Alexandre Vincen­det : « Je quitte la droite pour rejoindre la droite »

Le député de la 7e circonscription du Rhône a été exclu mi-mars du groupe LR à l’Assemblée nationale. Il dénonce des manœuvres de Laurent Wauquiez et rejoint les rangs du parti Horizons d’Édouard Philippe.
Alexandre Vincendet Alexandre Vincendet © Susie Waroude

Vous avez été exclu du groupe LR à l’As­sem­blée natio­nale, qui vous reproche votre trop grande proxi­mité avec le parti Hori­zons d’Édouard Philippe. Comment accueillez-vous cette déci­sion ?

Alexandre Vincen­det : Pour la première fois dans l’his­toire de la droite répu­bli­caine, on exclut quelqu’un pour désac­cord poli­tique. On acte la fin de la démo­cra­tie interne dans un grand parti de gouver­ne­ment, qui faisait vivre aupa­ra­vant diffé­rentes lignes, sensi­bi­li­tés et opinions.

Quand on vous vire parce que vous soute­nez un candi­dat issu de la grande famille de la droite et du centre plutôt qu’un candi­dat soi-disant natu­rel qui stagne à 4,5 % dans les sondages (Laurent Wauquiez, NDLR), ça en dit long sur l’état du parti et de ceux qui ont décidé cette exclu­sion. On m’a confirmé que c’était une demande de Laurent Wauquiez. On me vire parce que je remets en ques­tion la ligne qui, élec­tion après élec­tion, envoie cette famille poli­tique dans le mur avec des scores à un chif­fre… C’est symp­to­ma­tique de l’état de ce parti.

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Vous décri­vez LR comme un parti « inerte, sectaire et idéo­lo­gique » dans les colonnes du JDD et rejoi­gnez Hori­zons. La rupture avec LR est donc défi­ni­tive ?

Je reste un homme de droite. Comme me l’a dit un ancien séna­teur LR du Rhône, je quitte la droite pour rejoindre la droite. J’ar­rive dans une famille poli­tique qui reprend l’es­prit des pères fonda­teurs de l’UMP. Chez Hori­zons, beau­coup d’an­ciens LR m’ont dit que j’avais exprimé ce qu’ils n’avaient pas osé dire à l’époque, que j’avais mis les mots sur ce qu’ils avaient ressenti en partant. C’est une joie de pouvoir travailler avec Édouard Philippe.

Lui comme moi sommes tristes de ce qui se passe dans notre famille poli­tique d’ori­gine. J’ai l’in­ten­tion de m’en­ga­ger plei­ne­ment à ses côtés. Je pense qu’il est celui qui a la soli­dité, l’épais­seur, la hauteur de vue et l’ex­pé­rience néces­saires pour jouer un rôle majeur dans les années qui viennent et éviter à notre pays un possible saut dans l’in­connu avec l’ar­ri­vée de l’ex­trême droite au pouvoir.

Vous plai­dez sur le plan local pour un très large rassem­ble­ment jusqu’au centre gauche pour les prochaines métro­po­li­taines de 2026. Quel rôle comp­tez-vous jouer lors de ce rendez-vous ?

Vous le verrez dans les mois qui viennent. Je pren­drai part au combat. Pour moi, la poli­tique, c’est addi­tion­ner, ce n’est pas sous­traire ni divi­ser. Il faut que toutes les bonnes volon­tés puissent se réunir au service d’un projet commun. Je veux œuvrer pour mon terri­toire, qui est une agglo­mé­ra­tion qui souffre aujourd’­hui. Lyon faisait partie des grandes capi­tales euro­péennes, mais nous sommes aujourd’­hui dans une poli­tique de déclas­se­ment. Tout est sacri­fié sur l’au­tel du dogme et de l’idéo­lo­gie par les écolo­gistes.

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