Patrick Martin élu à la tête du Medef 

Le lyonnais Patrick Martin a été élu à une large majorité à la tête du Medef. Au terme de 4 mois de campagne il a obtenu plus de 73 % des voix, contre près de 27 % pour sa concurrente Dominique Carlac’h.
© Marie-Eve Brouet

ÉDITO

Pour la deuxième fois depuis la Libé­ra­tion, le patro­nat s’est choisi, ce jeudi 6 juillet, un Lyon­nais comme président. À la diffé­rence de son prédé­ces­seur Georges Villiers, président du CNPF pendant 20 ans, de 1946 à 1966, Patrick Martin n’ef­fec­tuera qu’un seul mandat de cinq ans, mais cumulé avec son mandat de président délé­gué de 2018 à 2023, il pourra dire avoir effec­tué une décen­nie complète à la tête du Medef, tant il a joué un rôle majeur ces cinq dernières années aux côtés de Geof­froy Roux de Bézieux, sillon­nant et labou­rant le terrain, négo­ciant à Bercy ou Mati­gnon, et défen­dant la cause des entre­prises sur les plateaux télé. Contrai­re­ment à Georges Villiers, il n’a pas été maire de Lyon (nommé par Vichy puis révoqué et déporté à Dachau) et on ne lui connaît pas, a priori, d’am­bi­tions poli­tiques, hormis celle d’être le premier des patrons en France. Il n’ha­bite pas boule­vard des Belges mais à la Croix-Rousse. Comme lui, il fréquente le Cercle de l’Union. 

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Mais c’est bien un medef du XXIème siècle qu’in­carne Patrick Martin. Celui qui croit en la force des ETI fami­liales. Tout au long de sa campagne, Patrick Martin n’a cessé de bran­dir l’éten­dard du Groupe Martin Belay­soud, groupe bres­san de négoce dans le bâti­ment et l’in­dus­trie, qui a fran­chi l’an dernier la barre du milliard d’eu­ros de chiffre d’af­faires et de rappe­ler avec fierté la crois­sance de +96 % enre­gis­trée en cinq ans par son entre­prise, forte de 2 770 colla­bo­ra­teurs avec 210 sites dans l’Hexa­gone.

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Un groupe qu’il a su conqué­rir, prenant seul les manettes de l’en­tre­prise, au détri­ment de son frère, écarté. Preuve que, si l’homme sait jouer collec­tif et délé­guer, il n’aime pas parta­ger le pouvoir. Aura-t-il un président ou une prési­dente délé­gué(e) à ses côtés pendant cinq ans comme il l’a été auprès de Geof­froy Roux de Bézieux ? Rien n’est acquis pour l’ins­tant. Il y a peu, il expliquait encore n’avoir pas trouvé le profil idéal. Pourquoi pas sa concur­rente, Domi­nique Carlac’h, qui a réalisé une belle campagne. À l’heure où CGT et CFDT ont placé des femmes à leur tête, un binôme homme/femme à celle du Medef, ça ne manque- rait pas de panache. 

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