LE MENSUEL DES POUVOIRS LYONNAIS

Présidence du Medef : Roux de Bézieux a réuni les candidats putatifs

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Publié le 8 mars 2023

La campagne pour la présidence du Medef est ouverte depuis lundi. Le successeur de Geoffroy Roux de Bézieux sera élu par une assemblée de 1 170 votants, soit 2 fois plus que précédemment avec un poids renforcé des Medef territoriaux. Un avantage pour Patrick Martin, le président délégué sortant, qui devrait annoncer sa candidature dans les prochains jours. La campagne s’annonce vigoureuse.

Dès lundi, Geoffroy Roux de Bézieux a pris soin de réunir dans son bureau de l’avenue Bosquet, les candidats putatifs à la présidence nationale du Medef. Le 6 mars correspondait au 1er jour de la campagne officielle pour désigner le successeur de l’actuel président du patronat français, 4 mois avant l’élection du 6 juillet 2023. Autour de Geoffroy Roux de Bézieux, le Lyonno-Bressan Patrick Martin (photo), président délégué du Medef, la Bretonne Dominique Carlac’h, le Francilien Pierre Brajeux et l’Alsacien Olivier Klotz. L’occasion pour Geoffroy Roux de Bézieux d’en appeler au respect par les candidats de la charte de bonne conduite établie par l’organisation patronale pour cette élection. Le président du Medef a rappelé que c’était aussi une élection différente des précédentes à la suite de la réforme des statuts du Medef. Le futur président ne sera pas élu par un peu plus de 500 personnes mais par une assemblée élective de 1 170 membres dont environ 60% de représentants des fédérations professionnelles et 40% de représentants des Medef territoriaux. Auparavant, la répartition tournait autour d’un 75% – 25%.

Deux inconnues : Alexandre Saubot et Laurent Giovachini

Ce renforcement du poids des territoires plaide en faveur de Patrick Martin, ex-président du Medef Auvergne-Rhône-Alpes, déjà candidat en 2018 et qui s’était rallié à Geoffroy Roux de Bézieux dans la dernière ligne droite, permettant à ce dernier de faire la différence face à Alexandre Saubot, le représentant de la puissante UIMM et directeur général de la société Haulotte (nacelles élévatrices) basée à Lorette dans la Loire. Lequel n’était pas présent dans le bureau du président du Medef. Et pour cause. Le président de France Industrie n’est pas, à ce jour, candidat. Il réfléchit. Il n’a pas encore pris sa décision. « Il n’ira que s’il estime avoir de bonnes chances de l’emporter. Il considère que Patrick Martin est loin de faire l’unanimité. Mais Alexandre Saubot ne veut pas prendre le risque d’un 2e échec. Il attendra le dernier moment », avance un observateur du monde patronal. Autre absent de cette réunion : Laurent Giovachini, le président de la Fédération Syntec et directeur général adjoint de Sopra-Steria, annoncé depuis un moment comme candidat certain, mais empêché lundi (pour raisons de santé). C’est le délégué général de la Fédération Syntec qui a assisté à la réunion. Sur le casting de cette élection patronale, on y verra plus clair le 5 mai prochain, date limite pour décrocher les 150 parrainages nécessaires parmi les 1 170 votants pour valider une candidature. Chacun des 1 170 votants peut donner son parrainage à 3 candidats. Et fin mai, un grand oral devant le conseil exécutif du Medef et l’assemblée constitutive donnera la température. Les 4 candidats putatifs l’étaient déjà en 2018. Dominique Carlac’h, patronne de D&Consultants (entreprise de services et conseil aux entreprises, très tournée sur l’innovation) est vice-présidente sortante du Medef et porte-parole de l’organisation. Très impliquée sur les relations entre le monde sportif et les entreprises, elle est aussi vice-présidente de la FFA (Fédération française d’athlétisme). Pierre Brajeux, pilier du Medef dans les Hauts-de-Seine, dirige une entreprise de sécurité Torann-France et occupe le poste de président délégué de la FFSP (Fédération française de la sécurité publique). Olivier Klotz, président du Medef Alsace, dirige Heuft France, filiale d’une entreprise allemande de haute technologie. Quant à Patrick Martin, président délégué du Medef, poste nouveau dans l’organisation du Medef depuis 2018, à la tête d’une solide ETI familiale de distribution professionnelle dans le bâtiment et l’industrie, Martin-Belaysoud, basée dans l’Ain (1 milliard d’euros de chiffre d’affaires et 3 000 salariés), il vient de finaliser une acquisition significative à Perpignan, HRC Solipac, spécialisée dans la distribution de solutions énergétiques (103 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2022). Après avoir repris NED à Chaponost l’an dernier, l’apport de HRC Solipac (acquise à 75%), permet à Martin-Belaysoud de revendiquer une position de leader français du photovoltaïque résidentiel dédié à l’autoconsommation. Son positionnement d’entrepreneur patrimonial, présent dans les énergies renouvelables tout en venant d’un département et d’une région, place forte du nucléaire en France, font de Patrick Martin, l’homme de la transformation d’un Medef plus enraciné dans les territoires, un candidat incontournable, en phase avec l’ADN du Medef.

