Cegid, une nouvelle dimen­sion sans Jean-Michel Aulas

Le groupe d’édition de logiciels de gestion, fondé au début des années 80 par Jean-Michel Aulas, a doublé de taille depuis sa cession à des fonds américains et anglais en 2016.

C’était une promesse lors du rachat de Cegid, en 2016, contre un chèque de 580 millions d’eu­ros par les fonds anglo-saxons Silver Lake et AltaOne : l’édi­teur de logi­ciels de gestion fondé 30 ans plus tôt par Jean-Michel Aulas allait chan­ger de dimen­sion grâce à sa nouvelle force de frappe finan­cière. C’est aujourd’­hui une réalité.

En l’es­pace de sept ans, les effec­tifs du groupe installé à Vaise ont doublé pour passer de 2200 à 4400 colla­bo­ra­teurs dans le monde (dont 1100 à Lyon) et son chiffre d’af­faires a bondi de 300 millions à près de 800 millions d’eu­ros, boosté par une quin­zaine de rachats en France et à l’in­ter­na­tio­nal. « Depuis l’ar­ri­vée des fonds de pension, le groupe a plus d’am­bi­tion, plus de moyens et va plus vite », résume Pascal Guille­min, le DRH de Cegid, entré dans le groupe dans les années 90 et qui prend soin de préci­ser : « Rien de tout cela n’au­rait été possible sans l’im­pul­sion de Jean-Michel Aulas qui a construit un groupe en capa­cité de deve­nir ce qu’il est aujourd’­hui. Il a créé Cegid à partir de rien, c’est aussi son succès aujourd’­hui. »

Et, d’ailleurs, la cession n’a pas signé la rupture des liens entre Cegid et JMA, qui conserve encore le titre
– hono­ri­fique – de président non exécu­tif. « Nous pouvons le solli­ci­ter dans certains dossiers quand on en a besoin et il est toujours prêt à rendre service. C’est encore arrivé il n’y a pas long­temps », révèle Pascal Guille­min, qui garde l’image d’un patron «  vision­naire, ambi­tieux, exigeant et prag­ma­tique » : « Il a insuf­flé une véri­table person­na­lité et un esprit d’en­tre­prendre qui perdurent encore aujourd’­hui au sein de Cegid. Jean-Michel Aulas ne s’est jamais satis­fait du succès et était en mouve­ment perma­nent pour trou­ver de nouveaux busi­ness », pour­suit-il.

Toujours un œil atten­tif sur Cegid

Si, de l’ex­té­rieur, Jean-Michel Aulas était d’abord perçu comme le patron de l’OL, il a toujours gardé un œil très atten­tif sur Cegid. Avant la vente, il se rendait ainsi tous les lundis dans les locaux de l’édi­teur de logi­ciels. Puis gardait le contact par de nombreux coups de télé­phone au cours de la semaine à son fidèle direc­teur géné­ral, Patrick Bertrand. « Jean-Michel Aulas est toujours resté très au fait des affaires de Cegid. À mon sens, la prési­dence de l’Olym­pique Lyon­nais n’a pas eu d’im­pact sur le fonc­tion­ne­ment de l’en­tre­prise, notam­ment parce qu’il a su délé­guer et lais­ser de la place à ses colla­bo­ra­teurs », reprend le DRH Pascal Guille­min.

Reste que si le patro­nyme de Jean-Michel Aulas résonne encore souvent dans les couloirs du siège de Cegid dans le 9e arron­dis­se­ment – où une salle de réunion a été bapti­sée du nom du fonda­teur, – l’as­so­cia­tion Aulas-Cegid « est plus réser­vée aux initiés en dehors de Lyon ». Comprendre : le nom de Jean-Michel Aulas est de moins en moins connu des sala­riés de Cegid au fur et à mesure que le groupe gros­sit et s’in­ter­na­tio­na­lise. Et ce n’est pas fini : l’objec­tif est désor­mais de doubler de taille à l’ho­ri­zon 2026 pour tutoyer le milliard et demi d’eu­ros de chiffre d’af­faires. 

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