Effer­ves­cence, le réseau où on peut « tout dire »

Partant du constat que les patrons de TPE-PME sont les moins accompagnés dans leur vie d'entrepreneur, le réseau Effervescence se donne comme objectif de « prendre soin des dirigeants ». Et cela passe d'abord par une parole totalement libérée lors des réunions mensuelles. 
Réseau Effervescence Réseau Effervescence © DR

« Un espace où la parole des chefs d’en­tre­prise est tota­le­ment libre. Nous sommes dans l’écoute, le partage et l’em­pa­thie » Voilà décrit en quelques mots, par la cofon­da­trice et prési­dente Marie-Victoire Camus, la raison d’être du réseau Effer­ves­cence qui se défi­nit comme « une commu­nauté d’en­tre­pre­neurs qui s’en­traident ».

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Créé en mai 2020 avec l’en­tre­pre­neure Natha­lie Vibert au moment où l’on sortait du premier confi­ne­ment, le réseau Effer­ves­cence rassemble près d’une cinquan­taine d’en­tre­pre­neurs lyon­nais à la tête de TPE-PME (de tous secteurs d’ac­ti­vité) qui se retrouvent, par petits groupes d’une dizaine de diri­geants (non concur­rents), pour une réunion mensuelle de 2h30 : « Il n’y a jamais d’ordre du jour. Au contraire, les réunions commencent toujours par un tour de table où l’on demande à chaque adhé­rent comment il va. Ils peuvent alors évoquer leurs préoc­cu­pa­tions du moment, qu’elles soient profes­sion­nelles ou person­nelles. L’idée est de sortir de sa posture de diri­geant, qui oblige à cacher ses faiblesses, pour avoir des échanges authen­tiques et sans juge­ments »

« Des larmes, des cris de joie »

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Et, bien sûr, toutes les discus­sions lors des réunions restent confi­den­tielles. « L’objec­tif est vrai­ment d’of­frir une paren­thèse à ces diri­geants et d’ap­por­ter des réponses opéra­tion­nelles à leurs ques­tions », expose Marie-Victoire Camus, qui affirme vouloir « prendre soin des hommes et des femmes à titre person­nel, car on peut parfois s’abî­mer à être entre­pre­neur ».

Alors, en plus de casser la fameuse soli­tude du diri­geant, le réseau Effer­ves­cence connecte les entre­pre­neurs entre eux « pour qu’ils puissent trou­ver des solu­tions à leurs besoins quoti­diens, renfor­cer leurs compé­tences et gagner en éner­gie ». « On soutient, on booste, on conseille, et parfois on peut être aussi confron­tant, mais toujours avec bien­veillance car l’objec­tif est de faire avan­cer le diri­geant. Lors de nos réunions, il peut y avoir des larmes, des cris de joie… C’est la vraie vie quoi ! », témoigne Marie-Victoire Camus.

Outre ces « séances de travail entre pairs », le réseau Effer­ves­cence orga­nise, chaque mois, un after­work qui rassemble, lui, l’en­semble des membres. « C’est un moment de détente pour s’aé­rer l’es­prit, apprendre à se connaître autre­ment et élar­gir son réseau profes­sion­nel », pour­suit Marie-Victoire Camus. Avec toujours le même leit­mo­tiv : « permettre aux chefs d’en­tre­prises de retrou­ver de l’ins­pi­ra­tion ».

L’autre bonne raison d’y aller

Chaque membre du réseau a la possi­bi­lité de béné­fi­cier, deux fois par an, d’un accom­pa­gne­ment indi­vi­duel avec un coach profes­sion­nel. L’objec­tif est « d’ai­der à prendre du recul sur son acti­vité, se mettre en ordre de marche et répondre à des défis qui lui sont plus person­nels ».

Les + du réseau

Quand un adhé­rent fait face à une « ques­tion urgente », il a la possi­bi­lité de béné­fi­cier d’une réunion sur-mesure, où plusieurs membres se réunissent pour une aide à la prise de déci­sion. « On peut compa­rer ça à une sorte de comité exécu­tif décen­tra­lisé », commente Marie-Victoire Camus.

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Le réseau Effer­ves­cence se dit « en complé­men­ta­rité » des autres réseaux patro­naux lyon­nais, et a d’ailleurs noué des liens avec plusieurs d’entre eux :  Le Réseau Entre­prendre, 60 000 Rebonds (pour les chefs d’en­tre­prise qui ont fait faillite), le dispo­si­tif Lyve-Lyon porté par la Métro­pole qui vise à « faci­li­ter la vie » des entre­pre­neurs…  

Qui peut-on rencon­trer ?

  • Pauline Balaÿ, diri­geante de L’Em­bar­ca­dère (lieu événe­men­tiel)
  • Chris­telle Fleury – gestion­naire de Gard’e­den (groupe de crèches)
  • Stéphane Avril – président de l’Ate­lier Avril et fils (entre­prise de pein­ture en bâti­ment)
  • Chris­tophe Châte­lain – direc­teur de Ressources UP (cabi­net de recru­te­ment)
  • Richard Larger – cofon­da­teur de L’Ate­lier Joaillier (Atelier de joaille­rie arti­sa­nale) (photo en attente)
Pierre Marquette-Thief­fry, DG de Priva­care © DR

L’avis de… 

« J’ai toujours été réti­cent à l’idée d’in­té­grer un réseau profes­sion­nel dans l’op­tique de faire du busi­ness. Mais ce n’est pas du tout l’objec­tif du réseau Effer­ves­cence, qui permet juste­ment des rela­tions sincères et authen­tiques. C’est un endroit où l’on peut tout dire, notam­ment ce que l’on ne peut pas dire à son asso­cié par exemple. Et c’est impres­sion­nant comme les adhé­rents peuvent se mettre à nu lors des réunions, que ce soit à propos de sujets profes­sion­nels ou person­nels… Je ne connais pas de réseau profes­sion­nel équi­valent. » 

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