Le quar­tier de… Carla Kirsch, la Croix-Rousse comme une évidence

Carla Kirsch, jeune cheffe d'origine mexicaine, est à la tête de son restaurant l'Alebrije à la Croix-Rousse. Ce n'est pas par hasard qu'elle a décidé de s'installer sur les hauteurs du 4ème arrondissement. Pour la cheffe, c'était une évidence. 
Carla Kirsch Carla Kirsch © Éline Dany

Quand Carla Kirsch arrive à Lyon en 2013, le premier quar­tier qu’elle découvre n’est autre que la Croix-Rousse. Sa cousine habi­tait au cœur du quar­tier à l’époque, alors elle vivait déjà dans le 4ème arron­dis­se­ment à chaque visite en France. « Il y a dix ans, j’ai eu un véri­table coup de cœur pour la Croix-Rousse. Ce n’est pas le centre-ville, il y a un rythme de vie tota­le­ment diffé­rent, il y a beau­coup de commerces d’ar­ti­sans et de métiers de bouche… C’est tout ce que j’aime ! » confie la cheffe à la tête du restau­rant gastro­no­mique mexi­cain l’Ale­brije auréolé d’un Bib Gour­mand l’an­née dernière. 

Ce quar­tier, Carla Kirsch le voit comme un « village à part » : « Les gens ont raison quand ils disent qu’il y a Lyon et la Croix-Rousse, beau­coup de monde ici se décrit comme « Croix-rous­siens » et non « Lyon­nais ». C’est un endroit pas comme les autres. On a l’ha­bi­tude de voir régu­liè­re­ment les mêmes personnes. »

Outre cette proxi­mité entre habi­tants, Carla Kirsch appré­cie le côté tradi­tion­nel du 4ème, pour elle, c’est un coin de Lyon qui a gardé son « esprit canut  ». « On le voit dans la plupart des habi­ta­tions et des restau­rants. Ce sont des bâti­ments très anciens mais qui sont vrai­ment plus jolis et chaleu­reux que le neuf » commente-t-elle.

Des ressem­blances avec son village natal

« Ce quar­tier colle parfai­te­ment avec ce que je veux trans­mettre dans mon restau­rant et ce que je suis. ». La cheffe lyon­naise travaille et vit rue Justin Godart, elle se sent ici comme dans son ancienne vie, dans un quar­tier à taille humaine. «  C’est hété­ro­gène, il y a de tout, tu peux trou­ver une maison au milieu de plusieurs appar­te­ments et il y a beau­coup de vie avec le marché ou la Vogue des marrons par exemple. »

Que certaines personnes n’ap­pré­cient pas le quar­tier elle le comprend, mais Carla Kirsch l’af­firme et le répète elle « n’ima­gi­ne­rais jamais avoir la même vie dans le 2ème arron­dis­se­ment par exemple. » Éline Dany

Ses bonnes adresses

  • Único Arti­san Glacier : « Ils diront qu’ils ne sont pas de la Croix-Rousse mais si, ils y sont bien (rires). C’est un glacier parti­cu­lier car ils ne travaillent qu’a­vec des produits qu’ils trouvent dans un rayon de 100 km maxi­mum. Cela reprend aussi la même idée que ma cuisine : travailler avec ce qu’on a. » 91 montée de la Grande-Côte, Lyon 1er 
  • 1150 vintage : « C’est une très jolie boutique, il n’y a pas que du vintage. Le choix pour faire du shop­ping change tout le temps et la vendeuse est adorable et je ne dis pas ça car c’est ma voisine (rires). » 2 rue Justin Godart, Lyon 4e
  • Pilo Hôtel : « C’est un ancien collège qui a été réha­bi­lité en restau­rant, hôtel et bar. Ils ont réuti­lisé un bâti­ment qui était à l’aban­don et c’est un concept que j’adore. Il y a toujours des choses à faire, le lieu est très agréable. » 10 montée des Carmé­lites, Lyon 1er 

Ce qu’elle adore 

La possi­bi­lité de tout faire à pied. « Tu peux tout faire dans la même jour­née sans aller à plus de deux kilo­mètres de chez toi. Tu peux faire tes courses, aller au marché, faire du shop­ping ou boire un verre très faci­le­ment, il y a du choix. Parfois les gens ne comprennent pas qu’on ne veuille pas sortir de la Croix-Rousse mais en même temps on a tout ce qu’il faut ici. » 

Les habi­tants. « Il y a un autre état d’es­prit, les gens ici sont très sympas. Les lyon­nais ont pour­tant la répu­ta­tion d’être très froids mais ici je ne ressens pas ça. On se connaît tous entre nous. »

Ce qu’elle aime moins

Pas assez de sécu­rité. « Il n’y a aucune caméra de surveillance dans ce quar­tier, je me suis fait cambrio­ler en 2022 et je connais plusieurs amis, une bonne dizaine, qui l’ont été aussi. Ici, les voleurs peuvent faire ce qu’ils veulent, personne ne les surveille et la police est débor­dée. »

L’ac­ces­si­bi­lité. « C’était aussi un chal­lenge d’ins­tal­ler mon restau­rant ici car il faut que les clients montent jusqu’à nous. Le quar­tier n’est pas assez desservi, il n’y a pas assez de places de parking et   quand les gens prennent leur voiture il y a beau­coup d’em­bou­teillages. »

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