Antoine Quadrini : « J’ai l’ha­bi­tude de tenir mes enga­ge­ments »

Le président sortant du Ceser se réjouit que le conseil régional ait repris plusieurs de ses idées : gratuité des livres scolaires et médecins salariés dans les déserts médicaux. Antoine Quadrini s’estime le mieux placé pour garantir les équilibres au sein de l’assemblée et vise l’apaisement face aux multiples fractures. Contesté par le collège 2 (syndicats de salariés), mais soutenu par le collège 1 (organisations patronales), il se défend d’être le candidat du président de Région, revendiquant son indépendance.
Antoine Quadrini Ceser Antoine Quadrini © DR

Quel bilan dres­sez-vous de ces six ans de prési­dence du Ceser ?

Antoine Quadrini : Notre objec­tif était que la société civile – repré­sen­tée au sein du Ceser – puisse véri­ta­ble­ment jouer son rôle. À savoir : faire de la réflexion, ensuite des propo­si­tions, pour faire évoluer les poli­tiques publiques. Le Ceser n’est pas là aujourd’­hui pour juger la poli­tique mise en place au niveau du conseil régio­nal. Nous sommes là unique­ment pour exami­ner ce qui est fait. Pour ensuite dire si cela convient aux habi­tants des diffé­rents terri­toires qui sont concer­nés par ces poli­tiques. Nous pouvons aussi les faire évoluer. Il y a une multi­tude de sujets sur lesquels nous avons été enten­dus.

Vous pensez à quels dossiers ?

Je pense notam­ment à la gratuité des livres scolaires. En début de manda­ture, nous avions suggéré cette hypo­thèse et ensuite le président Wauquiez l’an­nonce. Nous avons applaudi cette déci­sion au Ceser, puisque cela corres­pond exac­te­ment aux besoins que nous avions repé­rés sur nos terri­toires, grâce aux retours de nos membres. L’éga­lité des chances passe par une faci­li­ta­tion de l’ac­cès au savoir. Et le livre reste un outil essen­tiel.

Vous avez d’autres exemples ?

En juillet 2020, pendant la crise sani­taire, nous avons fait un gros travail autour de la ques­tion de la santé. Pendant le Covid, on s’est aperçu qu’il y avait eu beau­coup de souf­france liée à la diffi­culté d’ac­cès aux soins, et que cela touchait de nombreux habi­tants. Nous avons alors évoqué la possi­bi­lité de faci­li­ter l’ar­ri­vée des méde­cins sala­riés par la Région dans ces zones insuf­fi­sam­ment desser­vies. En février 2023, le conseil régio­nal a annoncé que pour résor­ber les diffi­cul­tés liées aux déserts médi­caux, il allait favo­ri­ser la mise en place de méde­cins sala­riés, mais aussi des visites médi­cales ambu­lantes. Il y a beau­coup d’autres exemples, notam­ment au niveau écono­mique et envi­ron­ne­men­tal.

Si on se reporte six ans en arrière, avec votre élec­tion, c’était la première fois qu’il y avait une prési­dence du Ceser qui n’était pas « patro­nale ». Aujourd’­hui, vous n’avez pas de candi­dat du collège 1. Mieux, il vous soutient. Est-ce que c’est un motif de satis­fac­tion parti­cu­lier pour vous ?

La première des satis­fac­tions, c’est d’avoir d’abord main­tenu le Ceser dans ce qu’il est. C’est-à-dire une assem­blée non poli­tique au sens poli­ti­cien du terme, pas au sens de parti­ci­pa­tion à la vie de la cité. Nous ne sommes pas une assem­blée poli­tique. On reste indé­pen­dant et à notre place. Pendant toute la manda­ture, les paroles étaient suffi­sam­ment libres pour que ce qu’elles disaient soit pris en compte. Oui, je suis satis­fait que la grande majo­rité des orga­ni­sa­tions qui composent le Ceser se soient senties libres de paroles par rapport à ce qu’elles portaient.

La CFDT défend l’idée d’une alter­nance entre les trois collèges et consi­dère que c’est au collège 2 de prendre la prési­dence. Elle dit même que c’était un enga­ge­ment d’il y a six ans. Son soutien en 2018 contre votre soutien en 2024 ? Vous avez changé d’avis ?

Je pense que c’est parole contre parole. J’ai l’ha­bi­tude de tenir mes enga­ge­ments. Si j’avais à un moment évoqué cette hypo­thèse-là, je l’au­rais tenue. Aujourd’­hui, j’ai l’am­bi­tion d’être toujours président au-delà des ego person­nels. J’es­time que ma prési­dence a apporté un équi­libre supplé­men­taire à ce qu’est le Ceser aujourd’­hui. On a une multi­tude de candi­dats possibles parce qu’il y a des person­na­li­tés extra­or­di­naires au Ceser. Il se trouve que l’équi­libre que j’ai apporté peut encore perdu­rer quelque temps, pour permettre juste­ment le renfor­ce­ment du rôle du Ceser dans notre région.

Le candi­dat du collège 2, Jean-Marc Guil­hot, n’est pas en mesure de garan­tir cet équi­libre ?

Non, il y a des person­na­li­tés tout à fait inté­res­santes dans les deux premiers collèges et qui pour­raient prési­der le Ceser. Simple­ment, je pense que je peux encore appor­ter quelque chose en termes d’équi­libre, de pour­suite du travail engagé et de rela­tions avec le conseil régio­nal qui est quand même notre parte­naire prin­ci­pal avec l’État en région. Le fait d’être entendu par d’autres collec­ti­vi­tés, d’autres instances, ça compte !

Ça veut dire que vous êtes aussi le candi­dat de Laurent Wauquiez ?

Pas du tout ! Par rapport à Laurent Wauquiez, chacun est à sa place, chacun dans son rôle. J’ai toujours écrit et rappelé que nous sommes une assem­blée indé­pen­dante et nous le prou­vons dans tous nos avis. Pour moi, c’est essen­tiel. Chacun a sa person­na­lité. Je ne suis pas Laurent Wauquiez. Je n’ai pas du tout cette préten­tion.

Quelle est votre feuille de route pour les six ans qui viennent ?

Aujourd’­hui, il y a une frac­ture à la fois sociale, écono­mique, envi­ron­ne­men­tale, cultu­relle et poli­tique. On a une véri­table crise de société et notre rôle en tant que société civile, c’est de viser l’apai­se­ment. Et nous visons l’apai­se­ment par un dialogue interne à notre assem­blée. C’est ce que je souhaite renfor­cer. Je pense que je peux être assez bien placé pour le faire. Il faut que nous ayons une orga­ni­sa­tion interne qui permette de renfor­cer l’ex­pres­sion, à la fois de toutes les compo­santes du Ceser, et, simul­ta­né­ment, de la parole de chacun. Nous avons une parole commune, mais elle n’est pas unique. Elle peut permettre l’ex­pres­sion de diver­gences sur tous les sujets. Et ça, c’est quelque chose sur lequel on a encore une marge de progres­sion assez inté­res­sante à mettre en avant.

Merci d’avoir lu cet article ! Si vous avez un peu de temps, nous aime­rions avoir votre avis pour nous amélio­rer. Pour ce faire, vous pouvez répondre anony­me­ment à ce ques­tion­naire ou nous envoyer un émail à redac@­lyon­de­ci­deurs.com. Merci beau­coup !

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