Tribu­nal de commerce : Bruno Da Silva d’une courte tête

A l’issue d’une campagne très serrée, Bruno Da Silva a remporté la primaire visant à désigner le candidat officiel à la succession de Thierry Gardon à la présidence du tribunal de commerce de Lyon. Quatre voix le séparent de Delphine Maurin (35-31). Le vote officiel aura lieu en octobre pour une prise de fonction en janvier 2024.
Bruno Da Silva Bruno Da Silva © DR

De mémoire de juge au tribu­nal de commerce, on a rare­ment vu une élec­tion aussi dispu­tée. Une dési­gna­tion qui n’a rien d’of­fi­cielle mais qui se veut une primaire interne entre les 69 juges pour dépar­ta­ger les candi­dats à la prési­dence de la juri­dic­tion consu­laire lyon­naise. Le vote offi­ciel est programmé, quant à lui, à la mi-octobre avec un collège élec­to­ral de 440 délé­gués consu­laires (élus lors des élec­tions à la CCI) compre­nant aussi les anciens juges au tribu­nal de commerce.

Mais, par tradi­tion à Lyon, les juges consu­laires se réunissent en conclave, juste avant l’été pour se mettre d’ac­cord sur une candi­da­ture unique, le perdant se reti­rant au profit du vainqueur. Hier après-midi, les 69 juges ont donc préféré d’une courte tête (35 voix contre 31), Bruno Da Silva à Delphine Maurin. Le tribu­nal de commerce de Lyon ne sera donc pas présidé, les 4 prochaines années, par une femme. Un tribu­nal de commerce coupé en deux en quelque sorte. « Une élec­tion aussi dispu­tée, cela peut lais­ser des traces et provoquer une cassure », estime un connais­seur du tribu­nal. « Pas du tout. On avait deux très bons candi­dats. Ce n’est pas surpre­nant qu’ils finissent presqu’à égalité. Tout va rentrer dans l’ordre très vite », pense un autre.

Homme de réseaux, sérieux avec une forte auto­rité

L’heu­reux vainqueur, Bruno Da Silva, a long­temps dirigé RGS -Retail Global Solu­tions-, une société de conseil, spécia­li­sée dans l’ac­com­pa­gne­ment des réseaux de distri­bu­tion qui connait donc parfai­te­ment la vie des entre­prises et notam­ment du secteur de la distri­bu­tion. Bruno Da Silva a revendu RGS. Tout comme Thierry Gardon il y a 4 ans, il s’est orga­nisé pour dispo­ser de temps à consa­crer au tribu­nal de commerce. « C’est quelqu’un de très humain, pas poli­tique comme peut l’être l’ac­tuel président. C’est un homme de réseaux, sérieux, qui a connu une belle réus­site. Il a du temps pour lui. Il incarne une forte auto­rité », résume un obser­va­teur avisé du tribu­nal de commerce. Un mot revient souvent aussi pour quali­fier sa ligne de conduite : « indé­pen­dance ».

Parmi ses proches au tribu­nal, Patrick Zen, impliqué sur les dossiers MARD (Mode amiable de règle­ment des diffé­rends) ou bien encore Guillaume Brun d’Arre. Deux juges qui avaient fait campagne pour Thierry Gardon en 2019, lorsque ce dernier affron­tait en primaire Olivier de la Cler­ge­rie.

Thierry Gardon soutien de Delphine Maurin ?

Est-ce à dire pour autant que Thierry Gardon soute­nait Bruno Da Silva dans ce scru­tin. Pas forcé­ment. Comme président en titre, il n’a pas pris posi­tion entre les 2 candi­dats, même si plusieurs spécia­listes ont cru perce­voir de sa part, une préfé­rence non expri­mée pour Delphine Maurin, ex-patronne des chaus­sures Delpol (plusieurs maga­sins à Lyon) qu’elle a reven­dues pour créer une struc­ture inter­ve­nant dans la forma­tion.

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