Gérard Collomb, l’in­fa­ti­gable VRP de luxe

Gérard Collomb avait l’habitude de faire plusieurs fois par an des déplacements à l’étranger, principalement en Asie et Amérique du Nord, pour vendre la destination Lyon auprès des entreprises internationales.
Gérard Collomb au Japon Gérard Collomb au Japon © DR

Jacques de Chilly, l’an­cien patron de l’Aderly (Agence pour le déve­lop­pe­ment écono­mique de la région lyon­naise), a encore en tête cette anec­dote qui date d’une quin­zaine d’an­nées. Le groupe indus­triel japo­nais Toray, qui a une implan­ta­tion à Saint-Maurice-de-Beynost, évoque alors l’idée de créer un nouveau centre de produc­tion en Répu­blique tchèque.

Un projet fina­le­ment réorienté à Lyon après une discus­sion entre le big boss et Gérard Collomb qui était alors en dépla­ce­ment à Tokyo. « C’était la fin d’une longue soirée, autour d’un verre de cognac, et le président de Toray a fini par dire “d’ac­cord” en français à Gérard Collomb qui avait réussi à le convaincre », raconte Jacques de Chilly qui a accom­pa­gné l’an­cien maire de Lyon dans de nombreuses délé­ga­tions à l’in­ter­na­tio­nal : Japon, Chine, Corée du Sud, États-Unis, Dubaï, Maroc…

Au rythme de trois dépla­ce­ments par an en moyenne, Gérard Collomb endos­sait le costume de VRP de luxe à l’étran­ger, rencon­trant person­nel­le­ment les patrons des grandes entre­prises pour les convaincre de venir s’im­plan­ter à Lyon plutôt qu’ailleurs et pour ouvrir les portes de nouveaux marchés aux patrons d’en­tre­prises lyon­naises ou aux prési­dents d’uni­ver­si­té…

« La présence et l’im­pli­ca­tion de Gérard Collomb permet­taient d’avoir des rendez-vous au plus haut niveau, et non avec les numé­ros deux ou trois des groupes inter­na­tio­naux que l’on visi­tait lors de ces voyages. Et cela rajou­tait une touche de séduc­tion quand il expliquait person­nel­le­ment qu’il allait tout faire pour que la société se déve­loppe sur le terri­toire. Il était très à l’aise dans ces échanges, et faisait preuve d’un vrai sens diplo­ma­tique. On ne dormait pas beau­coup lors de ces dépla­ce­ments à l’étran­ger, on prépa­rait les rendez-vous avec beau­coup de rigueur et cela donnait des résul­tats », pour­suit Jacques de Chilly.

Gérard Collomb, le « séduc­teur au service de Lyon »

À la tête du programme OnlyLyon entre 2011 et 2017, Lionel Flas­seur consi­dère que Gérard Collomb était alors « le premier ambas­sa­deur » de la ville. « Lyon était d’ailleurs la première collec­ti­vité de France à avoir engagé une démarche de marke­ting terri­to­rial. Il avait compris que cela était utile pour que la métro­pole rayonne à sa juste valeur. Et il était lui-même un séduc­teur au service de Lyon, sans cher­cher à rame­ner le succès à sa personne », assure Lionel Flas­seur qui se remé­more des souve­nirs.

Avec encore l’éton­ne­ment, lors d’une visite en Amérique du Nord, du maire de Montréal devant le nombre de personnes présentes à une soirée du réseau OnlyLyon orga­ni­sée sur place : « Il lui a dit : “Gérard, tu n’es pas d’ici, comment fais-tu pour rassem­bler autant de monde ?” »

Surtout, tous ceux qui ont accom­pa­gné un jour Gérard Collomb en visite loin de Lyon côtoyaient un maire qui prenait plai­sir à jouer ce rôle de VRP. « Et il était aussi à l’aise à un dîner sushis à quatre que lors de céré­mo­nies très proto­co­laires. Il avait diffé­rents registres », souligne l’an­cien conseiller tech­nique du président de la Métro­pole, Teddy Brey­ton, qui retient l’image d’un homme « curieux » de ce qu’il décou­vrait à l’autre bout du monde.

« Je me souviens par exemple qu’il avait été très inté­ressé par les gares du Japon à un moment où l’ave­nir de la Part-Dieu était en réflexion. Il avait la convic­tion que le monde allait vite et qu’il fallait voir la réalité du monde pour rester dans la course. Surtout dans le cadre d’une mondia­li­sa­tion où certains emplois lyon­nais dépen­daient parfois de déci­sions prises loin de Lyon », détaille Teddy Brey­ton.

Merci d’avoir lu cet article ! Si vous avez un peu de temps, nous aime­rions avoir votre avis pour nous amélio­rer. Pour ce faire, vous pouvez répondre anony­me­ment à ce ques­tion­naire ou nous envoyer un émail à redac@­lyon­de­ci­deurs.com. Merci beau­coup !

Consent choices
Remonter