Au Mipim, Bruno Bernard défend « une attrac­ti­vité choi­sie et non subie »

Présente en force au Mipim, le salon international de l’immobilier de Cannes, la Métropole de Lyon a présenté ses grands projets. L’occasion pour Bruno Bernard d’expliciter sa vision de l’attractivité et d’appeler « tous les acteurs de l’immobilier » à faire pression sur le gouvernement pour obtenir une autre politique nationale du logement.
© Métropole de Lyon

Bruno Bernard pose ouver­te­ment la ques­tion, quelque peu dubi­ta­tif : « Le Mipim, dans cette confi­gu­ra­tion, exis­tera-t-il toujours dans dix ans ? » En atten­dant, cette année encore, la Métro­pole de Lyon a fait le dépla­ce­ment en force à Cannes pour le grand rendez-vous inter­na­tio­nal des profes­sion­nels de l’im­mo­bi­lier (12 au 15 mars).

Une délé­ga­tion conduite par Bruno Bernard, son président, et ses trois premiers vice-prési­dents dans l’ordre proto­co­laire – Émeline Baume, Béatrice Vessiller et Renaud Payre – plus quelques direc­teurs, tandis que, pour la Ville de Lyon, Grégory Doucet était accom­pa­gné de son adjoint, Raphaël Michaud.

L’oc­ca­sion de présen­ter au pas cadencé, deux jours durant, sur le stand de la Métro­pole de Lyon, tous les grands projets d’amé­na­ge­ment et d’ur­ba­nisme avec les acteurs concer­nés. Mais aussi pour Bruno Bernard de préci­ser sa stra­té­gie. « Notre poli­tique, qui a pu susci­ter ici ou là quelques inter­ro­ga­tions ou inquié­tudes, est de mieux en mieux comprise. Nous défen­dons l’idée d’une attrac­ti­vité choi­sie et non pas subie. »

La fin des méga­deals

L’heure n’est plus à viser un nombre record d’im­plan­ta­tions d’en­tre­prises chaque année, ni à décro­cher l’ins­tal­la­tion de sièges sociaux. D’ailleurs, les chiffres de l’im­mo­bi­lier d’en­tre­prise en 2023 à Lyon (baisse des surfaces de bureaux placées) sont consi­dé­rés posi­ti­ve­ment par Bruno Bernard.

« Il y a une forte rési­lience du terri­toire avec 330 000 m2 de locaux d’ac­ti­vité placés. Pour les bureaux, une surface de 248 000 m2 (-24 % par rapport à 2022, NDLR) reste un niveau inté­res­sant avec un nombre de tran­sac­tions élevé (530) et une demande très quali­ta­tive. Ce qui a disparu, ce sont les gros deals de plus de 10 000 m2 qui ne sont pas une prio­rité pour nous », explique-t-il ouver­te­ment lors de la confé­rence d’ou­ver­ture consa­crée à l’en­ga­ge­ment de la Métro­pole sur les tran­si­tions.

Et de lister les grandes prio­ri­tés : « Les inves­tis­se­ments dans les mobi­li­tés multi­pliés par deux avec trois nouvelles lignes de tram­way et le déve­lop­pe­ment des trans­ports dans les quar­tiers défa­vo­ri­sés ; un plan vélo ambi­tieux ; la réin­dus­tria­li­sa­tion et la régé­né­ra­tion des fonciers produc­tifs avec 29 sites iden­ti­fiés ; le déve­lop­pe­ment d’un tertiaire vertueux à la Part-Dieu et à la Confluence. »

Au total, toutes les poli­tiques publiques métro­po­li­taines addi­tion­nées repré­sentent un inves­tis­se­ment global de 3,5 milliards d’eu­ros pour adap­ter le terri­toire et la fabrique de la ville aux défis clima­tiques.

Forcé­ment, il a été ques­tion de loge­ment, secteur où la situa­tion est la plus diffi­cile. « Nous consa­crons 520 millions d’eu­ros sur le mandat au loge­ment, en réno­va­tions, en aides à l’in­ves­tis­se­ment et avec le plan d’ur­gence. Aujourd’­hui, nous avons besoin de la mobi­li­sa­tion de tous les acteurs pour obte­nir une autre poli­tique natio­nale du loge­ment. Il est temps que l’État joue son rôle et que Bercy s’y mette », argu­mente Bruno Bernard.

Faire bais­ser le foncier de 25 %

À ses côtés, Philippe Layec, le président de la FPI (Fédé­ra­tion des promo­teurs immo­bi­liers) de la région lyon­naise se réjouit d’avoir noué « un parte­na­riat très actif » avec la Métro­pole, symbo­lisé par un rendez-vous tous les trimestres durant lequel tous les programmes sont passés en revue, un par un. « On parle du coût du loge­ment social, mais on oublie tout ce que ça rapporte à l’État, précise-t-il. Chaque année, la Fonda­tion Abbé-Pierre le rappelle : 45 milliards d’eu­ros d’aides d’un côté pour 90 milliards de recettes pour l’État et les collec­ti­vi­tés locales de l’autre. »

Évoquant à son tour les tran­si­tions, ce dernier glisse toute­fois : « Allons-y sans brûler les étapes, si on veut tous arri­ver vivants… » Sur le plan d’ur­gence de 10 millions d’eu­ros, Renaud Payre, vice-président chargé du Loge­ment, estime que « la moitié de l’en­ve­loppe a été enga­gée, ce qui a permis de débloquer la situa­tion pour 3 800 loge­ments ».

La FPI constate d’ailleurs que, sur les deux premiers mois de l’an­née, les ventes en bloc sont repar­ties à la hausse. Pour Philippe Layec, une deuxième enve­loppe sera sans doute néces­saire au-delà des 10 millions d’eu­ros du plan d’ur­gence. Reste encore un autre gros point noir : le prix du foncier. « Il faudrait que le foncier baisse de 25 % », lâche le président de la FPI.

Certes, mais comment ? La réponse se fait attendre.

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