Gilles Rein­hardt : quand la haute cuisine rencontre la haute cylin­drée

Gilles Reinhardt est le chef exécutif de l'Auberge du Pont de Collonges, le célèbre restaurant de Paul Bocuse, depuis 2017. Il a rejoint le groupe Bocuse en 2001 et est distingué comme Meilleur Ouvrier de France en 2004. Gilles Reinhardt n’est pas seulement passionné de cuisine, il adore aussi les motos et particulièrement les Harley-Davidson.
Gilles Reinhardt Gilles Reinhardt © Éline Dany

Dans le cœur de Gilles Rein­hardt, chef de renom de l’Au­berge Paul Bocuse, battent deux passions vibrantes : la haute cuisine et les motos Harley-David­son. Dès son enfance, Gilles Rein­hardt était fasciné par les deux-roues, une passion qui n’a fait que gran­dir avec le temps. « Cette passion a toujours été là, quand j’étais petit j’avais des posters de moto accro­chés au mur », partage-t-il.

2004 repré­sente pour Gilles une année char­nière, marquée par l’ob­ten­tion du titre pres­ti­gieux de Meilleur Ouvrier de France (MOF). Cette recon­nais­sance profes­sion­nelle a agi comme un déclen­cheur pour Gilles Rein­hardt, l’in­ci­tant à réali­ser un rêve de longue date : faire l’ac­qui­si­tion de sa première Harley-David­son. « Pour fêter ça, je me suis dit qu’il était temps de me lancer enfin dans la moto ». Et c’est ainsi qu’il a fran­chi les portes de la conces­sion d’Har­ley-David­son à Dardilly.

« Pour moi, Harley-David­son c’était une évidence. Le côté rebelle, ça me plai­sait bien aussi. » Sa première acqui­si­tion, un V-Rod, désor­mais disparu des gammes, a marqué le début d’une longue aven­ture à deux roues. Sa prochaine et huitième Harley, un road glide, est déjà comman­dée.

La sensa­tion de liberté avant tout

Pour Gilles Rein­hardt, la moto repré­sente bien plus qu’un simple moyen de loco­mo­tion. C’est une sensa­tion de liberté : « C’est surtout une superbe passion pour décom­pres­ser, faire des belles rencontres, passer des super moments », raconte ce barou­deur dont la ving­taine de périples reste accro­chée à son blou­son.

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Rouler en Harley lui offre « l’op­por­tu­nité de décou­vrir de nouveaux hori­zons et de parta­ger des moments inou­bliables avec d’autres passion­nés » comme Mathieu Hébert, parte­naire de balades mais aussi gérant de la conces­sion Harley-David­son de Dardilly.

Gilles Reinhardt et Mathieu Hébert
Gilles Rein­hardt et Mathieu Hébert © Éline Dany

« Toutes les jour­nées qu’on passe ensemble sont incroyables, le soir on boit des coups, on mange ensemble, ça nous sort de notre quoti­dien. Toutes les personnes du groupe sont fans de liberté et de bons produits comme la marque Harley ou comme peut l’être la cuisine française avec la maison Bocuse” précise Gilles Rein­hardt.

Cepen­dant, le chemin du chef avec sa passion pour les motos n’a pas été dénué d’obs­tacles. Il se remé­more avec émotion la perte d’un ami dans un acci­dent de moto, un événe­ment qui l’a profon­dé­ment marqué. « Ça nous a tous un peu calmés et j’y suis revenu petit à petit ». 

Et se rappelle d’autres souve­nirs plus posi­tifs comme les 25 ans du Chap­ter de Lyon (le groupe de clients régu­liers d’Har­ley à Lyon N.D.L.R.) “Monsieur Paul aimait lui aussi les motos et il avait sa Harley aux États-Unis. À la fin, il n’ar­ri­vait presque plus à marcher, et on avait orga­nisé un événe­ment à l’ab­baye pour les 25 ans du Chap­ter. J’al­lais le cher­cher en voiture mais lui, il voulait abso­lu­ment faire de la moto donc on avait fait un tour.”

Aussi exigeant en cuisine qu’a­vec sa moto

Son approche de la moto est semblable à celle de sa cuisine : une quête inces­sante de perfec­tion : « Je veux que ma moto soit toujours la plus belle » affirme Gilles Rein­hardt confirmé par Mathieu Hébert : « Gilles Rein­hardt est aussi exigeant avec sa moto qu’il l’est quand il cuisine chez Bocuse. Sur la qualité de la moto et sur les pièces que l’on monte dessus. Quand on fait sa commande on y passe du temps car il véri­fie tout. »

Les deux racontent, hilares, une anec­dote de leur dernier voyage à Buda­pest : « On est parti avec une tren­taine de motos. On s’est pris la pluie, la boue, les mous­tiques… Et le seul qui, tous les matins, se levait 30 minutes avant le départ pour nettoyer sa moto… C’était Gilles ! C’était le seul avec une moto toute propre tous les matins. » Le chef s’ad­met donc un peu maniaque avec sa moto, si impor­tante à ses yeux.

Une passion parfois trop peu exploi­tée

Être chef cuisi­nier chez Bocuse n’est pas une mince affaire. Week-end décalé, événe­ments par-ci par-là, voyages à l’autre bout du monde… Gilles Rein­hardt a beau­coup de mal à trou­ver le temps de partir en vadrouille sur sa bécane. « Je regrette de ne pas avoir plus de temps pour rouler, alors que je me sens si bien assis sur ma Harley. »

À 49 ans, le chef exécu­tif de l’au­berge Paul Bocuse rêve d’un jour « créer un petit groupe en cercle fermé vrai­ment quali­ta­tif « cuisine-moto »« . Alors peut-être qu’un jour nous aurons l’oc­ca­sion de croi­ser le groupe des « bikers épicu­riens » sur nos routes…

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