Yahya El Mir, l’in­no­va­tion de rupture comme moteur

Le président-fondateur de la biotech lyonnaise Ziwig, spécialisée dans la santé de la femme grâce à des tests salivaires mêlant biologie moléculaire et intelligence artificielle, explore un nouveau domaine après avoir fait carrière dans le numérique, les hautes technologies informatiques et le e-commerce.
Yahya El Mir Yahya El Mir © Ziwig

Un nouveau chapitre dans la santé

Yahya El Mir peut avoir le sourire. Le président-fonda­teur de Ziwig a reçu, mi-janvier, la confir­ma­tion par la Haute auto­rité de santé (HAS) de l’ef­fi­ca­cité du test sali­vaire diagnos­tic de l’en­do­mé­triose, une patho­lo­gie source de douleurs pour 1 femme sur 10, déve­loppé depuis 2019 par la biotech lyon­naise. « C’est une étape très impor­tante. Notre test doit réduire l’er­rance diagnos­tique des patientes de l’ordre aujourd’­hui de 10 ans en moyenne, à 10 jours. C’est une inno­va­tion de rupture. Il est donc fonda­men­tal d’ob­te­nir cette confir­ma­tion par une instance réfé­rence de la méde­cine », souligne le diri­geant.

Avec Ziwig, l’en­tre­pre­neur franco-maro­cain de 50 ans dessine le nouveau chapitre d’une carrière dense, menée dans le numé­rique et les tech­no­lo­gies infor­ma­tiques. « Les projets entre­pre­neu­riaux, c’est un peu comme les enfants. On raconte toujours que le dernier né est le plus beau, plai­sante-t-il. Mais avec Ziwig, c’est vrai­ment le cas. Nous avons un impact sur la vie de millions de femmes en souf­france. On apporte une inno­va­tion dans un domaine qui en a cruel­le­ment besoin, ça fait sens. »

L’es­sor d’in­ter­net et l’en­trée en bourse

Chimiste de forma­tion passé par les bancs de la Sorbonne, Yahya El Mir bifurque dans les années 90 vers le monde infor­ma­tique. Il crée sa première société, bapti­sée KeenVi­sion en 1998, à 30 ans. « Je suis parti tout seul et moins de deux ans plus tard, nous étions 50 dans l’en­tre­prise. L’époque était extrê­me­ment porteuse. Les gens qui ne croyaient pas à l’es­sor d’in­ter­net quelques mois plus tôt ont très vite basculé. »

Profi­tant du succès de la vague numé­rique, il fusionne KeenVi­sion avec la société SQLI, spécia­li­sée dans la concep­tion de sites inter­net, et prend la tête de ce nouvel ensemble, qu’il intro­duit en bourse à l’été 2000.

« La rigueur de gestion et la commu­ni­ca­tion sont alors deve­nues primor­diales. Nous n’étions pas fran­che­ment prépa­rés à cela donc ce passage a été assez brutal et diffi­cile à gérer », rejoue aujourd’­hui le diri­geant.

Instal­lée en France, en Suisse, au Bene­lux et au Maroc, la société de services infor­ma­tiques réalise une ving­taine d’ac­qui­si­tions succes­sives entre 2005 et 2010 et fran­chit le cap des 2 000 colla­bo­ra­teurs. « En 2011, nous avons fait 168 millions d’eu­ros de chiffre d’af­faires et 68% de crois­sance. On avait battu le record de renta­bi­lité de la société. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de passer à autre chose. Je voulais repar­tir d’une feuille blanche pour créer des inno­va­tions de rupture. »

Au cœur de l’éco­sys­tème biotech lyon­nais

Le diri­geant lance alors Emy Capi­tal, sa holding d’in­ves­tis­se­ment spécia­li­sée dans les hautes tech­no­lo­gies infor­ma­tiques et le e-commerce. « J’ai lancé et accom­pa­gné une douzaine de start-up mais j’ai compris à travers cette aven­ture que j’étais plus un chef d’en­tre­prise qu’un inves­tis­seur. Ce qui me motive, c’est de parti­ci­per à la construc­tion, de suivre le déve­lop­pe­ment dans le détail. » Il fonde en ce sens Ziwig, en 2019, au cœur de l’éco­sys­tème biotech lyon­nais.

L’en­tre­prise asso­cie l’in­tel­li­gence arti­fi­cielle aux biomarqueurs (ARN sali­vaire) pour faire émer­ger « une méde­cine de préci­sion, indi­vi­dua­li­sée et prédic­tive au service de la santé de la femme. » Elle emploie une centaine d’ex­perts médi­caux français et ingé­nieurs spécia­listes des tech­no­lo­gies de pointe.

« Je voulais faire à la fois de la science et de la tech­no­lo­gie, dans une logique entre­pre­neu­riale utile », renseigne Yahya El Mir. Le test diagnos­tic de l’en­do­mé­triose est aujourd’­hui commer­cia­lisé dans une quin­zaine de pays d’Eu­rope et du Moyen-Orient, mais pas encore en France.

« On espère ne pas être frei­nés par des proces­sus admi­nis­tra­tifs trop lourds pour que toutes les patientes qui en ont besoin puissent en béné­fi­cier. » La biotech déve­loppe en paral­lèle un nouveau test sali­vaire pour détec­ter d’autres patho­lo­gies gyné­co­lo­giques et compte, à terme, péné­trer le marché améri­cain.

Bio express

  • 15 juillet 1968 : Nais­sance
  • 1998 : Créé sa première société KeenVi­sion dans les services infor­ma­tiques
  • 2000 : Intro­duc­tion en bourse de son groupe SQLI
  • 2011 : Lance­ment de sa holding d’in­ves­tis­se­ment Emy Capi­tal
  • 2019 : Créa­tion de Ziwig
  • Janvier 2024 : L’ef­fi­ca­cité du test sali­vaire de détec­tion de l’en­do­mé­triose de Ziwig est confir­mée par la Haute auto­rité de santé

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