Granu­plast en sauve­garde pour se donner de l’oxy­gène

La société Granuplast, spécialisée dans le recyclage des plastiques a été placée en sauvegarde par le tribunal de commerce de Lyon le 14 février. En bute à des problèmes techniques qui freinent sa montée en puissance, elle doit aussi faire face à une grogne persistante de riverains à Jassans.
Roland Tchenio et Thierry Aubrun Roland Tchenio et Thierry Aubrun © DR

Les action­naires de Granu­plast ont choisi de passer par la case sauve­garde. L’ou­ver­ture de la procé­dure de sauve­garde a été actée par le tribu­nal de commerce, mercredi dernier 14 février, avec une période d’ob­ser­va­tion de 2 mois.

Avec une usine flam­bant neuve à Jassans-Riot­tier et un siège à Ecully, Granu­plast a fait le pari de surfer sur le marché en plein déve­lop­pe­ment du recy­clage des plas­tiques.

Le projet porté par un groupe d’en­tre­pre­neurs et d’ex­perts-comp­tables avec Thierry Aubrun à leur tête (à droite sur la photo) mais aussi Roland Tché­nio, l’an­cien PDG de Toupar­gel (à gauche sur la photo), a pris des allures de parcours du combat­tant ces dernières années.

12 millions d’eu­ros inves­tis pour Granu­plast

Granu­plast a d’abord dû affron­ter les inquié­tudes rive­rains et d’op­po­sants locaux au projet. Une fois le permis décro­ché et les travaux de construc­tion enga­gés, les action­naires ont investi, au total, 12 millions d’eu­ros pour une usine entiè­re­ment auto­ma­ti­sée censée tour­ner, à terme, avec 25 personnes en 2 × 8 pour une capa­cité de produc­tion de 40 000 tonnes (20 000 tonnes dans un 1er temps pour la 1ère ligne).

Le process est simple, sur le papier : à l’en­trée de l’usine, des balles de plas­tiques ache­tées à des collec­teurs/trieurs (issues de la « poubelle jaune »). En sortie de la ligne, après une demi-douzaine d’opé­ra­tions, les plas­tiques ressortent sous forme de granu­lés avec des perfor­mances compa­rables à celles des matières plas­tiques vierges. Ils peuvent alors être vendus aux plas­tur­gistes pour tout type de fabri­ca­tion : poubelles, pots de fleur, etc.

Granu­plast n’a pas les « cadences souhai­tées »

Dans les faits, Granu­plast a été confron­tée à un ensemble de diffi­cul­tés tech­niques et une ligne qui n’a pas les rende­ments espé­rés. « Nous savons qu’il y a un marché, c’est indé­niable, explique Roland Tché­nio. Il y a un certain nombre d’élé­ments favo­rables qui s’an­noncent, notam­ment au niveau euro­péen avec l’obli­ga­tion d’uti­li­sa­tion d’un mini­mum de plas­tiques recy­clés. Mais, nous sommes confron­tés à des problèmes de fonc­tion­ne­ment de notre machine tribo-élec­trique qui n’a pas les cadences souhai­tées. Nous visons les 3 tonnes/heure. Nous n’y sommes pas encore. La déci­sion d’op­ter pour une sauve­garde était néces­saire. Elle va nous donner de l’oxy­gène pour prépa­rer l’ave­nir dans de bonnes condi­tions ».

Granu­plast doit aussi faire face à de nouvelles actions d’op­po­sants sur place, inquiets sur le plan envi­ron­ne­men­tal. Le sujet a été évoqué en décembre dernier lors d’un conseil de la commu­nauté d’ag­glo­mé­ra­tion Ville­franche Beaujo­lais Saône.

Plusieurs élus sont inter­ve­nus parlant, pour certains, de « mise en danger sani­taire » liée à des « rejets atmo­sphé­riques et aqueux ». Une action a été enga­gée pour deman­der à l’en­tre­prise de « se mettre aux normes ».

Le projet Granu­plast a été soutenu finan­ciè­re­ment par la Région Auvergne-Rhône-Alpes. De son côté, l’Aderly le citait, en 2022, en exemple, d’en­tre­prise enga­gée sur la tran­si­tion écolo­gique.

Merci d’avoir lu cet article ! Si vous avez un peu de temps, nous aime­rions avoir votre avis pour nous amélio­rer. Pour ce faire, vous pouvez répondre anony­me­ment à ce ques­tion­naire ou nous envoyer un émail à redac@­lyon­de­ci­deurs.com. Merci beau­coup !

Consent choices
Remonter