Diane Dupré la Tour, soli­da­rité et confiance au cœur de son combat

Après avoir été journaliste, Diane Dupré la Tour a cofondé l’association Les Petites Cantines, un réseau non lucratif de cantines de quartier. Ce changement de vie est intervenu à la suite d’un événement personnel dramatique qui lui a donné envie de se tourner vers un projet plus essentiel à ses yeux.
Diane Dupré la tour les petites cantines Diane Dupré La Tour © Bruno Vigneron

Ambiance comme à la maison

« En 2016, on était convain­cus du besoin et de l’ur­gence mais on avait aucune idée de comment le projet aller se déve­lop­per »  Elle ne s’ima­gi­nait pas sept ans plus tard en être ici aujourd’­hui, et pour­tant, Diane Dupré la Tour a ouvert, en octobre, la 13ème Petite Cantine à Villeur­banne. « Le prin­cipe des Petites Cantines c’est tout simple­ment que les habi­tants d’un même quar­tier s’ac­cueillent et se rencontrent autour d’un repas. Ça permet de tisser des rela­tions de quali­tés et le repas partagé joue un rôle clé dans la confiance en soi » exprime la co-prési­dente.

Douze autres restau­rants sont même actuel­le­ment en créa­tion partout en France avec prochai­ne­ment l’inau­gu­ra­tion d’un autre local à Bruz près de Rennes. « Les Petites Cantines sont des restau­rants de quar­tier qui sont parti­ci­pa­tifs et à prix libre. Tout le montage du projet est parti­ci­pa­tif et ensuite sur place, à la fois la cuisine et le repas, c’est comme à la maison. » 

Les menus sont déci­dés en fonc­tion de l’ap­pro­vi­sion­ne­ment. « Vous ne savez vrai­ment pas ce que vous allez avoir dans l’as­siette, on s’en­gage à faire du circuit-court, des inven­dus bios du quar­tier… le tout dans une dyna­mique d’éco­no­mie circu­laire », détaille Diane.

Les Petites Cantines aujourd’­hui c’est plus de 35 000 couverts par an et presque 14 000 adhé­rents au 31 mai 2023. « On sent bien que les gens ont besoin de se retrou­ver, de se connaitre. Le but ce n’est pas juste parta­ger des carottes râpées », explique-t-elle.

Une perte et une rencontre inat­ten­dues 

La genèse de ce projet soli­daire a lieu après un événe­ment tragique. Après avoir perdu son mari dans un acci­dent de voiture, Diane Dupré la Tour prend la déci­sion de quit­ter le jour­na­lisme et donner un nouveau sens à sa vie. 

En cher­chant ce qu’elle allait faire de sa vie après cette perte, elle anime de nombreux débats autour de la soli­da­rité et de l’en­traide. « À ce moment-là je suis bien entou­rée, j’avais orga­nisé une fête un an après l’ac­ci­dent de voiture pour remer­cier toutes les personnes qui m’avaient aidée, et aussi pour me dire à moi-même qu’il était temps de reprendre sa vie en main. » 

À cette fête, elle rencontre Étienne Thou­ve­not, le mari d’une amie à elle – et le co-fonda­teur des Petites Cantines – ils parlent ensemble longue­ment des projets qu’ils ont. « Étienne avait plein d’idées, moi aucune, on s’est vus de nombreuses fois et ensemble on a choisi ce projet de restau­rant participatif », raconte Diane.

En septembre 2015, ils tiennent un stand à la sortie du métro à Valmy pour expliquer aux passants leur projet. « Ce jour-là on a collecté plus d’une centaine de contacts, trouvé des parte­naires et on a rencon­tré quelqu’un qui pouvait nous prêter un local à la Duchère. »

En novembre 2015, ils testent leur idée avec des cantines éphé­mères : « Pendant tout l’hi­ver, on cuisi­nait avec les habi­tants, on a commencé à rencon­trer des personnes qu’on ne connais­sait pas » pour­suit Diane. L’ex­pé­rience dure de novembre 2015 à mars 2016. En paral­lèle, les co-fonda­teurs cherchent un lieu pour lancer concrè­te­ment leur asso­cia­tion et quelques mois plus tard, en septembre 2016, la première Petite Cantine ouvre ses portes à Valmy. 

Un projet à taille humaine

« C’est impor­tant de rester un réseau à taille humaine, donc c’est sûr qu’à un moment on va s’ar­rê­ter de gran­dir », confie Diane Dupré la Tour. Son objec­tif est désor­mais de trans­mettre son savoir faire à des personnes qui « auraient envie de faire la même chose mais de manière diffé­rente. » 

Diane Dupré la Tour a appris elle-même sur le tas le métier de maîtresse de maison et propose désor­mais de former les futurs sala­riés de l’as­so­cia­tion. En tant que co-prési­dente elle s’oc­cupe aussi de la recherche de finan­ce­ment pour faire garder le cap à sa créa­tion.

Respon­sable de 31 sala­riés, son ancien métier de jour­na­liste l’a aidée notam­ment à faire un trait d’union entre un métier “terrain” et le milieu socio-écono­mique qu’elle estime étroi­te­ment liés : « Quand on est jour­na­liste, nous avons envie de regar­der les choses sous diffé­rents angles et je pense que cela m’a aidée à monter un comité scien­ti­fique. » 

Diane Dupré la Tour © DR

Les dates clés

  • 7 février 1981 : Nais­sance
  • 2013 : Acci­dent de voiture et décès de son mari
  • 8 décembre 2014 : rencontre avec Etienne Thou­ve­not (co-fonda­teur des petites cantines)
  • 1er septembre 2016 : la première Petite Cantine ouvre ses portes à Valmy
  • 2019 Nais­sance du réseau des Petites Cantines
  • 2023 Impor­tant plan de déve­lop­pe­ment des Petites Cantines

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