Fouziya Bouzerda : « C’était impor­tant de prendre du recul »

L’ancienne présidente du Sytral et vice-présidente de la Métropole a repris fin janvier les sièges des conseils métropolitain et municipal laissés vacants suite au décès de Gérard Collomb. La directrice de Grenoble Ecole de Management retrouve la politique lyonnaise, quatre ans après s’en être écartée.
Fouziya Bouzerda Fouziya Bouzerda © Muriel Chaulet

Vous avez retrouvé fin janvier les conseils de la Métro­pole et de la Ville. Comment vivez-vous ces retours ?

Fouziya Bouzerda : Avec une pensée pour Gérard Collomb et beau­coup de nostal­gie. J’ai revu de nombreuses personnes que j’ap­pré­ciais parti­cu­liè­re­ment. C’est étrange puisque j’ai l’im­pres­sion d’être partie long­temps, mais aussi de n’avoir jamais vrai­ment quitté les lieux. J’ai rapi­de­ment repris les dossiers, je pense que c’est plus facile quand on a été dans l’exé­cu­tif.

Et puis à la Métro­pole, je ne suis pas toute seule. J’ai inté­gré le groupe La Métro­pole pour tous, aux côtés de Pierre Cham­bon et Izzet Doga­nel avec qui j’ai mené la campagne métro­po­li­taine en 2020. Ce n’est pas un grand groupe, mais nous pouvons faire entendre une voix singu­lière et nous parta­geons des valeurs fortes. À la Ville, je siège comme « non inscrite », je me laisse le temps d’ar­ri­ver tranquille­ment.

Vous aviez quitté la vie poli­tique lyon­naise après la défaite des listes de Gérard Collomb et Yann Cuche­rat en 2020. En quoi cette pause a-t-elle béné­fique pour vous ?

C’était impor­tant de prendre du recul. La poli­tique, c’est passion­nant mais parfois aussi très décep­tif. Cette prise de recul m’a permis de poser le stylo, de réflé­chir. J’ai cofondé une chaire sur la tran­si­tion des métro­poles pour mieux construire et repen­ser la ville de demain. Dans ce cadre, j’ai échangé avec des univer­si­tés, des orga­nismes de recherche, des insti­tu­tion­nels, des entre­pri­ses… Je me suis beau­coup nour­rie de ces rencontres.

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Et puis j’ai pris la direc­tion d’une école excep­tion­nelle (Grenoble Ecole de Mana­ge­ment, NDLR) il y a dix-huit mois. Je découvre un nouvel écosys­tème, comme je l’avais fait en entrant en poli­tique ou en prenant la prési­dence du Sytral. C’est un vrai bain de jouvence de diri­ger cette école inter­na­tio­nale, la première grande busi­ness school à se doter du statut d’en­tre­prise à mission. Je reviens donc ici très contente et plei­ne­ment épanouie.

Avec l’en­vie de jouer un rôle lors des prochaines muni­ci­pales et métro­po­li­taines en 2026 ?

J’ai toujours été une femme enga­gée mais ce serait manquer d’hu­mi­lité d’an­non­cer dès mon retour à la Ville et à la Métro­pole que je vais jouer un rôle lors des prochaines élec­tions. Je sais que beau­coup me prêtent cette envie ou souhaitent que je me présente. Je vais me donner le temps de la réflexion. J’ai le luxe de pouvoir prendre mon temps et réflé­chir pour savoir ce que je veux faire. J’ai un job passion­nant à Grenoble, très tourné vers l’in­ter­na­tio­nal et je n’en­tends abso­lu­ment pas y renon­cer.

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Ma prio­rité, ça restera de diri­ger GEM. Lors de mon retour à la Métro­pole, j’ai vu beau­coup d’élus au pouvoir ou dans l’op­po­si­tion usés, décou­ra­gés ou désa­bu­sés. Moi je me sens bien. J’ai la pêche parce que je me suis nour­rie intel­lec­tuel­le­ment et rechal­len­gée dans ce nouveau job. Il y a des choses à propo­ser, à construire donc je pren­drais ma part en 2026, mais je ne sais pas encore si ce sera en première ou en dernière ligne.

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