Véro­nique Garno­dier, trente ans chez l’ha­bi­tant

Présidente-fondatrice de l’enseigne lyonnaise Charlott’ en 1994, Véronique Garnodier fête cette année le 30e anniversaire de la marque de lingerie et prêt-à-porter. Avec une ambition intacte, malgré des résultats difficiles depuis la crise sanitaire, sans jamais abandonner son ADN : la vente à domicile.
Véronique Garnodier, fondatrice de Charlott' Véronique Garnodier © DR

Char­lott’ souffle une nouvelle bougie. La marque de linge­rie et prêt-à-porter lyon­naise fête cette année son 30e anni­ver­saire, et conti­nue de voir les choses en grand. « J’ai l’im­pres­sion que le temps est passé trop vite, témoigne Véro­nique Garno­dier, fonda­trice de l’en­seigne en 1994. Il n’y a jamais eu de routine, il s’est toujours passé beau­coup de choses et les défis de demain sont encore plus ambi­tieux. »

En trois décen­nies, la griffe lyon­naise a révo­lu­tionné le secteur en étant la première marque de linge­rie à utili­ser le canal de la vente à domi­cile. «  J’ai décou­vert ce concept à Cannes, avec la présen­ta­tion d’une société suisse qui vendait des filtres à eau chez leurs clients. J’ai tout de suite été séduite par cette idée, rejoue la diri­geante. J’ai voulu la lancer sur un produit qui concer­nait toutes les femmes et c’est comme cela que j’ai atterri dans la linge­rie. »

Depuis, le concept a fait ses preuves et Char­lott’ reste aujourd’­hui leader de la vente de linge­rie et prêt-à-porter à domi­cile, avec un réseau de 1 300 conseillères et près de 150 recrues en moyenne par mois. « Nous sommes dans une phase de recru­te­ment inten­sive pour recons­truire notre force de vente qui a été déci­mée par la crise du Covid  », insiste Véro­nique Garno­dier.

Face aux problé­ma­tiques liées à la crise sani­taire et à l’ar­rêt forcé des ventes à domi­cile pendant les confi­ne­ments, la marque a perdu plus de la moitié de ses 3 000 conseillères. L’ac­ti­vité est passée de 30 à 14 millions d’eu­ros de chiffre d’af­faires entre 2019 et 2023. « On essaie de commu­niquer sur le métier pour inté­res­ser de nouvelles vendeuses, remon­ter la pente et retrou­ver les niveaux d’avant-Covid. »

De l’étu­diante à la retrai­tée

Les nouvelles recrues sont épau­lées par des anima­trices, répar­ties dans toute la France, qui les accom­pagnent pour leurs premiers pas dans l’aven­ture Char­lott’. Elles suivent alors une forma­tion en trois temps, sur le détail du cata­logue, la gestion admi­nis­tra­tive et le déroulé d’un atelier clas­sique de vente à domi­cile.

« Toutes nos conseillères sont indé­pen­dantes et béné­fi­cient du statut de VDI (vendeur à domi­cile indé­pen­dant, NDLR). C’est du travail à la carte, avec une totale liberté et sans obli­ga­tions de résul­tats. Elles sont libres d’or­ga­ni­ser leur travail comme elles le souhaitent, et nous, on s’adapte à leurs dispo­ni­bi­li­tés », précise la diri­geante, qui emploie aussi 30 sala­riés au siège de Chapo­nost, pour les fonc­tions supports (marke­ting, finances, logis­tique, commer­cial, modé­lisme, stylis­me…).

Les reve­nus des conseillères sont propor­tion­nels au temps et aux efforts enga­gés, et atteignent en moyenne entre 20 et 30% de leurs ventes. Les profils des vendeuses de l’en­seigne lyon­naise sont ainsi très variés. « Nous avons un panel de conseillères très large : de l’étu­diante qui cherche un complé­ment de revenu, à la retrai­tée qui veut retrou­ver du lien social. Sans oublier celles qui veulent en faire carrière, et à qui nous propo­sons de deve­nir anima­trices pour gérer une équipe et les recrues. »

« Atti­rer une clien­tèle plus jeune »

Les profils des clientes de Char­lott’ sont aussi multiples. « Notre offre est très large, du 80 au 115G, donc on touche un panel très large de femmes. On travaille aussi de plus en plus avec des influen­ceuses sur les réseaux sociaux pour atti­rer une clien­tèle plus jeune. »

Ancienne vice-cham­pionne de France du contre-la-montre, mara­tho­nienne endur­cie et navi­ga­trice amatrice, Véro­nique Garno­dier (aussi ex-prési­dente de chambre au tribu­nal de commerce de Lyon entre 2000 et 2010) prépare désor­mais sa future sortie prévue dans quelques mois.

« Nous avons nommé en août dernier François Bille­card comme direc­teur géné­ral. Il arrive du monde de la musique et doit nous aider à envi­sa­ger l’après. Il faut prépa­rer la suite, savoir lais­ser la place, former et trans­mettre pour faire en sorte que le projet conti­nue bien pour le futur. » Et pour les trente prochaines années.

Véronique Garnodier, fondatrice de Charlott'

Bio Express

  • 16 février 1960 : Nais­sance
  • 1994 : Elle fonde la marque de linge­rie Char­lott’
  • 2000–2010 : Prési­dente de chambre au tribu­nal de commerce de Lyon
  • 2020 : Plom­bée par la crise sani­taire, Char­lott’ perd la moitié de sa force de vente et de son acti­vité
  • 2024 : 30e anni­ver­saire de la marque lyon­naise

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