son nom, mais si je ne lui donne pas la mairie en 2017, elle n’a rien du tout.

Cette déci­sion a surpris et engen­dré beau­coup de critiques. Pourquoi n’est-elle pas légi­time selon vous ?

Sur le fond, je ne suis pas hostile à ce que des communes se rapprochent au sein de la Métro­pole. Je n’ai aucun problème avec cela, et j’avais travaillé sur un rappro­che­ment d’Oul­lins avec La Mula­tière. Je trou­vais qu’il y avait du sens pour les deux villes à avoir un terri­toire commun de déve­lop­pe­ment, de nature à créer de la richesse, des loge­ments, de l’ac­ti­vité ou des équi­pe­ments publics.

C’était aussi inté­res­sant stra­té­gique­ment puisque ça permet­tait de rappro­cher encore la ville d’Oul­lins du centre de Lyon, après l’ar­ri­vée du métro en 2013. On avait avancé sur le projet avec mon ami Guy Barret, l’an­cien maire de La Mula­tière mais son conseil muni­ci­pal s’était montré frileux, donc on n’était pas allé plus loin. 

On a juste­ment l’im­pres­sion qu’Oul­lins s’éloigne de Lyon avec cette fusion avec Pierre-Béni­te…

Pour fusion­ner deux communes, il faut qu’elles aient un inté­rêt commun et partagé. L’in­té­rêt de Pierre-Bénite peut se comprendre. La ville est très bâtie, régie par les péri­mètres de risques d’inon­da­tion du Rhône ou de la Vallée de la Chimie, donc ses capa­ci­tés de déve­lop­pe­ment intrin­sèque me paraissent limi­tées. En se raccro­chant à Oullins, Pierre-Bénite retrouve du terri­toire pour se déve­lop­per, notam­ment à La Saulaie. Mais l’in­té­rêt d’Oul­lins dans cette fusion est inexis­tant.

On tourne la ville vers le sud, vers la Vallée de la Chimie, ce n’est pas la stra­té­gie que j’em­ploie­rais. D’au­tant que la popu­la­tion oulli­noise n’a pas l’air de suivre. Quand on prend une déci­sion pareille, il faut asso­cier la popu­la­tion, la consul­ter et ne pas arri­ver avec une annonce pareille, de manière aussi tran­chée. Je pense que c’est une affaire très préci­pi­tée. Parfois, il vaut mieux savoir renon­cer, c’est plus sérieux.

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