Gérard Collomb rêvait d’une skyline lyon­naise

Alors que le projet de « l’îlot R » est au point mort, Gérard Collomb va débloquer la situation avec Jean-Claude Condamin, le patron de Sogelym Dixence qui réalise les tours Oxygène puis Incity. Gérard Collomb rêvait d’une skyline lyonnaise à une douzaine de tours. La nouvelle municipalité en a décidé autrement.
Gérard Collomb avec le promoteur Jean-Claude Condamin lors de la pose de la première pierre de la tour Incity. Gérard Collomb avec le promoteur Jean-Claude Condamin lors de la pose de la première pierre de la tour Incity. © DR

Tout juste élu maire de Lyon, Gérard Collomb rencontre Jean-Claude Conda­min, le patron de Soge­lym Dixence pour lui deman­der ce qu’il faut faire pour relan­cer le projet de « l’îlot R » à la Part-Dieu. Le permis de construire est attaqué, la tour Lumière est au point mort. « Je lui ai dit qu’il fallait renon­cer au projet initial prévoyant trois fonc­tions : hôtels, bureaux et commerces pour passer à une tour avec unique­ment des bureaux et des commerces par une exten­sion du centre commer­cial », explique Jean-Claude Conda­min.

Gérard Collomb trouve un nouveau terrain pour les hôtels et donne le feu vert au projet qui prend le nom de tour Oxygène. « Il s’est beau­coup impliqué dans le projet et les choix archi­tec­tu­raux. Il aimait le beau. C’était agréable de parler avec lui. Il a vu notre impli­ca­tion et notre déter­mi­na­tion pour se sortir d’une affaire vrai­ment mal partie. Il nous en a gardé une grande recon­nais­sance. »

« Une autre tour dans le prochain mandat »

Livrée en 2007 à la fin du premier mandat, Oxygène sera suivie dans le deuxième mandat d’In­city. « La confiance s’était instal­lée. Il m’avait glissé : “Dans le prochain mandat, on fera une autre tour de 40 000 m2.” On n’avait pas prévu qu’il y ait une crise finan­cière. Il voulait vrai­ment ce projet. Comme Oxygène, il l’a porté avec nous, avec Stépha­nie Paix qui était alors prési­dente de la Caisse d’Épargne Rhône Alpes. Il a appré­cié le travail des archi­tectes, Valode & Pistre. Et puis, il y a eu le rôle de la SNCF avec l’ar­ri­vée de la direc­tion géné­rale des TER, le gros projet de la gare de la Part-Dieu. Une conju­gai­son posi­tive. »

Omni­pré­sent sur tous les grands projets urba­nis­tiques et d’amé­na­ge­ment, Gérard Collomb rêve alors d’une skyline lyon­naise autour de la Part-Dieu pouvant monter jusqu’à une douzaine de tours. « Quand il se bala­dait en Europe, il avait bien perçu l’im­por­tance des tours, essen­tielles pour ne pas trop densi­fier. Il faut de la verti­ca­lité pour lais­ser des espaces au sol. Il avait tout compris du fonc­tion­ne­ment des hyper­centres. Sa présence, chaque année, au salon inter­na­tio­nal de l’im­mo­bi­lier Mipim de Cannes lui donnait l’op­por­tu­nité de vendre la ville et ses projets. »

La skyline à 12 tours ne verra pas le jour, le nouvel exécu­tif porté par Grégory Doucet a fait d’autres choix depuis 2020. Une ultime tour, To-Lyon, construite par Vinci, sera bien­tôt inau­gu­rée à la sortie de la gare début 2024, abri­tant le nouveau siège social du groupe Apicil. Comme un clin d’œil au dernier mandat de Gérard Collomb qui avait décidé de sa construc­tion.

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