Etienne Blanc : « Remettre les communes au cœur de la Métro­pole »

Le sénateur LR du Rhône porte, avec le député LR Alexandre Vincendet, une proposition de loi visant à modifier les statuts de la Métropole pour garantir une meilleure représentation des 59 communes de la collectivité au conseil métropolitain.
Etienne Blanc Étienne Blanc © Susie Waroude
Vous portez avec le député LR Alexandre Vincen­det, un projet de loi visant à détri­co­ter les statuts de la Métro­pole. Quel est le sens de cette démarche ?

Etienne Blanc : La Loi Maptam, à l’ori­gine de la créa­tion de la Métro­pole de Lyon en 2015, a créé sur un même péri­mètre deux légi­ti­mi­tés concur­rentes. Vous avez d’un côté la muni­ci­pa­lité, avec le maire élu par les habi­tants de sa ville, et d’un autre la Métro­pole de Lyon, une collec­ti­vité à statut parti­cu­lier avec des repré­sen­tants élus lors d’une autre élec­tion, qui a pour­tant eu lieu le même jour.

Sauf qu’aujourd’­hui, seule­ment 21 maires des 59 communes de la Métro­pole siègent au conseil métro­po­li­tain. Vous avez donc des communes qui ne sont plus repré­sen­tées. Le pouvoir poli­tique métro­po­li­tain peut ainsi ne pas tenir compte de l’avis de ces maires. Et lorsque vous n’écou­tez pas l’avis de ces communes, vous les mépri­sez. Ce système n’est pas viable. Il ne peut pas fonc­tion­ner. Nous voulons aujourd’­hui remettre les communes au cœur de la Métro­pole, en permet­tant à chacune des 59 communes de siéger au conseil métro­po­li­tain.

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Comment les maires réagissent à ce projet de loi ?

Beau­coup m’ont dit que j’avais raison, que c’était la seule solu­tion pour que les communes retrouvent une place au sein du conseil métro­po­li­tain. Pendant ma campagne pour les séna­to­riales, les élus des petites communes m’ont fait part de leur inquié­tude. Ils se deman­daient ce qu’ils allaient deve­nir. Nous deman­dons main­te­nant à chaque commune de s’ex­pri­mer sur le texte.

Nous verrons combien répon­dront favo­ra­ble­ment et nous ferons ensuite le travail poli­tique à Paris, tant à l’As­sem­blée natio­nale qu’au Sénat pour expliquer que c’est la seule solu­tion pour sortir de cette situa­tion invrai­sem­blable. Je respecte infi­ni­ment ceux qui ont une vision métro­po­li­sée, affir­mée, un peu auto­ri­taire et centra­li­sée. C’est leur opinion, ça n’est pas la mienne. Je pense que la France a besoin des maires.

Quelles sont les chances de voir votre loi enter­rer la loi Maptam ?

J’ai lu dans la presse que je n’avais aucune chance, je ne vois pas pourquoi. Je reçois beau­coup d’en­cou­ra­ge­ments, on va voir ce que ça va donner, le travail débute. C’est un projet de loi contesté, donc on va mener une bataille poli­tique. Bruno Bernard dit qu’un retour en arrière n’est ni possible, ni souhai­table. C’est faux, ce qu’une loi a fait, une autre peut le défaire.

Pourquoi Lyon aurait un statut diffé­rent de celui de Paris ou Marseille ? Je comprends qu’il dise que ce n’est pas souhai­table. Il exerce le pouvoir, exécute la poli­tique qu’il a annoncé et peut l’im­po­ser aux communes même si celles-ci ne sont pas d’ac­cord, comme sur le sujet des voies lyon­naises à Oullins par exemple. C’est pour cela qu’à travers ce texte, je veux défendre les communes et les maires, et mettre fin à ces conflits de légi­ti­mi­tés entre les muni­ci­pa­li­tés et la Métro­pole.

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