TCL : Bruno Bernard confirme le choix de RATP Dev et Keolis

Comme annoncé par Lyon Décideurs le 6 mars, le président du Sytral a choisi de confier l’exploitation du métro et des tramways lyonnais à RATP Dev. Son offre était moins onéreuse pour la collectivité. Celle de Keolis pour les bus et trolleybus était la meilleure sur le plan technique. RATP Dev remporte aussi le marché des navettes fluviales.
Bruno Bernard Bruno Bernard © DR

A Keolis, le lot bus et trol­ley­bus, le plus impor­tant en effec­tifs et chiffre d’af­faires pour les 6 prochaines années (2025–2030). À RATP Dev, le lot modes lourds (métro, tram­way, funi­cu­laire et Rhônex­press) pour les 10 années à venir (2025–2034).

Bruno Bernard a confirmé par commu­niqué de presse son choix pour les deux DSP (délé­ga­tion de service public) des trans­ports en commun lyon­nais. Une déci­sion soumise au vote du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion du Sytral le 28 mars prochain. Avec, à la clé, une expli­ca­tion de texte qui tient en 7 lignes où chaque mot à son impor­tance.

RATP Dev moins cher

En résumé, Keolis se voit confier le lot le plus impor­tant -bus et trol­ley­bus- en raison de « la qualité de l’offre tech­nique qui a été déter­mi­nante ». Quant au lot modes lourds, le président de Sytral Mobi­li­tés et de la Métro­pole de Lyon, indique avoir reçu « deux offres tech­niques équi­va­lentes  », tout en préci­sant que « c’est le coût global du contrat qui a fait la diffé­rence ».

Autre­ment dit, comme souvent, un nouvel entrant se montre très agres­sif sur le prix pour l’em­por­ter, quitte à rogner sur sa marge… Visi­ble­ment, Keolis n’a pas voulu entrer dans ce jeu. Pour être l’opé­ra­teur du métro lyon­nais depuis 30 ans, il avait en mains toutes les données du problème.

On savait aussi que Bruno Bernard voulait sortir d’une situa­tion où Keolis régnait en maître absolu sur le marché lyon­nais. Il avait fait le choix de l’al­lo­tis­se­ment, pensant sans doute qu’il serait diffi­cile de désa­vouer tota­le­ment Keolis, mais qu’a­vec 2 lots il serait plus facile d’ins­tal­ler une vraie concur­rence.

Et, de fait, sur le lot bus et trol­ley­bus, il y a bien eu 3 candi­dats (Keolis, RATP Dev et Trans­dev). Le fait que le 3e candi­dat ne soit même pas mentionné dans les expli­ca­tions de Bruno Bernard montre que Trans­dev est vrai­ment passé à côté du sujet.

Négo­cia­tions sociales serrées à venir

Le président de Sytral Mobi­li­tés ne manque pas de rappe­ler aussi que cet allo­tis­se­ment repose sur « un socle social inédit ». On sait que les syndi­cats des TCL, la CGT notam­ment, ne voyait pas d’un bon œil le choix d’al­lo­tir le marché des TCL. « Avec ce socle social, nous garan­tis­sons aux sala­riés actuels la conti­nuité de leurs rému­né­ra­tions, droits et acquis sociaux, précise Bruno Bernard. Ce socle social dépasse la ques­tion de l’al­lo­tis­se­ment et vise à proté­ger les sala­riés de toute remise en ques­tion de leurs droits sociaux  ».

Garan­tis par ce socle social, les repré­sen­tants syndi­caux des agents du métro et des tram­ways lyon­nais ne vont sans doute pas manquer de compa­rer leur situa­tion par rapport à celle des agents de la RATP pari­sien­ne… Ce qui laisse augu­rer quelques négo­cia­tions serrées.

Au-delà de ces 2 lots, c’est le Sytral qui reprend en direct, dans le cadre d’une gestion 100% publique en SPL (société publique locale) un certain nombre de missions stra­té­giques (gestion des parcs relais et rela­tion usagers. Et ce, afin de permettre « d’ho­mo­gé­néi­ser l’in­for­ma­tion aux voya­geurs et la distri­bu­tion des titres sur l’en­semble du péri­mètre de Sytral Mobi­li­tés ».

Le lot navettes fluviales pour RATP Dev aussi

Quant à la DSP concer­nant les navettes fluviales (un marché d’une quaran­taine de millions d’eu­ros), elle a été rempor­tée par RATP Dev égale­ment, préfé­rée à Trans­dev. Keolis n’avait pas déposé d’offre sur ce marché. Ce cboix sera aussi soumis au conseil d’ad­mi­nis­tra­tion de Sytral Mobi­li­tés.

Côté direc­tion, c’est Arnaud Legrand pour RATP Dev qui devrait pilo­ter les TCL métros-tram­ways. C’est lui qui a piloté la candi­da­ture métro pour le groupe public pari­sien. Quant à la direc­tion de Keolis Lyon, Thomas Fontaine devrait assu­rer la tran­si­tion jusqu’au début de l’an prochain.

Pas sûr, en revanche qu’il pour­suive sa mission à Lyon au-delà sur une délé­ga­tion forte­ment réduite. Il ne manquera pas de propo­si­tions. L’homme est unani­me­ment appré­cié et respecté, y compris de ses concur­rents.

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