Patrick Martin en 1ère ligne dans le dossier de l’AGS

Autre nouveauté : l’absence de vote, même indicatif, du conseil exécutif. On se souvient que c’est sur la base de ce vote indicatif que Patrick Martin avait monnayé ces 5-6 voix auprès de Geoffroy Roux de Bézieux. Le futur président du Medef sera élu pour 3 ans, renouvelable une fois (comme la plupart des Medef territoriaux) et non plus pour un mandat de 5 ans non renouvelable.

A ce stade, les grosses fédérations (bâtiment, industrie/UIMM, banques et assurances) n’ont pas de candidat. D’où les spéculations sur Alexandre Saubot et Laurent Giovachini. Si aucun de ces deux candidats ne se déclare, Patrick Martin peut raisonnablement espérer l’emporter. Car il a labouré le terrain depuis 5 ans et n’a pas ménagé sa peine. Reste qu’une élection au Medef n’est jamais joué d’avance. « Cela va être sanglant », pronostique un responsable patronal d’Auvergne-Rhône-Alpes. De fait, la sortie d’un long article dans la Lettre A, critique à l’égard de Patrick Martin concernant le dossier de l’AGS (la caisse qui paie les salariés dont les entreprises ont déposé le bilan) et la façon dont l’affaire a été gérée, montre que la campagne va être animée et que Patrick Martin sera forcément très exposé.

Le match des agences : Publicis, Primatice, Image 7

 Avec cette élection, c’est aussi, comme en 2018, le match des agences de communication qui se joue. Il y a 5 ans, c’est Publicis (conseil de Geoffroy Roux de Bézieux) qui l’avait emporté sur Havas (conseil d’Alexandre Saubot). Cette fois-ci, Clément Léonarduzzi, vice-président de Publicis (ex conseiller d’Emmanuel Macron, revenu chez Publicis en 2022) et Marie-Virginie Klein qui conseillent Dominique Carlac’h, tandis qu’Olivier Labesse (ex DGM) travaille pour Patrick Martin avec Primatice Conseil et Vae Solis (Philippe Manière, Vincent Le Roux). Clément Léonarduzzi dispose d’un réseau impressionnant de chefs d’entreprise influents et ne serait pas mécontent que son agence gagne à nouveau en 2023. Image 7, de son côté, a été missionné par Laurent Giovachini dès l’automne 2022.

Dominique Carlac’h, qui est passée comme étudiante dans la région, à l’IEP Grenoble, a confirmé sa candidature dès lundi. Elle pourrait être l’outsider de l’élection. L’annonce officielle de la candidature de Patrick Martin est prévue dans les prochains jours, dans un grand quotidien national. Il a préféré attendre que soit passée la grande journée nationale de mobilisation contre les retraites pour se déclarer. Fabrice Le Saché, vice-président influent du Medef, a déblayé le terrain, dès hier, en se ralliant à Patrick Martin.

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