Gérard Collomb, Alain Mérieux, Olivier Ginon : ils racontent Jean-Michel Aulas

Lyon Décideurs a appelé ceux qui ont côtoyé l’ex-boss de l’OL pour demander leurs anecdotes et souvenirs. Voici leurs réponses.

« En tribunes, Jean-Michel était fou de rage »

Gérard Collomb, ex-maire de Lyon

« Jean-Michel vivait toujours les matchs avec passion depuis les tribunes. Je me souviens d’un match en 2003 à Mont­pel­lier où l’on pouvait être cham­pion si on gagnait ou s’il y avait match nul. Mais si Mont­pel­lier perdait, ils étaient relé­gués en deuxième divi­sion. Donc les deux là, Aulas et le président de Mont­pel­lier Louis Nicol­lin (avec qui il était très proche, NDLR), avaient convenu qu’on allait faire match nul. À la demi-heure de jeu, il y avait 1–1 et les Lyon­nais n’ont plus jamais dépassé la ligne médiane ensuite. À dix minutes de la fin du match, je me souviens que Juninho avait touché le poteau en tirant depuis sa moitié de terrain. En tribunes, Jean-Michel était fou de rage. Il a tout de suite voulu le faire sortir du terrain. Trois minutes plus tard, Juninho était sur le banc. On était ensuite descen­dus à Saint-Tropez en fin de saison. Tout le monde était debout sur les tables, on va dire que c’était un peu chaud quoi… »

« L’am­biance potache d’un repas chez Paul Bocuse »

Alain Mérieux, fonda­teur de BioMé­rieux

« Le 9 septembre 2015, je remets les insignes de Grand Offi­cier de l’Ordre natio­nal du mérite à Paul Bocuse au premier étage de l’Au­berge de Collonges. C’est la dernière déco­ra­tion remise à Paul Bocuse. Il y a là sa famille, des amis proches ainsi que Gérard Collomb, Olivier Ginon et Jean-Michel Aulas. Après mon discours, nous avons vécu un repas très folk­lo­rique. Jean-Michel Aulas était en grande forme et pas le dernier à assu­rer l’ani­ma­tion. On aurait dit un repas de potaches qui n’avait rien à voir, c’est certain, avec un repas de notables. Et moi qui ai une sainte horreur du foot­ball, j’ai beau­coup d’ad­mi­ra­tion pour toutes les réali­sa­tions et le courage de Jean-Michel Aulas. Je suis triste pour la ville de Lyon, c’est une page qui se tourne. »

« À minuit, à Saint-Tropez, il convainc ma femme de me faire signer »

Jacques Mottard, PDG de Sword Group.

« Le souve­nir qui me vient spon­ta­né­ment à l’es­prit est celui d’une fête chez Jean-Michel Aulas à Saint-Tropez en 2016, lorsqu’il entre­prend, dès le début de soirée, de me faire signer le spon­so­ring maillot des filles de l’OL, notam­ment pour l’Eu­rope. Jean-Michel est un excellent commer­cial, son argu­men­ta­tion est limpide. Mais je suis encore hési­tant et repousse à plus tard ma déci­sion. À minuit, je le vois en grande discus­sion avec ma femme Brigitte. Un peu plus tard, elle vient me dire : “Jacques, il faut que tu dises oui à Jean-Michel pour les filles”. Alors je ne pouvais plus dire “non”. Et je ne regrette pas ce spon­so­ring, nous avons vécu des moments formi­dables. Cela a été une période très sympa­thique à ses côtés. L’OL fémi­nin, c’était un peu le havre de paix de Jean-Michel au milieu de périodes parfois diffi­ciles avec l’OL mascu­lin. »

« On a fait la fête non-stop pendant trois jours »

Jean-Louis Maier, président de Maier Horlo­ge­rie

« J’ai commencé à avoir des publi­ci­tés dans le stade en 1990 et nous sommes spon­sors depuis très long­temps. Mais le souve­nir le plus marquant, c’est le cadeau du cinquième titre de cham­pion de France en 2006. Jean-Michel Aulas m’avait solli­cité pour offrir 50 montres gravées pour toute l’équipe, le staff, les diri­geants. Tout cela remis à Saint-Tropez, où nous avons fait la fête avec eux non-stop pendant deux ou trois jours. Il a fallu orga­ni­ser tout cela dans des délais record, gérer le trans­port et les assu­rances autre­ment qu’a­vec ma petite voitu­re… On a remis aussi un beau cadeau pour le septième titre en 2008, l’an­née du doublé. Jean-Michel, c’est un super mec, fidèle, à l’écoute, très fédé­ra­teur. L’OL est la plus belle insti­tu­tion de la grande région Rhône-Alpes. Le projet de construc­tion du stade était à la limite des possi­bi­li­tés. Grâce à l’OL, j’ai visité des lieux et des villes comme jamais… On n’en a pas fini de ses bien­faits. »

« Le foot à la taille d’un seul homme, c’est fini »

Olivier Ginon, président de GL Events

« Dans une double vie, peu de personnes ont porté une entre­prise comme Cegid avec un bilan remarquable, tout en lais­sant des infra­struc­tures comme le Grand Stade et bien­tôt la nouvelle Arena. Ce sont de grands projets struc­tu­rants, pour lesquels JMA a pris des risques avec ses action­naires. On a la chance à Lyon d’avoir trois pôles sport événe­men­tiels majeurs autour du foot, du basket et du rugby. C’est une réus­site excep­tion­nelle. Le foot fémi­nin, c’est made in Jean-Michel Aulas. C’est une réus­site humaine aussi. Le revers de la médaille, c’est que ce n’est pas facile de partir. Chacun vit cela de manière diffé­rente. On a compris que ça a dû lui faire mal, mais les images de ce week-end ont dû le récon­for­ter. Il a fait de belles choses, le bilan est satis­fai­sant. Aujourd’­hui, le foot­ball est devenu un sport inabor­dable. C’est de la folie. Dans le rugby, on se dit que le salary cap a du bon. GL Events a été 20 ans au conseil d’ad­mi­nis­tra­tion de l’OL et action­naire depuis le début. Quand on voit que les Améri­cains n’ont pas encore engagé la procé­dure pour payer les petits action­naires, on comprend que les moyens finan­ciers ne sont pas faciles à trou­ver. Avec l’ir­rup­tion du Qatar, le foot­ball est devenu infer­nal. Le foot à la taille d’un seul homme, ce n’est plus possible. »

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