Yann Cuche­rat : « J’ai très peur de la trajec­toire donnée à cette ville »

Le conseiller municipal, président du groupe d’opposition « Pour Lyon », lance son « manifeste pour Lyon ». Il invite tous les déçus de la majorité écologiste à le rejoindre autour d’un projet commun, avec les prochaines municipales de 2026 en toile de fond.
Yann Cucherat Yann Cucherat © Susie Waroude

Vous venez de lancer votre « mani­feste pour Lyon » dans lequel vous appe­lez les Lyon­nais à construire un projet commun pour la ville. Quel est le sens de cette démarche ?

Yann Cuche­rat : Ma seule ambi­tion, c’est de servir cette ville et ses habi­tants. Ce mani­feste a voca­tion à rassem­bler les idées des Lyon­nais, à réunir autour d’un débat d’idées pour construire un projet pour cette ville. Lyon a toujours été une ville de consen­sus, qui s’ap­puyait sous Gérard Collomb à la fois sur des majo­ri­tés qui allaient du centre droit au centre gauche, mais aussi sur le monde écono­mique et le secteur privé. Il y a toujours eu cette forme de nuance et d’équi­libre que je ne retrouve pas avec le pouvoir actuel. J’ai très peur de la trajec­toire qui est donnée à cette ville et de ce qui est en train de se passer. Je vois aujourd’­hui une ville frac­tu­rée, avec des clivages, des gens sous tension. On ne sait plus se parler ni s’écou­ter, tout le monde se déchire et tous les projets sont conflic­tua­li­sés. Soit vous êtes pour, soit vous êtes contre. Le compro­mis qui a tant fait la force de Lyon ces dernières années, n’existe plus. Cela m’at­triste et m’inquiète. 

Que repro­chez-vous concrè­te­ment au maire de Lyon ?

Je pense que lui et une grande partie de ses équipes n’ont pas enlevé le costume de mili­tants. Ils ne gouvernent pas pour tous les Lyon­nais, mais pour leur base élec­to­rale dans une logique de surcom­mu­ni­ca­tion, et n’ont aucune consi­dé­ra­tion pour ceux qui ne pensent pas comme eux. Le maire de Lyon et sa majo­rité placent leur vision au-dessus de tout le reste et consi­dèrent que leurs oppo­si­tions sont dépas­sées et hors du temps. On a souvent l’im­pres­sion de se faire donner la leçon au conseil muni­ci­pal. La ville est en train de décli­ner progres­si­ve­ment, mais plus on ira loin dans ce déclin, plus ce sera dur de s’en remettre. Donc j’en appelle avec ce mani­feste à tous les déçus de la trajec­toire donnée à cette ville. J’in­vite tous ceux qui le souhaitent à débattre et propo­ser des idées pour construire ensemble le Lyon de demain.

Ce mani­feste fait écho à la possible alliance avec Pierre Oliver, David Kimel­feld ou Georges Képé­né­kian que vous évoquiez au prin­temps. C’est donc une manière de prépa­rer le terrain face à Grégory Doucet ?

Il a surtout voca­tion à dessi­ner un projet commun pour créer une dyna­mique en dehors des ambi­tions poli­tiques des uns et des autres. Il n’y aurait rien de pire selon moi que de se canton­ner unique­ment à une alliance d’ap­pa­reils poli­tiques. Ce mani­feste doit servir à rassem­bler des sensi­bi­li­tés diffé­rentes autour d’un même projet, au service et dans l’in­té­rêt des Lyon­nais. Après, si Pierre Oliver, David Kimel­feld, Georges Képé­né­kian, ou des gens du PS et de l’éco­lo­gie, s’y retrouvent et ont envie de s’y inves­tir, c’est une très bonne chose. Mais selon moi, cela doit se faire en dehors des appa­reils poli­tiques. On veut s’ap­puyer sur la société civile, et nous verrons lorsque ce projet sera sur les rails si l’on peut se réunir derrière une seule personne. Mais c’est encore un peu préma­turé pour le dire.

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