Clasquin : Yves Revol va vendre au géant MSC

Propriétaire depuis 1982 de la société Clasquin, spécialiste de l’ingénierie de transport aérien et maritime, Yves Revol est entré en négociations exclusives avec l’armateur italo-suisse MSC en vue de céder sa participation de 42% sur une base valorisant l’entreprise 325 millions d’euros. Une OPA sur l’ensemble du capital de Clasquin suivra.
Yves Revol président de Clasquin Yves Revol © DR

Yves Revol vient de frap­per un grand coup en annonçant être entré en négo­cia­tions exclu­sives avec le géant mondial MSC (via sa filiale SAS – Ship­ping Agen­cies Services) en vue de céder la tota­lité de ses actions, soit 42% du capi­tal de Clasquin SA. A bien­tôt 76 ans, il a tout simple­ment choisi le numéro 1 mondial du trans­port mari­time et de la logis­tique.

La compa­gnie créée par le capi­taine Gian­luigi Aponte en 1970 autour d’un petit navire marchand, est deve­nue, en un peu plus de 50 ans, la plus grande compa­gnie mari­time de conte­neurs au monde, dépas­sant même le Danois Maersk, mais aussi Bolloré à qui MSC a racheté ses acti­vi­tés portuaires et ferro­viaires afri­caines en 2020.

MSC emploie 200 000 personnes

Le groupe italo-suisse (siège à Genève) est aussi présent dans l’uni­vers des croi­sières avec MSC Croi­sières. Le groupe MSC non coté en bourse, ne publie aucun chiffre d’af­faires ou résul­tat. Avec 800 navires, 5 avions, 675 bureaux employant 200 000 personnes (dont un bureau à Lyon), il travaille dans 155 pays.

Bref, Yves Revol n’a pas fait les choses à moitié en choi­sis­sant MSC. Il faut dire que son parcours à la tête de Clasquin n’est pas banal non plus.

Arrivé à tout juste 30 ans, en 1977, comme commer­cial dans cette petite entre­prise de trans­port lyon­naise, créée par Louis Clasquin en 1864, il en a fait une très belle ETI en l’es­pace de 40 ans. Direc­teur commer­cial en 1979, direc­teur géné­ral en 1981, il rachète Clasquin avec 3 cadres en 1982. L’en­tre­prise ne compte alors qu’un seul bureau à Lyon avec une douzaine de personnes au total.

Le titre Clasquin s’en­vole en bourse

PDG en 1983, il commence le déve­lop­pe­ment inter­na­tio­nal de Clasquin en Asie puis en Amérique du Nord dans les années 90, mais aussi en Afrique du Nord (Magh­reb) et sub-saha­rienne. En 2006, pour accé­lé­rer la crois­sance de l’en­tre­prise, il intro­duit Clasquin en bourse, sur la base d’un cours de 15,50 €. Près de 18 ans plus tard, l’OPA qui devrait suivre la vente de la parti­ci­pa­tion d’Yves Revol et de sa société Olymp, pour­rait se faire sur la base d’un cours multi­plié par 7 ou 8…

Hier, à la ferme­ture de la bourse, Clasquin cotait 122,50 €. Le titre a flambé en bourse, à l’an­nonce de ce début de négo­cia­tions exclu­sives, s’ap­pré­ciant de + 47% en l’es­pace d’une semaine et de 105,5% depuis le 1er janvier et de + 438% en 10 ans.

1 600 colla­bo­ra­teurs pour Clasquin dans 25 pays

Fin 2023, Clasquin, qui reven­dique d’être « la seule ETI multi­na­tio­nale française » et basée à Lyon, dans l’in­gé­nie­rie de trans­port aérien et mari­time et la logis­tique over­seas, s’ap­puie sur 85 bureaux et 1 600 colla­bo­ra­teurs avec une présence dans 25 pays.

En 2022, Clasquin a réalisé un exer­cice histo­rique avec 315 000 opéra­tions dans l’an­née (+5%), un indi­ca­teur préféré à celui du chiffre d’af­faires (877 millions d’eu­ros + 16,6%). La marge commer­ciale brute ressor­tait, quant à elle, à 140 millions d’eu­ros (+ 14,9%), le résul­tat opéra­tion­nel courant à 33,4 millions (+ 21,3%) et le résul­tat net (part du groupe) à 21,8 millions (+ 25,4%).

Clasquin affi­chait 60 millions d’eu­ros de capi­taux propres. L’an­née 2023 sera moins floris­sante. C’est un fait acquis. A fin septembre, sur 9 mois, le nombre d’opé­ra­tions progresse encore un peu à 247 861 (+ 4,6%) mais le chiffre d’af­faires recule de 40% à 417 millions d’eu­ros et la marge commer­ciale brute affiche une baisse de 14% à 103 millions.

Rappe­lons qu’Yves Revol a mis en place une nouvelle gouver­nance au sein de son groupe voici quelques années, ne gardant que la prési­dence du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion et confiant la direc­tion géné­rale opéra­tion­nelle à Hugues Morin.

Promesse d’achat de SAS au 1er trimestre 2024

Côté calen­drier du proces­sus de vente de Clasquin, SAS (groupe MSC) devrait remettre, à l’is­sue de l’au­dit engagé sur Clasquin, une promesse d’achat au cours du 1er trimestre 2024. «  Le prix d’ac­qui­si­tion serait déter­miné sur la base d’une valeur d’en­tre­prise de 325 millions d’eu­ros et après prise en compte d’ajus­te­ments à conve­nir entre les parties  ».

Vien­dra ensuite le temps des procé­dures d’in­for­ma­tion et de consul­ta­tion des IRP (instances repré­sen­ta­tives du person­nel), mais aussi des auto­ri­tés de la concur­rence.

Puis, dès lors que l’ac­qui­si­tion par SAS des 42% déte­nus par Yves Revol et sa société Olymp sera effec­tive, une OPA sera dépo­sée par SAS auprès de l’AMF (Auto­rité des marchés finan­ciers) sur le solde des actions compo­sant le capi­tal de Clasquin, soit 44,5% de flot­tant, tandis que le mana­ge­ment et les cadres détiennent 13% du capi­tal de Clasquin.

Dans un commu­niqué finan­cier, la direc­tion de l’en­tre­prise lyon­naise précise que «  le groupe Clasquin conti­nue­rait d’opé­rer ses acti­vi­tés avec ses équipes et sous les marques du groupe », à savoir : Clasquin, Timar, LCI Clasquin, Cargo­lu­tion, CVL et Exaciel notam­ment.

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